Parents & enfants

Les parents ne doivent surtout pas commenter le poids de leur fille

Repéré par Nadia Daam, mis à jour le 21.06.2016 à 15 h 05

Repéré sur New York Times

C'est de là que viennent les complexes.

Rien ne vaut l'exemple par l'assiette | U.S. Department of Agriculture via Flickr CC License by

Rien ne vaut l'exemple par l'assiette | U.S. Department of Agriculture via Flickr CC License by

«T’as pas un peu grossi?», «Tu es sûre de vouloir reprendre du dessert?», «Tu devrais faire attention, non?»… En posant ces questions, les parents ne projettent sûrement pas sciemment de traumatiser leurs enfants à vie, ni même de les peiner sur le moment. Ils sont d’ailleurs largement encouragés à se soucier du poids de leur progéniture de manière de plus en plus précoce, et à en discuter clairement avec eux.

Pourtant, commenter le poids de son enfant, en particulier si c’est une fille, peut avoir de lourdes conséquences sur sa santé et sa confiance en elle. C’est la conclusion à laquelle arrive une étude publiée dans la revue Alimentation et troubles alimentaires et relayée par le New York Times. Les auteurs de l’enquête ont demandé à 501 femmes âgées de 20 à 35 ans quelle image elles ont de leur propre corps, et les ont parallèlement invitées à se souvenir si leurs parents leur avaient fait des remarques liées à leur poids quand elles étaient enfants.

Résultat, l'étude conclut que les femmes à qui l’on a régulièrement dit qu’elles étaient «trop grosses» ont, une fois adulte, un indice de masse corporel plus élevé que celles à qui l’on a fiché la paix. Autrement dit, les dites remarques des parents ont été contreproductives.

Des commentaires intériorisés

Mais plus que ça encore, il en ressort surtout que celles qui sont le plus complexées et qui estiment avoir besoin de perdre quelques kilos, même quand elles ne sont pas du tout en surpoids, sont aussi celles qui se souviennent des commentaires de leurs parents à propos de leur poids et de leur alimentation.

« Nous avons demandé aux femmes de se rappeler à quelle fréquence leurs parents ont commenté leur poids. Ce qui est très révélateur, c’est que ces commentaires ont eu une mauvaise influence qu’ils aient été occasionnels ou quotidiens. Quelques remarques sont aussi dévastatrices que des avertissements répétés», commente le Dr. Brian Wansink, qui a dirigé l’étude.

Si les auteurs ont choisi d'interroger exclusivement des femmes, c’est parce que, comme l’explique Rebecca Puhl, directice du Rudd Center for Food Policy and Obesity, «les filles sont davantage exposées aux messages sur la minceur et le poids. Souvent, la valeur accordée aux femmes est étroitement liée à leur apparence. Si les parents ne déconstruisent pas ce message, il finit par être intériorisé.» 

Cette étude corrobore d’ailleurs d’autres travaux qui ont tous conclu que les enfants et les adolescents que les parents ont incités à maigrir ou à surveiller leur poids ont davantage de risque de développer des troubles alimentaires. Pire, le rapport des parents à leur propre corps et la manière dont ils l’expriment peut également être déterminant. Autrement dit, une fille qui aura régulièrement entendu sa mère se plaindre de son poids aura elle aussi tendance à s’auto-dénigrer et à ne jamais se trouver «assez mince».

«Parler moins, faire plus»

Si les parents doivent donc s’interdir de commenter le poids de leur fille, est-ce à dire qu’ils doivent pour autant rester parfaitement passif? Non, bien évidemment. Pour le Dr. Neumark-Sztainer, cité par le New York Times, les parents peuvent influencer le comportement alimentaire de leur enfant, sans avoir à en parler:

«J’encourage l’idée du “parler moins, faire plus”. Faire de votre maison un endroit où il est facile de s’alimenter sainement, rendre les activités sportives disponibles et accessibles,  (…) et ne plus faire du poids un sujet de conversation.»

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