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EN DIRECT. Les soutiens de Daech se réjouissent du Brexit

Slate.fr, mis à jour le 27.06.2016 à 10 h 44

Le «Leave» l'a officiellement emporté face au «Remain», le Premier ministre veut laisser sa place.

PHILIPPE HUGUEN / AFP

PHILIPPE HUGUEN / AFP

«Leave» or «Remain»? Les Britanniques ont tranché à unem majorité de 52%. Dans la foulée des résultats, le Premier ministre David Cameron a annoncé qu'il démissionnerait dans les semaines à venir.

 Vous trouverez dans ce live-blogging toutes les dernières informations, accompagnées si besoin est d'un pictogramme «Remain» ou «Leave» selon le camp auquel elles se rapportent.

Pour rafraîchir ce direct, cliquez ici. Les dernières entrées apparaissent en haut de l'article.

Un Eurostar met la journée pour rallier Londres et Paris

Comme un terrible symbole de cette première journée Brexit. C'est le journaliste Louis Lepron qui le raconte sur Twitter. Au lendemain du référendum, au retour de Londres vers Paris, un Eurostar a connu une grave défaillance. Comme un symbole du lien aujourd'hui défaillant qui unit le Royaume-Uni au Vieux continent.

Sauf que six heures après ce premier tweet, les passagers n'étaient toujours pas arrivés à bon port. À en croire le récit, ce coup de la panne a laissé les Britanniques plutôt flegmatiques et les Français un peu plus agités. Le tout avec une pointe d'humour. 

 

 

Bientôt le «Scotlond»?

Alors que l'Ecosse et Londres ont toutes les deux voté largement contre le Brexit, plusieurs twittos a proposé de créer un nouvau pays, le «Scotlond», mot valise formé avec «Scotland», pour Ecosse, et «London», pour Londres:

Les soutiens de Daech se réjouissent du Brexit

Les uns pleurent, les autres poussent des cris de joie. Alors que les opposants au Brexit avaient la gueule de bois, certains soutiens de Daech fêtaient la victoire, selon Vocativ, qui a repéré des messages sur Twitter:

«L’ascension de Daech a permis de couler la Grande-Bretagne et de détruire l’Union européenne», a déclaré un autre.

Un fil de discussion sur le Brexit dans l’un des principaux forums de discussion en ligne des partisans de Daech portait pour titre: «Dieu est grand, l’Europe est détruite». Sachant que l'extrême droite a été une fervente supportrice du Brexit, peut-on dire que l'État islamique et l'extrême droite, c'est le même combat? Nous explorions cette question en décembre dernier.

Certains partisans de Daech ont aussi fait des blagues, en parlant d'un «Dar al-Kufrexit». Le Dar al-Kufr ou littéralement «domaine des infidèles» désigne les territoires où la charia s'est appliquée, mais ne s'applique plus:

L'Union européenne, «c'est comme l'Hotel California»

Vous connaissez forcément la chanson «Hotel California» du groupe Eagles. Dans les paroles de ce tube figure une phrase que l'expert d'un think tank spécialisé en politique étrangère à la London School of Economics juge appropriée s'il on cherche à décrire l'UE: «L'Union européenne est un peu comme la chanson “Hotel California”, vous pouvez régler la note de l'hôtel, mais jamais vraiment le quitter (“You can check out anytime but you never really leave”).» Cette comparaison n'est pas une première, l'ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis aimait l'utiliser aussi pour souligner les contraintes liées à la zone euro. 


 

Ceux qui vont souffrir le plus de la sortie de l'UE ont voté pour la quitter

Les régions qui exportent le plus vers l’Union européenne sont celles qui veulent le plus sortir de l’Union européenne, et ont donc le plus à y perdre, démontrait mi-juin une étude du think tank pro-européen Centre for European Reform (CER). 

Sur un graphique éloquent, on peut voir le plus en hauteur les régions qui exportent le plus proportionnellement au sein de l’Union européenne, et en bas, celles dont la part des exportations vers l’Union est la plus faible. A droite, on trouve les plus eurosceptiques, qui veulent quitter l’Union, et à gauche les plus europhiles. 

Si les négociations de l’Union européenne avec le Royaume-Uni aboutissent au retour des taxes douanières, ce sont donc les régions qui ont a priori le plus voté en faveur du Brexit qui le paieront le plus. Même sans retour des taxes, ces régions pourraient être impactées par le retour des frontières, qui rend la circulation des biens plus difficile. Londres, qui a très largement voté contre le Brexit, sera proportionnellement beaucoup moins touchée que l’Est du Yorkshire. Une façon de se tirer une balle dans le pied? 
 

