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L'équation portugaise: cinq nuls dans le temps réglementaire, une demi-finale

Grégor Brandy, mis à jour le 01.07.2016 à 0 h 09

En cinq matchs, les Lusitaniens ont réussi quatre nuls et une victoire à la 117e minute.

Cristiano Ronaldo, lors de Pologne - Portugal, le 30 juin 2016. BERTRAND LANGLOIS / AFP.

Cristiano Ronaldo, lors de Pologne - Portugal, le 30 juin 2016. BERTRAND LANGLOIS / AFP.

Article mis à jour le 30 juin 2016: après deux matchs dans la phase à élimination directe, le Portugal a réussi à remporter deux rencontres, mais toujours aucune dans le temps réglementaire. Après avoir éliminé la Croatie en huitièmes de finale à la 117e minute (1-0 a.p.), elle a battu la Pologne en quarts (1-1 a.p., 5-3 t.a.b.).

Trois rencontres, aucune victoire, et pourtant qualifiés. Les Portugais font figure de miraculés après ce premier tour où la Seleçao n'a réussi à s'imposer dans aucun de ses trois matchs, qui semblaient pourtant largement à sa portée (Islande, Autriche et Hongrie). Les Portugais se sont même fait peur pendant de longues minutes avant que Ronaldo ne sauve son pays à deux reprises pour égaliser à 3-3.

L'Islande aurait pu connaître le même destin, mais la sélection nordique a remporté son seul match du premier tour dans les arrêts de jeu de sa dernière rencontre face à l'Autriche, sur un contre, alors que les Autrichiens étaient tous montés pour espérer arracher une victoire et la qualification dans les dernières secondes. La Hongrie termine donc première, l'Islande deuxième et le Portugal troisième.

Miraculés, les Portugais peuvent donc remercier l'UEFA et la nouvelle formule de l'Euro. Grâce au passage à 24 équipes, ce ne sont plus uniquement les premiers et deuxièmes de chaque groupe qui sont qualifiés pour la phase à élimination directe. En plus des douze équipes directement qualifiées parce qu'elles ont terminé aux deux premières places, les quatre meilleurs troisièmes filent eux aussi en huitièmes de finale. Et il se trouve que, dans cette configuration, une équipe qui termine son premier tour avec trois petits points, mais une différence de but respectable (comme le Portugal avec une différence de buts nulle) se retrouve mieux placée que d'autres qui ont remporté un match mais qui ont concédé plus de buts qu'elles n'en ont inscrits (comme la Turquie et l'Albanie).

Ce cas de figure ne s'était encore jamais produit à l'Euro, et les matchs étant désormais à élimination directe, on peut aujourd'hui imaginer un fabuleux scénario qui verrait le Portugal remporter la compétition sans gagner la moindre rencontre, en alignant les matchs nuls et les victoires aux tirs au but. Cela serait laid, mais la jurisprudence Grèce 2004 –qui, cependant, avait remporté tous ses matchs sans jamais avoir recours aux tirs au but– a permis à toutes les sélections de se prendre à rêver à un titre européen en ne pratiquant pas un football des plus flamboyants.

Trois précédents en Coupe du monde

Ce cas de figure s'était en revanche produit lors de trois Coupes du monde. La dernière fois, c'était en 1998. Seules deux équipes pouvaient se qualifier dans chaque groupe mais le Chili avait réussi, avec trois nuls, à se qualifier dans le sien derrière l'Italie mais devant l'Autriche et le Cameroun (deux points chacun) pour se frayer un chemin vers les huitièmes de finale, où il s'était fait punir par le Brésil (4-1).


Huit ans plus tôt, alors que la Coupe du monde se jouait encore à 24 équipes, les Pays-Bas avaient réalisé le même coup que les Portugais aujourd'hui en se qualifiant en ne gagnant aucun de leurs trois premiers matchs, mais en profitant de la règle des meilleurs troisièmes, dans un groupe dont le second, l'Irlande, avait également réalisé trois matchs nuls. Parce qu'il y a (parfois) une justice dans le football, les Pays-Bas s'étaient fait sortir au tour suivant par la RFA (2-1) qui, deux semaines plus tard, allait remporter la troisième Coupe du monde de son histoire.

 

Le défi croate

Mais le meilleur hold-up de l'histoire reste celui de l'Italie, en 1982, à une époque où il n'y avait que deux qualifiés par groupe. Lors du premier tour, les Italiens enchaînent les matchs nuls, mais se qualifient devant le Cameroun (également trois matchs nuls, mais un but marqué de moins) et le Pérou (deux nuls, une défaite). Lors du tour suivant, les Italiens, qui montent lentement en puissance, remportent leurs deux matchs face à l'Argentine (2-1) et le Brésil (3-2), avant de se débarrasser de la Pologne en demi-finale (2-0) et de battre logiquement la RFA en finale (3-1).

Les Portugais n'ont plus qu'à s'inspirer de la Squadra Azzura. Mais pour cela, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo vont devoir commencer à allumer des cierges. S'ils tombent dans la partie du tableau qui peut sembler théoriquement la plus abordable, (et échappent ainsi aux Anglais, Espagnols, Allemands, Italiens et Français), les Portugais affronteront néanmoins les Croates en huitièmes de finale. Et au vu de ce qu'a donné le match du 21 juin contre l'Espagne, et le jeu proposé par la Croatie jusque-là, les Portugais pourraient regretter de ne pas avoir battu la Hongrie au finish. Si les coéquipiers d'Ivan Perisic continuent sur leur lancée, pas sûr que ceux de Cristiano Ronaldo aient l'opportunité de remporter le moindre match lors de cet Euro 2016.

Grégor Brandy
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Journaliste
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