France

Un animateur de chez Cauet «déguisé» en «Fatoumata» (et revoilà le blackface #soupirs)

Aude Lorriaux, mis à jour le 23.06.2016 à 16 h 16

Loris Giuliano, «coordinateur et assistant de production» de l’émission «C'Cauet» sur la radio NRJ, est apparu grimé en femme noire. Malaise.

Capture de la vidéo

Capture de la vidéo

Décidément, certains animateurs de télévision et de radio manquent cruellement de culture historique concernant le «blackface», cette pratique qui consiste à se noircir le visage pour se «déguiser» en noir. Ou peut-être sont-ils tout simplement racistes?

Dernier exemple en date, Loris Giuliano, «coordinateur et assistant de production» de l’émission «C'Cauet» sur la radio NRJ, dansant au cours de cette émission filmée au son de la chanson «Elle t'a maté (Fatoumata)» de l’artiste Keen’V, présent sur scène et qui s’en donne à cœur joie de rire bien gras, enveloppé dans des kilos d’habits et de faux sein, pour paraître bien gros.


Cette «performance» n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions outrées sur les réseaux sociaux, et pour cause. Outre l'évidente dimension sexiste de la représentation caricaturale de cette femme, le «blackface» pose également problème. La pratique remonte à l’époque esclavagiste aux États-Unis. Elle était particulièrement présente dans les spectacles burlesques du milieu du XIXe siècle, où des blancs caricaturaient des personnages noirs stéréotypés.

Le précédent «Touche pas à mon poste»

Pourtant, et de manière récurrente, le Blackface est pratiqué par l’industrie de la mode. Une journaliste française du magazine Elle avait fait scandale en décidant de se déguiser en Solange Knowles, la sœur de Beyoncé.

Et ce n’est pas la première émission à provoquer la polémique en France après un blackface. En mars 2014, les chroniqueurs Jean-Michel Maire et Valerie Benaim de «Touche pas à mon poste» ont passé toute l'émission déguisés en Compagnie créole, suscitant l’ire de nombreux Twittos.


Il existe sans doute un décalage de perception sur le sujet entre la France et les États-Unis, où le blackface était historiquement plus courant et ancré dans le passé escalvagiste, comme l’explique dans une interview à France 24 l’historien et sociologue Pap Ndiaye, spécialiste de l'histoire afro-américaine:

«En France, la question du “blackface”, qui n’est pas sans choquer, ne suscite pas immédiatement les mêmes réactions qu’aux États-Unis, car il ne mobilise par le même imaginaire historique».


Il n'est sans doute pas trop tard pour écrire nous aussi cette histoire et éviter que ces caricatures ne se répètent. L'animateur de chez Cauet a quant à lui réagi dans la soirée en s'excusant:

 

Aude Lorriaux
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