Il y a treize territoires britanniques où le Brexit ne s’appliquera pas

Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, certes. Mais les habitants de treize territoires britanniques d’outre-mer avaient déjà montré la voie puisqu’ils n’en ont jamais fait partie. L’île Sainte-Hélène et ses dépendances, les île Malouines, les îles Caïmans ou encore les Bermudes ne faisaient pas partie intégrante de l'ancienne Europe des 28.

Autrement dit, la législation communautaire n’y a jamais été en vigueur. Même chose pour l'organisation des élections du Parlement européen. Leurs deux seuls points communs avec les habitants de la métropole, à quelques nuances près, étaient qu’ils disposaient de la citoyenneté européenne et appartenaient à l’Euratom, la Communauté européenne de l’énergie atomique. 

Parmi les «colonies de la Couronne», l’enclave de Gibraltar faisait néanmoins figure d’exception. Ce territoire était entré dans l'Union européenne en 1973, conformément au traité d'adhésion du Royaume-Uni, mais y bénéficiait d'un statut spécial.

«Les électeurs ont voulu punir les élites»

Contrairement à ce que certains voudraient bien croire, les signes de la victoire du Leave étaient déjà visibles un peu partout en Europe, où les électeurs veulent punir les élites face à leur inaction sur la crise migratoire. C’est en tout cas ce qu’affirme Sara Hobolt sur le site de la London School of Economics et Political Science. Ces derniers mois, les partis populistes ont remporté des victoires un peu partout dans l’U.E., de l’Espagne à l’Italie en passant par la France. Selon elle, un résultat comme le Brexit s'explique d'une façon assez simple: «Une division que l’on trouve dans beaucoup de référendums, y compris celui-ci, c’est celle entre les gens ordinaires et l’élite, écrit-elle. Cet argument populiste a été exploité avec succès par le camp du Leave qui a  montré le référendum comme une chance pour les citoyens ordinaires de “reprendre le contrôle” dans les mains des élites à Bruxelles.» Au final, ce besoin de se distancer et de retrouver une autonomie vis-à-vis de l’U.E. a surpassé toutes les considérations sur les conséquences économiques d’une sortie. 



Les délocalisations ont-elles déjà commencé?

Des sources à Morgan Stanley (une banque américaine, ndlr) ont affirmé à la BBC que la banque avait déjà commencé à déplacer 2000 employés chargés des investissements à Dublin ou Francfort, affirme sur Twitter Ben Thompson, correspondant de la BBC. Mais un porte-parole officiel a répondu au journal The Independent qu’aucun départ immédiat n’était prévu.

Une pétition officielle pour revoter a déjà récolté plus de 130.000 signatures

Décidément, les Britanniques semblent avoir du mal à accepter le résultat du vote. Après les partisans du Leave qui auraient finalement voulu voter Remain, The Independent nous apprend qu’une pétition a été lancée pour demander un nouveau vote. Et pas n’importe quelle pétition: il s’agit d’une pétition déposée sur le site du Parlement. Sur la page de la pétition, les organisateurs écrivent: «Nous, signataires, demandons au gouvernement de mettre en place une règle qui dit que si le Remain ou le Leave fait un score inférieur à 60% avec un taux de participation inférieur à 75%, il devrait y avoir un autre référendum.» Dans les faits, il faut qu’une pétition passe le cap des 100.000 signatures pour que le Parlement s’en saisisse. C’est chose faite puisque 130.000 personnes ont répondu à l’appel. Néanmoins, The Independent affirme qu’un «second référendum serait presque rejeté à coup sûr, étant donné qu’il est rare que les référendums aient une seconde chance.»

Comment les Britanniques devront gérer leur nouvelle politique migratoire

L’immigration était l’un des axes de campagne les plus importants du Leave, sans que ses partisans soient tous d’accord sur qui pourra rentrer au Royaume-Uni. L’incertitude est donc grande sur l’avenir des frontières. Sur le site de l’Institut national de recherche économique et social, l’économiste Jonathan Portes détaille les mesures que devra prendre le nouveau gouvernement désormais indépendant de l’Union européenne. Tout d’abord, «il faut annoncer rapidement les règles selon lesquelles les citoyens européens vivant actuellement au Royaume-Uni pourront rester de façon définitive», écrit-il. Ensuite, la nouvelle administration devra profiter des deux ans qui viennent avant la sortie définitive, pour faire une consultation publique sur ce que le programme du Leave signifie concrètement. Enfin, Portes recommande l’établissement d’un nouveau Fond d’impact de la migration, qui devra être médiatisé et gérer les fonds dès le début pour montrer que le gouvernement agit. «Il faut s’occuper de ce problème clef pour une grande partie de la population britannique, qui s’inquiète de l’impact de l’immigration et du manque de contrôle, mais qui n’est pas raciste ou de “little Englanders”», conclut l’économiste. 

