Sports

Face aux Bleus, les Irlandais auront un atout de poids: le karma

Boris Bastide, mis à jour le 23.06.2016 à 7 h 42

Les supporters de l'équipe d'Irlande ont déjà hâte d'être à dimanche pour réparer l'infamie de 2009, qui les avait injustement privés de Coupe du monde.

La main de l'Henry face à l'Irlande en 2009 (image RTE Two).

La main de l'Henry face à l'Irlande en 2009 (image RTE Two).


Un ancien joueur de l'équipe de France a dû avoir les oreilles qui sifflent à l'issue de la victoire des Irlandais 1-0 face à l'Italie, mercredi 22 juin. Car ce succès permet aux coéquipiers de Robbie Brady d'affronter les Bleus en huitièmes de finale de l'Euro, dimanche à Décines-Charpieu, et donc de peut-être venger un des plus terribles affronts fait au pays ces dernières années. D'ailleurs, une fois le nom du futur adversaire de l'Irlande connu, le hashtag #karma a commencé à largement circuler sur Twitter.

En Irlande, l'affaire est connue sous le nom de «Henry handball». Une référence à ce contrôle de la main de l'attaquant français, non sifflé par l'arbitre, qui lui permit d'offrir à William Gallas le but décisif en prolongations du barrage retour de qualifications pour la Coupe du monde disputé le 18 novembre 2009 au Stade de France (1-0, 1-1 a.p.). Résultat, les Bleus condamnaient les joueurs irlandais à regarder la compétition depuis leur poste de télévision.

À l'époque, l'affaire fait couler beaucoup d'encre. Critiqué par certains anciens comme Eric Cantona, Thierry Henry se fait traiter de voleur dans toute la presse irlandaise. Le Premier ministre du pays demande à ce que le match soit rejoué, mais la Fifa refuse.


En juin 2015, on apprendra qu'en réalité, la Fifa a payé la fédération irlandaise 5 millions de dollars pour qu'elle stoppe toute poursuite. Une trahison de plus pour les supporters.

L'attaquant français a beau s'être vite excusé pour son geste, le traumatisme est encore dans toutes les têtes. Ou presque. Au début de cet Euro 2016, la presse est déjà revenue sur l'incident à l'occasion du match des Irlandais disputé face à la Suède au Stade de France. Cinq joueurs de l'équipe de 2009 sont toujours présents: Shay Given, John O’Shea, Glenn Whelan, Aiden McGeady et Robbie Keane. John O'Shea fait comprendre en conférence de presse que la page est tournée. Robbie Keane prétend, lui, avoir oublié l'incident«C'était un moment à fendre le coeur, mais c'était il y a longtemps. Dieu permette qu'on se fasse de bons souvenirs ici», implore le plus jeune Seamus Coleman au Mirror peu avant la compétition. Un peu comme ceux-ci ce mercredi soir après la qualification pour les huitièmes de finale de l'Euro, une première pour la sélection irlandaise.


Chez les supporters à l'inverse, moins de sept ans après, la rancoeur semble encore vivace. Et Thierry Henry sur toutes les lèvres, un peu comme l'ont pu l'être Harald Schumacher ou Emil Kostadinov sur celles des supporters français dans les années 1980-1990. Déjà, lors de l'annonce de la retraite d'Henry, certains n'avaient pas raté l'occasion pour ressortir l'affaire de la main. Ce mercredi soir, beaucoup se sont une nouvelle fois rafraîchis la mémoire, le goût du sang dans la bouche.

Boris Bastide
Boris Bastide (106 articles)
Éditeur à Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte