Parents & enfants

Ah bon, il y a des «coupes de cheveux de mamans»?

Temps de lecture : 2 min

Un article du New York Times se moque des «coupes de cheveux de mamans», généralement des coupes au carré. Une leçon de morale jugée insultante par Slate.com.

Dans notre langage courant, les mères sont sans cesse dépréciées | K. Kendall via Flickr CC License by

On se moque souvent, gentiment, des choses typiques des «parents», et notamment des mamans. On a ainsi appris récemment qu’il y avait le «jeans de mères», le «mom jeans», défini assez précisément comme de «taille haute, pas du tout moulant mais un brin resserré aux chevilles et assez court». Et il y aurait aussi maintenant la «coupe de cheveux de mamans», selon le New York Times. Une coupe de cheveux définie comme une sorte de coupe au carré, avec un peu de longueur derrière et du court devant, qui «devrait avoir l’air classe mais a juste l’air négligé».

Selon les coiffeurs interrogés par le quotidien américain, les femmes auraient tendance à couper leurs cheveux dans la foulée de leur premier enfant, à cause, notamment, de la perte de cheveux que peut entraîner l’afflux d’hormones après l’accouchement. Or les mamans, affirme le New York Times, feraient une terrible erreur en coupant leurs cheveux juste après leur premier enfant. Elles feraient mieux d’attendre un peu que leurs hormones reviennent à la normale, généralement maximum au bout d’un an. Ou de suivre l’exemple de Kate Middleton, qui s’est coupée légèrement les mèches de devant, mais a gardé dans l’ensemble sa longue chevelure.

Pressions sur les femmes

Des conseils qui ont révolté Michelle Goldberg, éditorialiste pour Slate.com, qui les compare à ceux d’une «mère au foyer» rencontrée à la gym, qui avait cru bien faire en la mettant en garde d’un danger invisible: «Les gens vont vous dire d’y aller mollo, n’écoutez pas!» L’éditorialiste poursuit: «Personne ne m’a jamais dit cela. Tout ce que j’ai reçu comme signaux de mon environnement, c’était au contraire que, si j’essayais de me laisser aller, j’allais me transformer en cette créature pathétique et sans sex-appeal: une mère.»

Dans notre langage courant, les mères sont sans cesse dépréciées, affirme Slate.com. Un mauvais bouquin comme Fifty Shades of grey? «Du porno pour mamans.» Et comment dit-on une bière standard, ou n’importe quel alcool de base en anglais? «Du jus de mamans.» Les trucs de pères sont en général aussi stupides, comme les «blagues à papa» ou plus récemment cette mode du ventre à bière, surnommé «ventre à papas» en anglais, «dad bod». Mais pour les pères, il y a comme une coloration affective, quelque chose qu’on aime bien quand même, alors que les trucs de mères sont vus comme franchement nuls, selon l’éditorialiste.

«Ce qui m’irrite, ce n’est pas que Shapiro [la journaliste du New York Times qui a écrit l’article; NDLR] se moque de ma coupe de cheveux. C’est que le New York Times insulte ses lectrices et creuse leur manque de confiance en elles», écrit Michelle Goldberg.

Il y aurait sans doute, ajoute-t-elle, un article à écrire dans la rubrique Styles du quotidien sur la façon dont les femmes gèrent leur coupe de cheveux après la naissance d’un enfant, mais cet article «ne devrait pas s’adresser qu’à des femmes blanches et devrait partir de l’idée que les jeunes mères qui lisent le New York Times ont besoin de conseils leur permettant de se soucier moins de leur apparence, plutôt que plus», à une époque où la pression sur les femmes pour qu’elles soient à la fois des mères et des épouses parfaites est déjà à son plein.

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