Le commentaire d’un lecteur du Financial Times qu’il ne fallait pas rater

C’est le tweet qui a marque ce début de journée. Retweeté plus de 13.000 fois en moins de trois heures, le message d’un certain @AD7863 reprend un commentaire d’internaute publié sur le site du Financial Times.

En voici la traduction complète:

«Un petit mot rapide sur les trois premières tragédies. Tout d’abord, c’est la classe ouvrière qui a voté pour que l’on parte parce qu’ils étaient ignorés d’un point de vue économique et ce sont eux qui vont souffrir le plus sur le court terme à cause du manque de travail et d’investissements. Ils ont échangé une élite distante et inatteignable pour une autre. Ensuite, la génération plus jeune a perdu le droit de vivre et de travailler dans 27 autre pays. Nous ne connaîtrons jamais l’étendue des pertes en termes d’opportunités, d’amitiés, de mariages et d’expériences qui nous seront refusés. La liberté de mouvement nous a été enlevée par nos parents, nos oncles, et nos grands-parents dans un coup donné à une génération qui se noie déjà sous les dettes de ses aînés. Enfin, et c’est peut-être le plus significatif, nous vivons maintenant dans une démocratie qui a abandonné les faits. Quand les faits ont rencontré les mythes, ils sont devenus aussi inutiles que les balles qui rebondissent sur le corps des extraterrestres de la nouvelle d’HG Wells. Quand Michael Gove [Secrétaire d'État à la Justice] a dit que le “peuple britannique en a marre des experts”, il avait raison. Mais est-ce que quelqu’un peut me citer la dernière fois où une culture dominante et anti-intellectuelle a mené à autre chose que la bigoterie?»

Le Brexit signe-t-il la fin du flegme britannique?

Les Anglais sont connus comme un peuple pragmatique, d’habitude réfractaire face aux idées politiques extrêmes. Les tempéraments agités ne se retrouvaient qu’aux abords des stades de foot, après quelques pintes de bière. Mais avec le dénouement de ce référendum, et le plaidoyer en faveur d’un camp aux idées très arrêtées sur des thèmes comme l’immigration, on peut se demander où est passé le flegme britannique. Sur son site, The Economist explique que le résultat est apparu comme une «distanciation marquée avec le comportement habituellement optimiste du pays».

«Mais tout comme le temps placide anglais peut, parfois, agir d’une façon inhabituellement volatile, les habitants peuvent faire de même. Enterré sous “je ne dois pas me plaindre” et “je suis terriblement désolé” se cache une trace de rébellion.»

Les partisans du Leave, selon The Economist, sont heureux car ils ont laissé sortir l’anarchiste qui sommeillait en eux. Mais ces derniers devront bientôt renouer avec leur pragmatisme quand les problèmes vont faire surface. 

Des cartes pour comprendre les fractures du Brexit

Avec le détail des votes désormais disponible, on en sait un peu plus sur les divisions chez les électeurs, notamment grâce à des cartes permettant de comprendre les divisions au sein du Royaume-Uni. Sur son site, le New York Times a ainsi publié une cartographie du vote selon les circonscriptions. On peut ainsi voir que, si l'Angleterre et ses 53 millions d'habitants ont décidé de voter largement pour le Leave, l'Ecosse et l'Irlande du Nord ont préféré le Remain à 62 et 56%. L'Irlande du Nord va donc, malgré elle, partager une frontière terrestre avec l'Irlande, et pourrait souffrir de quelques problèmes au niveau des échanges commerciaux avec son voisin. Londres a également voté pour rester dans l'U.E. et apparaît bien isolée dans son propre pays.

Le Guardia a également réalisé différentes cartes, mais en découpant l'électorat selon des critères socio-économiques. Et là encore, la division est frappante

On se rend compte que les partisans du Remain sont plus diplômés et plus aisés en terme de revenus. Les circonscriptions où le pourcentage de population appartenant à des classes sociales plus aisées ont également penché pour le «in». Il est enfin intéressant de noter que plus l'âge médian était élevé, et plus le Leave était privilégié. La fracture est donc double entre jeunes et personnages âgées et entre classes populaires et classes aisées. 

 

Le Premier ministre démissionne

9h36 David Cameron va démissionner. Il l'a annoncé ce vendredi 24 juin au matin devant le 10 Downing Street à Londres. Le Premier ministre britannique avait fait de l'organisation d'un référendum sur la sortie ou non de son pays de l'Union européen une promesse de campagne en 2015. Il dit vouloir aujourd'hui laisser la place à quelqu'un qui saura gérer cette sortie de son pays à l'issue de 43 ans d'appartenance.  

Au mois de mars 2015, en pleine campagne pour la réélection, Eric Le Boucher disait de David Cameron qu'il incarnait le désarroi des politiques.

