Monde

«Passez moi le vin»: sur Twitter, des jeunes britanniques bouleversés et sonnés

Aude Lorriaux, mis à jour le 24.06.2016 à 13 h 31

«Je me sens vide. La génération avant nous avait tout et ils nous ont arraché tout cela à cause de leurs peurs», écrit l'un d'eux.

Montage Slate.fr.

Montage Slate.fr.

Après le vote britannique en faveur d’une sortie de l’Union européenne, les réactions sur Twitter outre-manche étaient ce vendredi très largement à la tristesse, à la colère et au désespoir. Une déferlante d’émotions négatives peu étonnante, étant donné que plus de la moitié des utilisateurs britanniques de Twitter sont âgés de moins de 35 ans, et que les jeunes ont, selon les sondages, majoritairement voté en faveur d'un Royaume-Uni dans l'Union (du moins ceux qui ont pris part au vote). «Les réactions sont presque entièrement en faveur du “Remain” (le vote pour rester dans l'Union européenne, ndlr)», écrit la BBC.

On a vu fleurir les hashtags #NotInMyName («Pas en mon nom») et #WhatHaveWeDone («Qu’avons-nous fait»), accompagnés de plaintes douloureuses et de sentiments de stupeur:

«Je me sens vide. La génération avant nous avait tout –un logement, un travail, de la stabilité– et ils nous ont arraché tout cela à cause de leurs peurs», écrit une étudiante en relations internationales.

«Je me sens perdue et j’ai honte d’être une citoyenne d’un pays si rétrograde, passéiste, obsédé par ses gloires passées, et qui détruit son futur», écrit Becca Reilly-Cooper, professeure de philosophie à University de Warwick

«Je me sens bouleversée. Furieuse. Dégoutée. Et BLESSÉE pour moi et ma génération» écrit Amy, une étudiante en théâtre, avant de prévenir«Ne me parlez pas aujourd’hui».

«Je me sens comme un enfant le jour de Noël»

Les célébrités britanniques aussi ont exprimé leur colère et leur désespoir, comme Joanne Rowling, l’auteur d’Harry Potter.

Et à l’étranger aussi, on avait la gueule de bois au réveil.«C’est le choc et la dévastation absolues ici», raconte Gabrielle Jackson, éditorialiste au Guardian Australie, qui s’était engagée en faveur du «Remain». «Passez moi le vin», écrit Nina Bahadur, qui travaille pour le magazine Self, à New York. Et la community manager du Monde était tout aussi déprimée:


Certains se sont quand même réjouit d’un jour historique, se déclarant fiers, clamant leur joie et leur espoir, et proclamant leur indépendance avec le hashtag #IndependenceDay

«Je me sens comme un enfant le jour de Noël» affirme Lina.

Aude Lorriaux
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