Sciences

Pourquoi il ne faut pas prendre de décision importante en fin de journée

Temps de lecture : 2 min

Faire marcher longtemps son cerveau, c'est épuiser ses régions impliquées dans la prise de bonnes décisions et risquer les choix idiotement impulsifs.

Barack Obama lors d'une réunion à la Maison Blanche en 2009 | Pete Souza/White House photostream via Flickr CC License by
Barack Obama lors d'une réunion à la Maison Blanche en 2009 | Pete Souza/White House photostream via Flickr CC License by

Le jeu en vaut la chandelle. Savoir résister à la tentation des petites gratifications à court terme, pour leur préférer les grosses récompenses lointaines exigeant un effort mental soutenu relève d'une aptitude cruciale pour le déroulé optimal de notre existence. Le problème, c'est que la volonté n'a rien d'une ressource illimitée et qu'il suffit parfois de peu de choses pour nous pousser sur la voie de la facilité et des décisions regrettables.

Une étude publiée dans le numéro de juin des PNAS et menée par l'équipe de Bastien Blain, chercheur à l'INSERM spécialisé dans la neurologie de la motivation, met en lumière les régions cérébrales les plus touchées par cette satanée fatigue mentale et prouve qu'après une journée particulièrement harassante pour les neurones, mieux vaut s'abstenir de prendre toute décision importante, notamment financière.

Les participants de cette étude devaient passer six heures à plancher sur des exercices mémoriels relativement compliqués et, à intervalle régulier, les chercheurs leur demandaient de choisir entre une petite somme d'argent tout de suite, ou une plus grosse plus tard. En face, un autre groupe de cobayes était soumis à la même alternative, mais après une journée relax passée à lire ou à jouer.

Résultat, non seulement les individus soumis aux épreuves mentales difficiles étaient les plus susceptibles de tomber dans le piège de la gratification à court-terme, mais une IRMf de leur cerveau allait montrer une diminution très significative de l'activité de leur gyrus frontal moyen, une zone connue pour son implication dans les processus de prise de décision.

«Ce qui laisse entendre que cette région perd en réactivité», explique Blain, «ce qui pourrait diminuer la capacité des individus à résister à la tentation».

Une aptitude des plus essentielles, vu que des travaux antérieurs ont montré que les enfants capables d'ignorer à l'appel d'une gratification à court terme – et de lui préférer un bénéfice plus lointain mais plus élevé – réussissaient mieux dans leur vie en termes scolaires, professionnels ou même sociaux. De même, les individus à la volonté la plus résistante sont ceux qui ont le moins de risque de se retrouver en prison, d'être victimes du stress ou encore de mourir précocement.

Slate.fr

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