France

Jean Sarkozy renonce à la présidence de l'Epad

Slate.fr, mis à jour le 22.10.2009 à 20 h 43

Selon Challenges et l'AFP

Image de une: lors d'une exposition sur le Grand Paris, en juin 2009. Philippe Wojazer / Reuters

Image de une: lors d'une exposition sur le Grand Paris, en juin 2009. Philippe Wojazer / Reuters

Coup de théâtre dans l'affaire Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, qui fait la Une des médias français depuis plusieurs semaines. Challenges.fr, confirmées par l'AFP, avait annoncé que le fils du chef de l'Etat annoncerait sa renonciation à briguer la présidence de l'Epad sur France2. «La radio Europe 1 vient elle d'annoncer que sa venue en studio vendredi matin, juste avant la réunion du conseil d'administration de l'Epad, était annulée», écrit le site.

Dans l'interview de France 2, le fils du président a confirmé:

«Je ne veux pas d’une victoire qui porte le poids d’un tel soupçon de favoritisme, de passe-droit, de traitement de faveur, c’est une décision difficile. Est-ce que j’en ai parlé au président? non. Est-ce que j’en ai parlé à mon père? oui.

«Je ne veux pas d’une victoire entâchée de soupçons. Est-ce que j’ai fait une erreur ou une faute? Non. On a parlé de népotisme, de nomination, alors que ce n’était pas le cas. Ma candidature était pleinement légitime. J’ai été élu, mes électeurs ont décidé de m’offrir la possibilité de m’exprimer.

«Pendant 15 jours, on a assisté à une véritable campagne de désinformation. Je vais défendre mes convictions au conseil d’administration de l’Epad. J’ai écouté tout ce qui a été dit, j’ai voulu écouter et chercher à comprendre. On fait de la politique parce qu’on aime les gens, et quand on aime les gens on cherche à les comprendre, et c’est ce que j’ai fait.

«Les critiques font partie de la vie politique. Mon devoir est de prendre conscience d’une situation qui peut me dépasser et d’en prendre acte. Je n’ai aucune amertume, j’ai beaucoup appris de cette épreuve. Je fais un choix de raison.»

Le conseil général des Hauts-de-Seine qui se tient demain, vendredi 23 octobre, devait être le théâtre d'un vote politique à la veille de l'élection du président de l'EPAD, prévu le 4 décembre. Jean Sarkozy devait en effet d'abord être élu par ses pairs au conseil d'administration de l'organisme. Des dizaines de médias étrangers sont attendus vendredi devant le siège du conseil général du 92 à Nanterre.

La victoire de l'opposition?

L'annonce de la candidature du fils du chef de l'Etat à la tête de l'Epad avait fait bondir l'opposition. Une pétition circule même actuellement sur Internet pour que Jean Sarkozy renonce au poste. Elle semble, avec toute l'agitation médiatico-politique, avoir fait son oeuvre.

Le premier à ouvrir les hostilités contre cette nomination avait été le maire PCF de Nanterre, Patrick Jarry. «Jean Sarkozy n'a aucune légitimité pour assurer la présidence de l'Epad. Il n'en est même pas administrateur. De plus, Neuilly, dont il est conseiller général, ne se situe pas dans le périmètre d'aménagement de l'opération d'intérêt national» du quartier.

Sur Europe 1, Jean Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France, lui avait emboîté le pas. «C'est un gouvernement de clan qui fait comme s'il n'y avait pas de décence dans l'accaparement du pouvoir».

Interviewé dans le journal de 20h de France 3 Ile-de-France, Jean Sarkozy avait rejeté toutes les accusations de népotisme ou de manque d'expérience lancées contre lui, sans jamais faire allusion à son père Nicolas Sarkozy, et en reconnaissant que «les attaques et les critiques font partie du jeu politique».

Sur son prétendu manque de légitimité, il avait affirmé qu'«il ne s'agit en aucun cas d'une nomination à la présidence de l'Epad mais bien d'une élection. [...] Jamais depuis le début de mon parcours politique je n'aurais été nommé, je tire ma légitimité de l'élection et du suffrage universel.»

Un buzz relayé par internet

Sur le Net, sa possible nomination avait déclenché un énorme buzz et une énorme vague de vannes regroupées autour d'un hashtag sur Twitter, c'est-à-dire un mot-clé qui permet à tous les messages sur le sujet d'être regroupés, pour que le phénomène décolle. «Ce qui est d'ailleurs intéressant dans le cas présent, c'est qu'il est possible d'identifier la source exacte de ce qui va devenir un gros buzz de cette rentrée», note le blogueur Cayen Consulting. En l'occurence un journaliste de Libération. Depuis, des milliers de messages humoristiques autour des jobs potentiels de Jean Sarkozy fleurissent sur le site, et le mot clé #jeansarkozypartout est un des plus populaires de l'histoire de Twitter en France. Le réseau social Facebook n'est pas en reste avec le groupe «Pour que le prix Nobel de la paix soit attribué à Jean Sarkozy», même s'il n'a pour le moment «que» 154 membres.

Le hashtage «Jeansarkozypartout» a fait place à «Jeansarkozynullepart» sur Twitter.

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Image de Une: Jean Sarkozy, Charles Platiau / Reuters

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