Monde

Des Démocrates font un sit-in de plus de seize heures pour demander des lois sur les armes

Temps de lecture : 2 min

Cette action a été initiée par le représentant John Lewis, qui avait organisé des sit-ins contre la ségrégation raciale dans le sud de États-Unis.

Le Démocrate John Lewis devant la Chambre des Représentants le 22 juin 2016, à Washington D.C. | Pete Marovich/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP
Le Démocrate John Lewis devant la Chambre des Représentants le 22 juin 2016, à Washington D.C. | Pete Marovich/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Le mercredi 22 juin vers midi, un groupe d’élus démocrates s’est assis par terre sur la moquette du Congrès pour protester contre l’inaction des Républicains en matière de contrôle des armes à feu. Seize heures plus tard, soit le 23 juin à 2h45 du matin, ils étaient toujours là.

Cette action surprise faisait suite au discours du représentant de Géorgie John Lewis, une figure historique du mouvement pour les droits civiques. En 1960, alors qu’il était étudiant, il avait mené des sit-ins dans les restaurants ségrégués de Nashville, dans le Tennessee, des actions non violentes qui avaient fini par forcer les établissements à servir des Afro-Américains, rappelle Vox.

«John Lewis menant un sit-in à Nashville dans les années 1960 et John Lewish menant un sit-in à Washington en 2016.»

Cinquante-six ans plus tard, John Lewis, qui a 76 ans, utilise donc la même tactique pour tenter de faire avancer la législation sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis. Dans son discours, il a déclaré:

«Il arrive un moment où il faut dire quelque chose, où il faut faire un peu de bruit, où il faut bouger. Ce moment est arrivé. C’est le moment de résister. C’est le moment d’agir. Nous ne serons plus silencieux.»

Son action a rapidement été saluée par Barack Obama:

«Merci à John Lewis d’être un leader au sujet de la violence par armes à feu.»

«Assez de cette inaction»

Alors qu’un nombre croissant de Démocrates –députés et sénateurs– avaient rejoint le sit-in (ponctué par une série de discours), les Républicains ont ajourné la session de la Chambre, ce qui a fait cesser la retransmission vidéo de l’événement. La chaîne parlementaire CSPAN a alors retransmis le sit-in via Periscope et les représentants ont abondamment documenté la journée sur Twitter, comme ici le député du Kentucky John Yarmuth:

«Je suis par terre au Congrès à un sit-in avec le député John Lewis et les Démocrates pour demander une loi sur les armes.»

Ou encore Bonnie Watson Coleman, représentante d’un district du New Jersey:

«Honte aux Républicains d’avoir pensé qu’une minute de silence suffit. Nous en avons assez de cette inaction, alors nous protestons!»

En tout, plus de cent élus ont participé, y compris les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

Après la fusillade qui a fait quarante-neuf morts à Orlando le 12 juin, le sénateur du Connecticut Chris Murphy et ses collègues avaient parlé pendant près de quinze heures au Sénat pour faire une obstruction parlementaire (filibuster) visant à demander le passage de lois sur les armes.

Quatre jours plus tard, le Sénat (à majorité républicaine) a rejeté plusieurs propositions de lois dans ce domaine, notamment une qui aurait imposé des vérifications d’antécédents strictes pour tout acheteur d’armes et une autre qui aurait empêché les personnes suspectées de terrorisme de pouvoir acheter des armes. Les Républicains avaient mis en avant des propositions moins strictes, qui n’étaient pas soutenues par les groupes en faveur du contrôle des armes à feu.

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