«Las, il a succombé aux démons antieuropéens de son parti: son idée de référendum sur la participation de la Grande-Bretagne à l'Union européenne lui revient en boomerang. Que veut-il «renégocier» avec les autres pays membres, comment mesurer le gain des «contreparties» éventuelles? Que fera-t-il en cas d'un vote «No» du peuple?

Le Premier ministre avait de quoi gagner les élections sur le thème: on ne change pas une équipe qui gagne, «more of the same». Il doit se mordre les doigts d'avoir lancé un débat qui lui échappe et qui profite à l'Ukip et, dans la même veine, aux indépendantistes écossais.»

Les résultats officiels sont tombés

8h23 Après une nuit d'attente et la fin du suspens au levé du soleil, le comptage final a été rendu public en début de matinée. Il y a eu 16.141.241 votes en faveur du «Remain» et 17.410.742 votes en faveur du «Leave», soit 1.269.501 million de voix d'écart. Au final, le Leave remporte donc une large victoire avec 52% des voix.

Le Royaume désuni?

7h15 Les premiers craquements n'ont pas tardé à se manifester après le vote historique du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l'Union européenne. En Irlande du Nord, qui a voté pour le «Remain», le Sinn Fein, ancien bras politique de l'IRA, a appelé à un référendum en faveur de la réunification de l'île. En Écosse, la Première ministre SNP (nationalistes) Nicola Sturgeon a expliqué que «l'Ecosse voyait son avenir au sein de l'UE», alors que l'hypothèse d'un nouveau référendum avait été évoquée en cas de victoire du «Leave».

6h25. De la quasi-certitude d'une victoire à la terrible amertume d'une défaite, rien ne résume mieux, sans doute, la nuit des partisans du «Remain» que ces deux unes, à quelques heures d'intervalles, d'un des médias de leur camp, le Daily Mirror.

«Une plongée politique dans l'inconnu»

Les premiers «post-mortem», comme on dit de ces articles d'analyse post-électoraux, commencent à tomber. Voici comment commence celui du Guardian:

«Les électeurs britanniques ont choisi de voter pour quitter l'Union européenne lors d'un référendum historique lors duquel ils ont rejeté les conseils des principaux partis de Westminster et, à la place, ont opté pour une plongée politique dans l'inconnu.»

The Independent:

«C'est le plus grand bouleversement dans la vie politique britannique depuis que le parti travailliste a éclipsé les libéraux après la Première Guerre mondiale. C'est la fin de la carrière de David Cameron, qui s'est terminée comme le font si souvent les carrières politiques, par un échec. Il a parié, et il a perdu.»

Premières annonces officielles de victoire pour le «Leave»

ITV et la BBC sont les premières à lâcher le morceau que beaucoup remâchaient depuis un moment déjà: le «Leave» l'a emporté face au «Remain» lors du référendum. Il l'emporte, selon les estimations actuelles, avec autour de 52% des voix pour 72% de participation.

Le «rêve» de Nigel Farage

5h05. Nigel Farage, le leader de l'Ukip, qui en début de soirée prédisait une victoire du «Remain», vient désormais de se livrer à une quasi-déclaration de victoire du «Leave»: «J'ose maintenant rêver que l'aube se lève sur un Royaume-Uni indépendant».

Une autre phrase du dirigeant souverainiste a suscité des réactions très négatives de la part de la presse: il a affirmé que son camp avait gagné le référendum «without a shot being fired» («sans qu'un coup de feu ne soit tiré»), une semaine après le meurtre de la députée travailliste Jo Cox.

4h55. Jamais la livre sterling n'avait perdu autant en une journée: elle s'effondre désormais de près de 8%, à 1,36 dollar pour 1 livre.

Le Labour «travaille sur l'hypothèse d'une victoire du "Leave"»

4h35. Selon le Guardian, le Labour travaille désormais «sur l'hypothèse d'une victoire du "Leave"» et est prêt, dans cette éventualité, à réclamer la démission de David Cameron.

4h15. Chris Hanretty, professeur en sciences politiques à l'université d'East Anglia, qui évalue au fur et à mesure de la soirée la probabilité du «Remain» et du «Leave» et leurs scores respectifs, estime désormais la probabilité du «Remain» à... zéro. Il prédit un score moyen du «Remain» à 47,1% des voix. Michael Thrasher, l'analyste électoral de la chaîne Sky News, prédit également un «Remain» à 47% seulement et un «Leave» à 53%.

3h45. Sans surprise, le vote se retrouve très clivé géographiquement, comme le montre le graphique ci-dessous, fondé sur un dépouillement partiel des votes. Seule l'Écosse, Londres et le Sud-Est de l'Angleterre y votent en majorité pour le «Remain».

