Double XMonde

Au Japon, pour booster la natalité, une ville finance la congélation d’ovocytes

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 18.06.2016 à 10 h 49

Repéré sur The Guardian, Vocativ

En offrant de payer 80% du coût de la procédure, la ville d’Urayasu cherche à stimuler le taux de natalité.

L’objectif de cette congélation d’ovocytes subventionnée: encourager plus de femmes à avoir des enfants | mrhayata via Flickr CC License by

L’objectif de cette congélation d’ovocytes subventionnée: encourager plus de femmes à avoir des enfants | mrhayata via Flickr CC License by

Dans la ville d’Urayasu, une banlieue de Tokyo, la municipalité a décidé d’utiliser 90 millions de yens (soit 760.000 euros) pour financer les congélations d’ovocytes de ses résidentes de 25 à 34 ans, rapporte le Guardian.

Grâce à ces financements, les femmes qui le souhaitent ne paieront que 20% du prix de la procédure, qui coûte entre 4.000 et 5.000 euros. L’idée est de voir si ce programme-pilote de trois ans (en partenariat avec l’université locale) encouragera plus de femmes à avoir des enfants. 

Comme le rappelle Vocativ, le taux de natalité du Japon est un des plus bas du monde et, selon certaines prévisions, la population du pays pourrait avoir baissé de 15% en 2050.

Le maire de la ville, qui a une population d’environ 160.000 habitants, a expliqué pourquoi il jugeait que de l’argent public devait être dépensé pour cette cause:

«En général, la grossesse et les naissances sont des questions individuelles mais, quand la situation devient extrême, je considère que c’est une question sociale. Je pense qu’utiliser des fonds publics est une bonne décision.»

Carrière ou enfant

Selon le docteur qui dirige le projet, douze femmes ont déjà  commencé la procédure de congélation subventionnée. Ceci dit, miser sur la congélation d’ovocytes pour stimuler la natalité n’est pas évident car le taux de réussite de cette intervention n’est pas très élevé. Pour des ovocytes congelés à 25 ans, le taux est de 30% et il descend à 20% pour ceux congelés à 34 ans. 

Parmi les explications du bas taux de natalité au Japon, il y a le fait que les femmes japonaises doivent choisir entre carrière et enfants: 70% d’entre elles arrêtent de travailler quand elles ont un premier enfant et les maris japonais passent très peu de temps à aider leurs compagnes à la maison.

Kathy Matsui, une économiste interviewée par la BBC, expliquait que «le Japon est peut-être le seul pays de l’OCDE dans lequel le nombre d’animaux domestiques est supérieur au nombre d’enfants».

L’autre problème, c’est qu’un grand nombre de jeunes Japonais n’ont pas de partenaires et ne s’intéressent pas aux relations sexuelles: un sondage de 2013 avait révélé que 45% des femmes de 16 à 24 ans «n’étaient pas intéressées ou méprisaient les contacts sexuels». Plus d’un quart des hommes pensaient de même.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte