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Comment je suis devenu une star du gaming

Temps de lecture : 7 min

CONTENU SPONSORISÉ. ZeratoR et YellOwStaR évoquent leur parcours et l’évolution rapide du sport électronique.

ZeratoR et YellOwStaR / DR
ZeratoR et YellOwStaR / DR

L’un s’appelle Adrien Nougaret, mais est davantage connu des internautes sous le surnom de «ZeratoR». À 26 ans, il anime une émission quotidienne en ligne où il se filme jouant à différents jeux vidéo. L’autre s’appelle Bora Kim. À 24 ans, ce joueur professionnel, connu sous le pseudonyme de «YellOwStaR», est considéré comme l’une des stars françaises de l’e-sport. À eux deux, ils symbolisent l’évolution d’un secteur en pleine expansion. En quelques années seulement, le sport électronique est parvenu à fédérer et rassembler des millions de fans à travers le monde. Et, à les entendre, ce n’est que le début.

Interview croisée.

Quand avez-vous commencé à jouer aux jeux vidéo?

ZeratoR – J’ai commencé, aussi loin que je m’en souvienne, quand j’avais un peu moins de dix ans. C’était chez moi, je regardais beaucoup mon frère jouer sur les premiers ordinateurs et, parfois, je le remplaçais. J’ai commencé avec des jeux comme Doom ou Quake et puis je suis parti sur la Super Nintendo.

YellOwStaR – Oula… J’ai commencé à jouer très très jeune. Cela peut paraître impressionnant et difficile à imaginer, mais j’ai débuté à l’âge de deux ans. J’ai été initié aux jeux vidéo par mon grand frère. D’abord sur des consoles comme la MegaDrive, avec des jeux comme Sonic, puis sur la Nintendo 64. Je suis ensuite parti sur des jeux vidéo sur PC vers l’âge de huit ans, notamment avec des jeux comme Adibou puis Starcraft. Et, avec le temps, je suis arrivé sur League of Legends.

Comment êtes-vous entrés dans l’univers du gaming?

ZeratoR – Je me suis pas mal cherché après le bac. J’ai alterné l’université avec des écoles privées, puis je me suis lancé dans un BTS informatique en alternance, ce qui m’a permis de découvrir le monde du travail. Après les études, j’ai commencé à bosser pour Millenium, une entreprise spécialisée dans le streaming de jeux vidéo. J’avais une vingtaine d’années et j’y ai décroché mon premier CDI dédié au gaming. J’étais chef de projet et je réalisais des vidéos sur You Tube.

YellOwStaR – J’avais une vie d'ado assez normale, comme tout le monde. Chez moi, les cours constituaient une priorité et les jeux vidéo ne devaient rester qu’un simple passe­temps, un hobby. Avec mon frère, on faisait du sport, des activités, mais dès qu’on avait un peu de temps libre, on jouait. Au lycée, je participais déjà à des compétitions le week­end. Une fois arrivé à la fac, j’ai commencé les tournois internationaux. Cela me prenait beaucoup plus de temps. Sur mes deux années de fac, j’ai, par exemple, loupé une année de médecine à cause des jeux vidéo et des compétitions.

Comment l’ont vécu tes parents?

YellOwStaR – Nos parents ne connaissaient pas vraiment le monde du jeu vidéo. Ils ignoraient qu’il y avait un avenir là dedans. Au début, avec mon frère, on les voyait comme une simple passion, mais on y a pris goût et on a dû batailler avec eux. Étant donné qu’on jouait beaucoup, ils nous ont imposé des limites et on le comprenait. Quand je leur ai dit que je souhaitais jouer davantage, pour en faire mon métier, ils ont été très hésitants. À ce moment­-là, ils préféraient que je suive une voie classique. Mais, quand j’ai décroché mon premier contrat dans une équipe professionnelle, ils ont accepté mon choix.

Et les amis?

YellOwStaR – C’était un peu plus compliqué. J’ai toujours été un grand gamer, et mes amis le savaient. À la fac, j’ai dû partir en Corée du Sud pour une compétition pendant une semaine et j’ai complètement disparu. J’avais un peu peur de leur réaction, de leur jugement et de leur mépris. Alors, je ne leur ai rien dit. Quand je suis rentré, ils m’ont demandé où j’étais passé. Ils ont fait des recherches sur internet et ils ont vu que j’étais parti pour un tournoi de jeux vidéo. À ma grande surprise, ils ont trouvé ça super, ils m’ont encouragé. Ils étaient impressionnés et cela a complètement changé ma vision des choses.

Parviens-tu à avoir une vie sociale?

YellOwStaR – Je suis dans une situation particulière car je vis en Allemagne, dans une «gaming house», en compagnie des autres membres de mon équipe. C’est obligatoire puisque la compétition se déroule à Berlin. On vit ensemble 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, c’est parfois un peu compliqué pour la vie privée, mais, au fond, ça ressemble à une grande colocation.

À quoi ressemble ton quotidien aujourd’hui?

YellOwStaR – C’est assez simple. De 8h à 10h, on réserve notre temps pour de l’activité physique. À 11h, on a une réunion. Entre 12h et 14h, c’est l’entraînement individuel. Puis, de 15h à 20h, entraînement obligatoire en équipe. Enfin, entre 21h et minuit, on reprend un entraînement individuel. C’est assez chargé, en fait. Et tout ça, c’est sans compter la gestion des réseaux sociaux, des contenus à fournir pour les sponsors...

ZeratoR – Entre 18h et 23h, je joue à des jeux vidéo devant ma webcam et j’interagis et discute avec les internautes qui suivent mon émission. En fonction des jours de la semaine, il y a plusieurs émissions thématiques, en fonction des jeux auxquels je joue: des jeux connus, des jeux indépendants, des jeux compétitifs, des FPS, des jeux de gestion…

Quelles relations avec les fans?