Sky News prédit une large victoire du «Leave»

3h25. Michael Thrasher, qui analyse les résultats électoraux pour la chaîne Sky News, prédit désormais un «Leave» à 56% et un «Remain» à 44%.

3h10. Chris Hanretty, un professeur en sciences politiques de l'université d'East Anglia, qui mouline les résultats en temps réel au fil de la soirée, prédit désormais un «Leave» à seulement 48,9% des voix.

2h50. Pour situer l'importance de la chute de la livre à laquelle on a assisté, elle n'a connu que deux précédents: la crise financière de 2008 et le «Black Monday» de 1992, quand le Royaume-Uni avait dû quitter le système monétaire européen.

Premiers réglements de comptes

2h35. Selon le Guardian, les récriminations commencent déjà dans le camp du «Remain», où des sources au sein du Labour accusent le gouvernement Cameron d'avoir fait de ce vote un référendum pour ou contre sa politique.

«J'ai peur d'aller dormir»

1h45. On ne peut pas dire que ça respire la joie du côté des partisans du «Remain» sur Twitter...

 

La victoire du «Remain» moins large qu'attendue à Newcastle, victoire du «Leave» très large à Sunderland

1h20. Les premiers résultats d'une grande ville viennent de tomber et ils ne sont pas exactement rassurants pour le camp du «Remain»: Newcastle-upon-Tyne, où il était annoncé comme gagnant avec une bonne avance, s'est prononcée pour cette option, mais par seulement 50,7% des voix. La livre sterling n'a d'ailleurs pas apprécié ce résultat.

À Sunderland, un des bastions du «Leave», ce dernier l'a emporté avec près de 62% des voix.

Et ça, la livre sterling l'a encore moins apprécié.

À Gibraltar, on vote «Remain» en masse

0h45. Les voix de Gibraltar ne seront peut-être pas décisives dans l'écart final, mais elles se sont en tout cas exprimées sans ambiguïté: 95,9% en faveur du «Remain», 4,1% en faveur du «Leave».

Les quotidiens britanniques parient sur le résultat

0h10. Voici les unes de quelques-uns des principaux quotidiens britanniques, dans leur première édition.


The Independant (pro-Remain) titre sur une «nation divisée», le Sun (pro-Leave) sur la «folie du Brexit» (tout en affichant en surtitre la quasi-reconnaissance de défaite de Nigel Farage) et le Daily Mirror (pro-Remain) prend un gros risque en affichant comme titre «Projet réunification», pariant franchement sur la victoire du «Remain».

On appréciera aussi la une de l'inégalable Daily Mail qui, devant l'absence de résultats, attaque sur «les requins de la City qui travaillent toute la nuit pour se gaver sur les résultats».

La lettre de soutien de députés conservateurs à Cameron

23h45. 84 députés conservateurs, dont deux tiers de soutiens du «Leave», ont publié une lettre à David Cameron affirmant qu'il devrait rester en poste quel que soit le résultat. Parmi eux, on trouve notamment l'ancien maire de Londres Boris Johnson, grand rival de Cameron.

Les Britanniques n'avaient pas autant voté pour un scrutin national depuis 1950

23h30. 83,7% des Britanniques se sont rendus aux urnes, selon Sky News. Il s'agit du taux de participation le plus fort pour un scrutin national depuis les élections législatives de 1950. En 1975, lors du dernier vote sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, 65% des électeurs s'étaient prononcés sur le sujet.

Nigel Farage voit venir une victoire du «Remain»

23h15. Nigel Farage, le leader de l'UKIP, interrogé par la chaîne Sky News, estime probable une victoire du «Remain»: «Il semblerait que le "Remain" ait l'avantage.» Le parti populiste britannique prônait lui le «Leave». Un sondage YouGov «jour du vote» (qu'il ne faut pas confondre avec un sondage sortie des urnes) annonce le «Remain» à 52%.

Les bureaux de vote ont fermé

23h. Il est 22 heures heure locale au Royaume-Uni: les bureaux de vote sont désormais fermés.

Le dernier appel de David Cameron

Il reste moins d'une heure aux Britanniques pour voter, mais David Cameron continue de faire campagne: «Les bureaux de vote ferment à 22h [23h heure française]. Il reste juste une heure pour voter Remain, et garder une Grande-Bretagne plus forte, plus sûre et mieux placée en Europe.»

Croissants contre votes, des Frenchies font un flop

Pour inciter les électeurs britanniques à voter en faveur d'un Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, des Français ont décidé de jouer la carte des saveurs. Ils ont organisé une «Opération Croissant» rapporte Vice, et avaient prévu de distribuer 600 croissants frais. Sauf que, sauf que... c'est illégal de distribuer de la nourriture pour inciter à voter en faveur de tel ou tel camp. L'opération est donc tombée à l'eau, mais ils ont fait une bonne action: les croissants sont allés à un foyer de sans-abri.


