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Et si on contrait Daech grâce aux réseaux sociaux?

Temps de lecture : 2 min

Une étude publiée dans la revue Science a suivi la formation de groupes pro-Daech sur internet. Et donne des pistes pour diminuer l’influence du groupe terroriste sur le web.

Des chercheurs ont élaboré un modèle mathématique de l’«écosystème» qu’est Daech sur internet | Johan Larsson via Flickr CC License by

La présence de l’organisation État islamique en ligne n’est plus à démontrer. Il n’est donc pas étonnant que les chercheurs se soient demandé s’il n’y avait pas matière, en observant les pratiques de Daech sur les réseaux sociaux, de débusquer une stratégie pour contrer son influence, qu’il s’agisse de la propagande, du recrutement de djihadistes ou de l’organisation d’attentats. Des scientifiques ont ainsi analysé du 1er janvier au 31 août 2015 des données sur les groupes pro-Daech (comprenant 108.086 individus) du réseau social russe VKontakte. Ils en ont conclu que la montée soudaine du nombre de groupes pro-Daech sur les réseaux sociaux précède une poussée de violence.

Pour Neil Johnson, le chercheur qui a mené l’étude, les résultats, publiés le 17 juin dans la revue Science, ne doivent pas forcément être vus comme un moyen de prédire la survenue d’attentats, explique-t-il à Pacific Standard. «Je suis toujours prudent quand on parle de prédiction. Ça transforme presque en problème d’ingénierie le fait de gérer l’extrémisme en ligne.» En revanche, il souligne que, si l’on voit un pic de groupes pro-djihad, «on peut intervenir et mettre un terme à cette escalade».

Stopper la «contagion»

Et le modèle statistique que son équipe et lui ont construit à partir de l’observation de la constitution et de la fermeture de ses groupes offre une tactique de contre-terrorisme. Fermer les groupes au hasard de leur découverte ne suffit pas puisque ceux-ci se reforment après avoir été fermés. Neil Johnson les compare d’ailleurs à un virus: «Le virus cherche à faire éclater la cellule –c’est bon pour lui parce que ça lui permet de se répandre.» Ce que les mathématiques apportent, c’est le moment précis où il convient de fermer ces groupes, afin de stopper la «contagion» et de mettre à mal l’«écosystème» qu’est Daech sur internet.

Le moment mais aussi la taille. On peut ainsi lire dans l’étude que «les agences anti-EI peuvent contrecarrer le développement des plus grands groupes, qui sont potentiellement plus puissants, en détruisant les plus petits». En clair, si les petits groupes ne sont pas mis à mal suffisamment rapidement (et à une taille encore minime), alors leur fermeture n’aboutira qu’à la création de plus grands groupes pro-Daech. Les chercheurs ajoutent que cette vision collective de l’extrémisme en ligne a l’avantage de restreindre la lutte contre Daech sur le web à quelques centaines de groupes plutôt que de la voir comme un combat ingagnable contre des millions de potentiels adhérents.

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