Monde

Sexisme, corruption, Vatican… Les défis qui attendent la nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi

Temps de lecture : 2 min

Après sa victoire ce week-end, la candidate du Mouvement 5 étoiles a du pain sur la planche.

Virginia Raggi le 19 juin 2016. TIZIANA FABI / AFP
Virginia Raggi le 19 juin 2016. TIZIANA FABI / AFP

C’est une première dans l’histoire de la capitale italienne: Virginia Raggi, la candidate antisystème du Mouvement 5 étoiles (M5S), a vaincu et de très loin (67% des voix) Roberto Giachetti, le candidat du Parti démocrate (PD, centre-gauche), aux élections municipales.

Elle devient la première femme maire de Rome. Mais après cette campagne où elle aura couru les rues, se transformant en serveuse pour récolter des fonds, tonnant contre la «resquille», elle n’est pas au bout de ses peines. Cinq défis majeurs l’attendent, comme les a repérés le quotidien britannique Le Guardian.

1.Changer l'image du mouvement cinq étoiles

Jusque-là, le mouvement dont elle fait partie, le M5S, ne dirigeait que des villes de taille moyenne, comme Parme et Livourne (toutes deux à moins de 200.000 habitants). Rome est une prise bien plus grosse, avec ses près de 3 millions d’habitants et son statut de capitale. Cela sera un test bien plus fort pour le M5S, note la correspondante à Rome du Guardian Stephanie Kirchgaessner:

«Une victoire de Raggi constituerait un véritable test pour le M5S, pour voir s’il est capable de s’élever au-delà de son image de parti protestataire pour gouverner.»

Jusque-là, le Mouvement 5 étoiles n’a pas particulièrement brillé en la matière. Le maire de Parme a été mis en examen pour une affaire de corruption, concernant ses émoluments à la tête de l’opéra municipal, de même que le maire de Livourne, également mis en examen dans une affaire de corruption.

2.S'attaquer à la corruption au sein de la municipalité

La campagne pour les élections municipales a été marquée par un scandale appelé «Mafia Capitale». L’ancien maire Ignazio Marino a dû démissionner après la découverte d’un système mafieux au sein même de la municipalité. Virginia Raggi n’a cessé dans ses discours de mettre l’accent sur la lutte contre la corruption, le gaspillage de l’administration et l’évasion fiscale. Mais réussira-t-elle à relever ce défi?

«Mafia Capitale est-il un problème soluble ou continuera-t-il de dévorer toute administration qui essaie de le résorber? Ce sera le plus grand test pour Raggi», estime le Guardian.

3.Le Vatican et ses impayés

Raggi a promis aussi de collecter une taxe sur les immeubles à usage commerciaux dont le Vatican est pour l'instant exempté, et dont elle estime le manque à gagner entre 250 et 400 millions d’euros.

«Certes le Pape François a déclaré publiquement que les boutiques devaient payer les taxes, mais pas sûr que le Vatican apprécie qu’on s’immisce sur ses plates-bandes», juge le Guardian.

4.Se lancer dans la course aux JO?

La victoire de Virginia Raggi promet un bras de fer avec le président du conseil italien, Matteo Renzi, sur le front des Jeux olympiques. Ce dernier tient à ce que la capitale livre bataille pour emporter la mise pour 2024, mais la victorieuse a d’ores et déjà déclaré que ce n’était pas la priorité, alors que Rome était dans une posture «délicate».

5.Surmonter le sexisme en politique

Enfin, Virginia Raggi aura à affronter, gageons-le, sarcasmes et sexisme en tant qu’élue, une chose rare ce ce côté-là des Alpes, dans un pays qui occupe l’une des dernières places au niveau européen pour la place des femmes sur le marché du travail. Elle n’a pour l’instant pas mis son genre en avant, mais pourrait être poussée à prendre position sur le sujet.

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