Sports

VIDÉO. Malaise sur beIN Sports: une supportrice de l'euro donne un carton rouge à la loi Travail

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 20.06.2016 à 15 h 52

Repéré sur beIN Sports, Le Figaro

Pour beIN Sports, pas de politique quand on parle de foot.

C'est devenu l'un des jeux préférés des chaînes d'info en continu et des chaînes de sport. Après chaque match de l'Euro, des journalistes présents autour du stade et dans les fan-zones interrogent des supporters de différents pays pour recueillir leur réaction après la victoire, défaite, qualification ou élimination de leur équipe.

Si parfois cela donne des images très sympas et parfois très drôles quand ces supporters décident de rendre la vie impossible aux journalistes, cela se retourne aussi parfois contre les chaînes quand les personnes interrogées décident d'aborder des sujets qui n'étaient visiblement pas prévus au programme.

On en a eu l'exemple ce dimanche sur BeIn Sports. Un journaliste fait tranquillement son interview après le match avec des supporters maquillés, avant que la femme interrogée (l'intermittente Sophie Tissier, qui s'était déjà fait remarquer dans Touche Pas à Mon Poste et la campagne «On Vaut Mieux Que Ça», comme l'ont remarqué plusieurs personnes sur Twitter et Facebook) ne finisse par sortir un prospectus «Carton Rouge à la Loi Travail», et n'évoque «les choses qui se passent en ce moment dans ce pays».

Sur Twitter, quelques heures après cette interview, Sophie Tissier nous explique qu'elle est bien «mobilisée contre la loi Travail» et que tout ceci était «une action revendiquée par Paris Debout - Nuit Debout».

Lorsqu'il voit le carton rouge, le journaliste de BeIn est alors plutôt embarrassé et essaie de faire comme il peut pour la faire taire, expliquant qu'il «n'est pas là pour faire leur publicité», qu'on «va parler de football», et de la pousser hors du champ de la caméra, sous le regard vide des deux autres supporters à côté. Suivent de longues secondes de malaise, avant que le journaliste en plateau, Darren Tulett ne reprenne la main.


C'est loin d'être la première polémique autour du fait qu'il ne faut pas parler de politique lors de cet Euro.

Le ministère de l'Intérieur avait déjà demandé aux supporters de ne pas évoquer le sujet. Dans un guide publié le 9 juin, veille du début de l'Euro, la place Bauveau demandait de ne pas «tenir de propos politiques, idéologiques, injurieux, racistes ou xénophobes» aux abords des stades. Et comme l'expliquait alors Le Figaro, ceci pouvait avoir deux buts:

«Ce afin d'essayer d'éviter de voir certains hooligans tenter de rejouer les crises géopolitiques qui opposent certains pays en marge des matchs. Afin, aussi, que les débats sur la loi Travail et les grèves qui en résultent ne tournent pas en pugilat dans l'enceinte ou aux abords des stades, a fortiori si le mouvement social perturbe leur accès.»

Devant la polémique, le ministère de l'Intérieur avait fini par se justifier en indiquant que les consignes venaient de l'Uefa (même si ce n'est pas tout à fait le cas) et reculer deux jours plus tard. Pour bien se comporter, il ne faut désormais «pas exprimer ou diffuser des messages injurieux, racistes, xénophobes, sexistes ou religieux». La supportrice anti-loi Travail pourra toujours dire qu'elle a bien respecté tout ça.

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