Sports

À l'Euro 2016, la Hongrie a un fort goût de Deutsche Qualität

Temps de lecture : 2 min

Victorieuse de son premier match face à l'Autriche, la sélection s'appuie sur une palette de profils liés de près ou de loin à l'Allemagne.

Bernd Storck lors du match contre l'Autriche, le 14 juin à Bordeaux. Attila KISBENEDEK / AFP .
Bernd Storck lors du match contre l'Autriche, le 14 juin à Bordeaux. Attila KISBENEDEK / AFP .

Lors de l’entrée en lice victorieuse de la Hongrie dans l’Euro, contre l’Autriche à Bordeaux (2-0), le gardien de but en jogging Gábor Király est devenu le joueur le plus vieux à disputer la compétition, à 40 ans et 74 jours. Ironie du sort, le recordman déchu l’a eu sous ses ordres pendant son bref passage à la tête de la sélection hongroise en 2004-2005, puisqu’il s’agit de la légende du foot allemand Lothar Matthäus.

Király a lui-même évolué plus d’une décennie en Allemagne, d’abord au Hertha Berlin de 1997 à 2004, puis au Munich 1860 de 2009 à 2014, après un bref intermède en prêt (sans jouer) au Bayer Leverkusen. L’entraîneur du «Nemzeti 11» est un Allemand, Bernd Storck, ancien défenseur du VFL Bochum (1981-1983) et du Borussia Dortmund (1983-1989). Et si on ajoute que quatre des vingt-trois sélectionnés jouent outre-Rhin, dont les deux buteurs contre les Autrichiens, Szalai et Stieber, et que le club de Ferencvaros, champion de Hongrie avec vingt points d’avance et pourvoyeurs de cinq joueurs, est lui-même dirigé par un Allemand, l’ancien international Thomas Doll, on aura compris que cette équipe de Hongrie a un fort goût de Deutsche Qualität.

Ce qui explique peut-être son succès, et les louanges qui ont accueilli Bernd Storck, qui a récupéré la sélection il y a un an quand son poulain Pál Dárdai a rejoint comme entraîneur son ancien club... du Hertha Berlin. «Cette équipe qui a entamé l’Euro sur les chapeaux de roue n’a rien à voir avec le collectif lâche et incapable de produire du jeu que nous avons observé au cours de la dernière décennie, s’enflamme le pure-player 444.hu. Et là, nous avons découvert un groupe soudé et affûté réunissant des joueurs déterminés à attaquer. J’ignore combien d’entraîneurs comme Storck sont totalement inconnus à 52 ans alors qu’ils sont des génies. Car lui en est assurément un. Ses collègues hongrois n’ont qu’une chose à faire: aller apprendre auprès de lui.»

«On s’est tous demandés ce que Storck venait chercher ici jusqu’à ce qu’il dissipe notre scepticisme, complète le blog Hathárom.com. Il n’aura sans doute jamais la popularité d’un Dárdai, il n’est peut-être pas la personnalité la plus éclatante ayant dirigé cette équipe, mais cette équipe, c’est la sienne.»

Ce groupe, Storck l’a constitué avec l’appui de son assistant, lui aussi allemand: Andi Möller, champion du monde 1990 avec la Mannschaft, roi d’Europe en 1996 et vainqueur de la Ligue des champions 1997 avec le Borussia Dortmund face à la Juve de Zidane et Deschamps. En Hongrie, les journalistes sportifs et amateurs éclairés de ballon rond donnent désormais du «Herr Storck» («monsieur Storck» en allemand) à celui qui a mené le pays à sa première victoire en phase finale d’un Euro depuis... la finale pour la troisième place de l’édition 1964.

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