Marre du référendum? Le site Buzzfeed vous propose ce petit jeu pour vous distraire:

 

Les mensonges des tabloïds sur l‘UE comptabilisés

Excédée des mensonges innombrables des tabloïds anglais sur les politiques menées par l’Union européenne, la Commission européenne a mis sur pied au début des années 1990 un site pour les débusquer. On y trouve une liste allant de A à Z de 650 anecdotes sur les ingérences supposées de l'Union européenne «dans des secteurs allant des abattoirs aux zoos, en passant par les perruques que portent certains juristes, le célèbre petit déjeuner anglais, les vide-grenier ou encore les panonceaux tenus par les agents de la circulation chargés de faire traverser les écoliers, les "lollipop ladies"», explique Reuters.

Le magazine The Economist les a regroupés et triés en 400 «euromythes»: «Certains sont tout simplement absurdes ("Les bateaux de pêche seront forcés de porter des préservatifs") et d’autres ridicules ("les braguettes de pantalons seront bannies")», écrit le magazine. Au top des publications qui colportent le plus de mensonges, on trouve le Daily Mail, mais la BBC a elle aussi participé à ces mythes, explique The Economist. Et c’est curieusement dans la catégorie «alimentation» qu’on trouve le plus de rumeurs. Les Anglais tiennent à leur rosbif !

L'industrie du jeu, grande gagnante du Brexit

«Les paris sont considérables», affirme Mike Smithson, fondateur du site PoliticalBetting.com, dans un article publié par le New York Times mercredi. Selon lui, le référendum sur le Brexit est l’évènement politique qui a suscité «le plus de paris, sur toute la planète». Sur les journées de mardi et mercredi seulement, les sommes ont culminé à plus de trois millions de livres, soit quatre millions d’euros. Les trois-quarts étaient des paris en faveur du «remain», donc pour rester dans l’Union européenne.  
 


Petite plaisanterie à la chapelle du Central Methodist Hall de Westminster où a voté le premier ministre David Cameron ce matin.

Et si le Brexit menaçait la suite de la série Game of Thrones?

Une grande partie de la série Game of Thrones est tournée en Irlande du Nord... et bénéficie de fonds européens à la création. Une sortie de l'UE signifierait la fin de ces subventions à la production audiovisuelle pour l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni. Des acteurs de la série, comme Daniel Portman, originaire de Glasgow et qui incarne le personnage de Podrick Payne (vous ne vous en rappelez sans doute pas, c’est l’écuyer de Tyron Lannister), ont pris part à la campagne en faveur du «Remain», le camp de ceux qui veulent rester dans l'Union.


Le style Johnson ou l’europhobie créative

Dans Le Temps, on peut lire un article éclairant qui nous rappelle que le principal porte-parole de la campagne de sortie de l’UE, l’ancien maire de Londres Boris Johnson… ne croit pas au bien-fondé du Brexit. En 2013, celui-ci écrivait que «si nous sortons de l’UE […], on va devoir accepter que la plupart de nos problèmes ne sont pas causés par Bruxelles, mais par la vision systématiquement à court terme des Britanniques, leur mauvaise gestion, leur paresse, une culture de gratification immédiate et de sous-investissement».

L’homme politique aurait changé d’avis et endossé les habits du promoteur du Brexit par calcul politique, dans l’espoir que sa campagne anti-européenne l’aide à devenir le prochain premier ministre britannique. Journaliste dans une précédente vie, spécialiste de Bruxelles, Johnson s’est fait une spécialité de l’europhobie créative: il a créé des dizaines «d’euro-mythes» à la fois drôles et largement déformés, comme le fait que la Commission européenne déciderait de la courbure des bananes vendues ou de la taille des préservatifs…«Boris Johnson n’avait pas inventé l’euroscepticisme, mais en avait fait un art, lit-on encore dans Le Temps. A tel point que la presse britannique ne voulait plus que des articles similaires.»

Et le quotidien suisse de conclure: «Le paradoxe est que Boris Johnson, désinformateur en chef, fait partie de ceux qui connaissent bien la machine de Bruxelles. […] Jamais il n’avait sérieusement envisagé d’aller au-delà du ton drôle et critique de ses articles. Jusqu’au moment où l’odeur du pouvoir est devenue trop forte.»


Regardez les chiens restés devant les bureaux de vote

Les chiens ne sont pas autorisés à entrer dans les bureaux de vote britannique. Ces animaux attachés en laisse devant les bureaux pendant que leur maître vote font l'objet d'un suivi scrupuleux des internautes, qui photographient les bêtes à travers le pays et postent les images sur twitter avec le hashtag #dogsatpollingstations

Deux vidéos à regarder sur le #Brexit

Slate.fr a réalisé deux vidéos pour savoir ce que les célébrités pensent du référendum et comprendre à quoi ressemblerait un week-end à Londres si le Royaume-Uni quittait l'Union Européenne. 

