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On sait (enfin) pourquoi les règles peuvent être si douloureuses

Repéré par Thomas Messias, mis à jour le 08.12.2016 à 17 h 13

Repéré sur The Independent

Derrière les inflammations aiguës, la protéine C réactive.

Endometriosis of the Fallopian Tube (Luminal Pattern) | Ed Uthman via Flickr CC License by

Endometriosis of the Fallopian Tube (Luminal Pattern) | Ed Uthman via Flickr CC License by

Quelques jours après la publication de cet article, nous nous sommes rendu compte d'une erreur de cause et conséquence. Comme nous l'expliquons dans un second article, la protéine C réactive augmente parce que les femmes sont en souffrance, et non pas l'inverse.

La revue Journal of Women’s Health vient de publier les résultats d’une recherche qui ne manquera pas d’intéresser toutes les personnes dont le PMS (syndrome prémenstruel en français) est infiniment douloureux. Menée sur plus de 3.000 femmes, l’étude a mis en évidence le rôle du CRP (pour C-reactive protein), un biomarqueur par ailleurs suspecté de favoriser les crises cardiaques. Le CRP aurait pour effet de déclencher des inflammations aiguës qui provoqueraient le syndrome prémenstruel.

Responsable de tous les maux, le CRP serait à la fois à l'origine des sautes d’humeur, des douleurs abdominales, des ballonnements, des fringales, des prises de poids… bref, de tout ce qui revient une semaine sur quatre pour plomber l’existence des femmes réglées (ainsi que des hommes transgenres). Le rôle exact du CRP serait différent selon les symptômes, ce qui va immanquablement conduire au développement d’autres études, cette fois plus spécifiques, sur la façon dont chacun d’entre eux se développe.

Les auteurs de l’étude estiment qu’il est d’ores et déjà possible d’utiliser les résultats pour aider les victimes du PMS à en combattre les ravages. Il s’agit avant tout d'éviter les comportements pouvant favoriser le déclenchement des inflammations par le CRP, ou de leur prescrire certains types d’anti-inflammatoires.

Sexisme et tabou

Si la recherche autour des règles avance si peu, c’est autant parce que la plupart des scientifiques sont des hommes que parce qu’il s’agit d’un sujet souvent tabou. Pourtant, comme le souligne le site de The Independent, qui relaie les résultats de l’étude, plus de 80% des personnes réglées subiraient les effets du PMS, qui sont nombreux et pénibles, a fortiori lorsqu’ils s’ajoutent les uns aux autres.

Le site du quotidien britannique rappelle en outre que, John Guillebaud, professeur de santé reproductive de l’université de Londres, avait affirmé en février que les règles étaient potentiellement aussi douloureuses qu’une crise cardiaque, et qu’il fallait s’emparer de ce sujet trop longtemps délaissé en raison d’un sexisme aussi ancré dans l’univers scientifique que partout ailleurs.

L’étude du fonctionnement du CRP et de la façon dont il provoque chacun des symptômes pouvant apparaître durant le PMS (à la liste précédente peuvent également s’ajouter nausées et migraines) a tout pour devenir un sujet capital au cours des années à venir. Reste juste à espérer que le monde de la recherche scientifique et l’industrie pharmaceutique traitent ce dossier comme il le mérite au lieu de cacher la poussière sous le tapis comme s’il n’en valait pas la peine.

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