YellOwStaR – La plupart de mes supporters sont français. Je reçois beaucoup de critiques, positives comme négatives, un peu comme dans le milieu sportif. Mais une grosse partie de mes supporters m’aide et me soutient, notamment dans les mauvaises périodes. Ils font partie de notre succès alors on essaie de les faire participer, de leur faire suivre notre quotidien sur les réseaux sociaux, de leur faire sentir qu’ils ont un véritable impact sur nos performances, même en laissant un simple commentaire.

ZeratoR – Moi, je ne suis pas un joueur professionnel. À vrai dire, les internautes me regardent plus pour passer un bon moment que pour mon niveau, c’est une sorte de spectacle humoristique sur le web.

Parviens-tu aujourd’hui à vivre de ta passion?

YellOwStaR – Quelques années en arrière, en aucun cas on n’aurait pu s’imaginer devenir joueur professionnel dans le monde du jeu vidéo. Jamais on n’aurait pu imaginer une telle évolution. Et, avec tout ça en tête, je reconnais que j’ai eu énormément de chance. J’étais là au tout début, quand on se déplaçait avec nos propres ordinateurs et nos câbles, à prendre le train, les avions… C’était à l’ancienne. Maintenant, c’est plus pro, plus cadré. Il y a plus de public, plus de moyens mis en œuvre… On n’a plus à se focaliser sur la logisitique, on se concentre uniquement sur le jeu.

ZeratoR – Oui, complètement. Je ne l’avais pas imaginé auparavant. J’ai longtemps hésité avant de savoir ce que je voulais faire. Je me suis mis à faire du streaming, comme ça, pour rigoler. Pendant deux ans, j’ai fait du streaming sans gagner un seul centime. J’ai commencé par le commentaire de compétition de e-­sport, puis j’ai arrêté car cela me branchait moins. Je me suis ensuite mis à jouer et, là, les gens me regardaient, même si ce n’était pas forcément pour mon talent mais plutôt pour le truc rigolo qu’il y avait derrière le programme. Je ne me suis pas lancé dans le milieu en me disant que j’allais me faire de l’argent, mais seulement parce que je trouvais ça marrant. Il s’est avéré, par la suite, que ça a commencé à me rapporter de l’argent. C’est ça la belle histoire.

D’où viennent tes revenus?

ZeratoR – Lors de mes émissions, il y a un système de messagerie. Les gens appellent ça des dons, j’appelle ça un passage de message en direct. En gros, les internautes peuvent m’envoyer des messages que je diffuserai en direct contre la somme minimum de cinq euros. J’ai fixé un prix minimum afin de décourager les trolls qui seraient tentés de m’envoyer des messages. C’est un moyen de les pénaliser. Cinq euros, cela représente quand même une sacrée somme pour dire «Va te faire voir» à un type sur internet. Et puis, pour mes revenus, il y a l’abonnement à Twitch qui me rapporte aussi un peu d’argent.

Est-ce difficile de gérer cet argent?

ZeratoR – Ça va, mais on est également épaulés au quotidien. Pour les messages en direct qui transitent en ligne, par exemple, PayPal nous aide lorsque des gens viennent contester des paiements. Ils prennent contact avec nous, ils nous offrent leur aide sur des questions comptables. Ils dialoguent avec les créateurs de contenus, ils sont disponibles, ils répondent à nos besoins et à nos interrogations. C’est bien, ça nous évite la gestion fastidieuse et ça nous facilite la vie.

Le statut de joueur professionnel est en discussion, est-ce une bonne chose?

ZeratoR – C’est vraiment chouette pour les professionnels du milieu, en effet. C’est un milieu très jeune, alors expliquer à un mec de 16 ans que, pour déclarer ses revenus, il doit créer une société et aller déposer ses statuts aux greffes, c’est compliqué. Les gens ne comprennent pas vraiment comment ça marche. Pour ces joueurs -là, c’est une très bonne chose car, d’une part, cela facilitera leur quotidien et d’autre part, cela clarifie leur statut.

Comment vois-tu l’évolution du gaming ces dernières années?

ZeratoR – C’est avant tout beaucoup de positif. La concurrence s’ouvre, le marché grandit. Je suis satisfait de tout ce qu’il se passe. Mais il faut garder en tête que c’est un milieu d’enfants et géré par des gens trop jeunes qui n’ont pas forcément conscience des enjeux, de ce qu’ils font, de la manière dont on gère une boîte. Ce milieu souffre d’un cruel manque de maturité et d’expérience. Je pense que l’e-­sport sera plus agréable d’ici dix ou vingt ans, lorsque des gens plus âgés seront aux commandes. À 26 ans, je suis l’un des plus vieux dans le milieu et c’est horrible. Tout ça va évoluer, mais à part le temps, rien ne pourra y changer. Il va falloir prendre son mal en patience.

YellOwStaR – Pour se faire une idée, au début du championnat mondial de League of Legends, il y avait 200 ou 300 personnes qui suivaient le tournoi et près de 100.000 personnes en ligne. Aujourd’hui, on joue dans des stades ou des gymnases de 40.000 personnes. Près de 30 millions de personnes suivent les compétitions en ligne. Ce n’est pas comparable. Avant, les gamers avaient une image plutôt dégradée. On pensait à celui qui restait chez lui, enfermé, sans contact avec l’extérieur, à jouer aux jeux vidéo. Mais ce n’est plus le cas, et c’est vraiment une bonne chose.

Pour en savoir plus sur YellOwStaR et ZeratoR, vous pouvez retrouver l’intégralité de leur fascinante histoire dans le reportage réalisé par PayPal et visible sur www.paypal.com/fr/levelup

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