 


 

Boris Johnson, «l’érosion de la démocratie» et la «nounou de Bruxelles»

Dans une longue interview accordée au Telegraph (pro-Brexit), l’ancien maire de Londres Boris Johnson est revenu sur la campagne de son camp, le Remain, et sur ses craintes en cas de défaite.

«Notre campagne parlait d’optimisme et d’autonomie. C’est un tournant dans l’histoire de notre pays parce que je pense que, si on se laisse piéger dans les filets de l’U.E., cela va continuer à éroder notre démocratie. C’est quelque chose qui m’inquiète.»

Selon lui, la campagne menée par le Remain et le Premier ministre David Cameron aura affecté la réputation britannique dans le monde. «J’ai peur de penser que [la victoire du Remain] dirait clairement que nous ne pensons pas que nous pouvons nous débrouiller seuls. Cela va montrer que nous ne pensons pas que nous sommes assez forts… Que nous ne pouvons pas survivre sans nous agripper au tablier la nounou de Bruxelles, et je ne veux pas y croire. Je ne le crois vraiment pas.»

Enfin, il a glissé un mot un peu plus personnel, sur le fait que ce référendum est, à ses yeux, plus important que son avenir politique. «Franchement, si c’est la fin de ma carrière… J’ai fait huit ans comme maire de Londres, j’ai énormément aimé, c’était un grand privilège. Cela me convient.»

Les traders vont passer une nuit très compliquée

Ils sont à cran. Les bureaux des traders à travers l’Europe attendent le résultat du référendum avec anxiété. Sur son site, The Independent explique que le marché des échanges, qui fonctionne 24 heures sur 24, bouillonnera à la seconde où une première tendance se dégagera des bureaux de vote. «Avec des sondages qui indiquent un vote serré, les traders sont prêts à appuyer sur le bouton acheter ou vendre dès que les résultats se feront connaître dans les premières heures de la journée de vendredi.» Et en effet, on apprend dans cet article que Enda Homan, d’Allied Irish Banks à Dublin, a prévu un stock de nouilles chinoises et de café pour rester éveillé. «C’est une opportunité unique pour les traders, explique-t-il, probablement jamais vu depuis le Mercredi Noir de 1992.» JPMorgan a réservé des hôtels près de ses locaux, Barclays a prévu des sacs de couchages et d’autres fourniront les employés en sushis et pizzas. Et quand on sait que les profits ou les pertes pourraient attendre des centaines de millions de dollars dès que l’on aura les résultats, on peut comprendre qu’ils aient envie d’avoir les yeux grands ouverts. 

Google rend hommage à Jo Cox 

Sur la page d'accueil de Google au Royaume-Uni, certains utilisateurs avertis ont remarqué un petit message, écrit sous la barre de recherche la veille du scrutin. «En souvenir de Jo Cox, députée britannique», a tenu à faire savoir le géant américain. 

Cela signifie-t-il un soutien explicite au Remain, que défendait la parlementaire assassinée la semaine dernière? Pas sûr, car le jour du vote, le message avait changé et l'on pouvait lire «Il est l'heure de voter, le référence au Royaume-Uni c'est aujourd'hui».

Quoiqu'il en soit, cette petite phrase sur Jo Cox, en raison du débat politique qui est lié à son meurtre, pourrait en tout cas relancer le débat sur l'influence de Google sur le choix des électeurs

Le mensuel Monocle critique la violence de la campagne du Leave

Mercredi 22 juin, la veille du scrutin, Monocle a rejoint la liste des médias favorables aux Remain en signant un édito virulent sur la violence de la campagne dans le camp du Leave. «Toutes les campagnes électorales sont difficiles, toutes déforment la réalité parfois, mais peu se sont abaissées à de tels mensonges, de demi-vérités et de déclarations délibérément trompeuses que le camp du Leave. Leur campagne au vitriol a été méchante, elle a blâmé les étrangers pour les malheurs du Royaume-Uni, et diffamé quiconque ayant osé s’opposer à eux.» Le vocabulaire employé est, à ce titre, très violent. Barack Obama, évidemment pro-remain, a été qualifié de «moitié-kenyan» par Boris Johnson, ex-maire de Londres, et les mots «complot», «conspiration», et «collusion» ont régulièrement été utilisés. Monocle, rejetant le discours de la peur des migrants, explique que «les seuls Européens qui feront la fête [si le Royaume-Uni vote Leave] seront Marine Le Pen, Geert Wilders et Vladimir Poutine».

Certains partisans du Leave craignent un complot à cause d’un crayon de papier

Les conditions de vote pour le référendum sont très précises. Comme l’explique la BBC sur son site, tout est quadrillé de A à Z pour que le vote se passe dans de bonnes conditions et que chaque électeur ne ressorte pas confus des bureaux de vote. Même le crayon qui servira à chacun à voter a été habilement mis en place. «Chaque isoloir devrait contenir des crayons à papier taillés, accrochés à une corde assez longue pour que les votants droitiers comme gauchers puissent l’utiliser», écrit le site. Un crayon à papier? Il n’en fallait pas plus pour énerver de nombreux partisans du «Leave», qui craignent de voir leur vote effacé et changé. Un hashtag #useapen («utilisez un stylo») a été lancé sur Twitter.

«C’est un peu suspect que l’on ne donne que des crayons pour voter, facilement effaçable avec une gomme»

«Assurez-vous de prendre un stylo pour marquer vos bulletins de vote. Le crayon qu’ils fournissent peut être effacé.»

«Cherchez sur Twitter “#VoteLeave pencil” si vous voulez rire. Est-ce que les chapeaux en aluminium sont autorisés dans les bureaux de vote?»

Même David Coburn, député européen UKIP favorable au Leave, a demandé aux votants de ramener leur propre stylo pour s’assurer que leur vote sera respecté. Les règles n’interdisent pas en effet d’apporter son propre stylo. Qui sait ce qui aurait pu se passer sinon.

Il est 7h00 au Royaume-Uni, les bureaux de vote sont ouverts

C’est parti. Les bureaux de vote britanniques ont officiellement ouvert à 7h00 ce matin (8h00 en France) et fermeront à 22h00, heure locale. La commission de vote a mis en ligne un article explicatif pour détailler le déroulement du référendum et notamment les critères à remplir pour pouvoir voter. Par exemple, un Ougandais vivant à Gibraltar (territoire britannique) peut voter, tout comme un britannique vivant à Tuvalu, à 14.000 kilomètres des îles britanniques. Il en va de même pour les citoyens irlandais vivant en Ecosse. En tout, 46,5 millions de personnes pourront voter aujourd'hui.

Petit problème cependant: le temps. De fortes pluies frappe actuellement un grande partie du pays, faisant craindre à certains une plus faible participation dans les bureaux de vote. Néanmoins, plusieurs personnes sur Twitter ont expliqué être impressionnées de voir autant de monde faire la queue de si bonne heure. 

«Nous n'avons pas de file d'attente normalement», a dit un responsable alors que les gens attendait sous la pluie pour voter.»

 

«Independence day» ou simplement «IN»?

Alors que les bureaux de vote vont ouvrir à 7h heure locale, les journaux tentent une dernière fois, par leur une, de convaincre leurs lecteurs, dans un sens ou dans l'autre. Le Guardian a mis en relief le «i» et le «n» de son titre, comme «IN», tandis que le Sun promet à ses lecteurs un «Independence day»

De son côté, le journal allemand Bild a décidé de faire écho à un antécédent entre les deux pays sur le terrain de foot. En une de sa dernière édition, le journal promet ainsi de reconnaître le but fantôme de Wembley, en 1966, si les Britanniques restent dans l'UE.

Cette année-là, lors de la prolongation de la finale de la Coupe du monde de football, les Anglais avaient marqué un but polémique: il était impossible de savoir si le ballon avait bien franchi la ligne des cages allemandes. Bild fait donc très fort en faisant cette promesse.

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«Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne?»

Voici la question à laquelle les électeurs britanniques doivent répondre en cochant une case:

«Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne?
– Rester membre de l'Union européenne.
– Quitter l'Union européenne.»

La campagne électorale a été si longue et éprouvante que certains électeurs auraient préféré davantage d'options, témoin ce montage qui circule sur les réseaux sociaux.

Notre sélection d'articles sur le Brexit

Voici quelques-uns des articles publiés par Slate sur le Brexit:

«Sanctuariser le progrès», par Jacques Attali
«John Oliver a l'explication la plus drôle que vous puissiez voir sur le Brexit»
«L'Europe se tire des balles dans le pied, les Européens y croient encore»
«Le Royaume-Uni, jamais vraiment entré et prêt à sortir»
«Chers Anglais, ne vous tirez pas!»
«Pourquoi la reine Elizabeth ne se prononce pas sur le Brexit»
«Le Brexit expliqué en graphiques»
«Une équipe a déjà voté contre l'Europe avant de gagner l'Euro de foot»

Nous avons supprimé la référence à un tweet présenté comme celui d'un soutien de Daech, d'après l'article de Vocativ, qui a supprimé ce tweet aussi. L'auteur nous a contacté pour expliquer qu'il s'agissait de «sarcasme». 

 

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