Allemagne

Sami A., le réfugié dont l'Allemagne se passerait bien

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La justice s'oppose à l'expulsion vers la Tunisie de cet islamiste radical accusé d'avoir été l'ancien garde du corps présumé du terroriste Oussama Ben Laden.

Capture Twitter
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Bien qu'il soit considéré par les autorités allemandes comme «une grave menace pour la sécurité publique», l'islamiste radical Sami A., ancien garde du corps présumé du terroriste Oussama Ben Laden, ne sera pas expulsé en Tunisie. Du moins pour le moment. C'est le jugement rendu cette semaine par le tribunal administratif de Gelsenkirchen, qui a estimé que la sécurité de l'homme de 39 ans ne pourrait pas être garantie en cas de renvoi dans son pays natal, rapporte le site de la station de radio et chaîne de télévision allemande Deutsche Welle:

«Bien que la situation politique a changé en Tunisie, il continue d'y avoir de grands risques que Sami A. soit soumis à un traitement inhumain , a jugé le tribunal. Ceci concerne particulièrement les gens qui sont soupçonnés d'appartenir au milieu islamiste.»

Surveillé par les services de renseignement allemands depuis son arrivée sur le territoire en 2004, Sami A. est considéré comme «un instigateur au sein du milieu islamiste», écrit le site de la chaîne de télévision WDR. Mais aucun fait concret ne lui est reproché jusqu'à présent. Bien que Sami A. a toujours démenti avoir fait partie de la garde rapprochée de l'ancien chef de l'organisation terroriste al-Qaida, «un séjour en Afghanistan pour y recevoir une formation militaire dans un camp d'entraînement d'al-Qaida et un emploi de garde du corps auprès de Ben Laden sont avérés», selon le tribunal administratif supérieur du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui avait décidé en 2015 de lui retirer son permis de séjour, rappelle le quotidien Die Welt.

Risques de torture

Marié à une Allemande et père de quatre enfants, Sami A. se bat depuis des années devant les tribunaux pour pouvoir rester en Allemagne. En 2010, le tribunal administratif de Dusseldorf avait jugé que l'islamiste radical risquait d'être torturé s'il était expulsé en Tunisie et avait donc prononcé une interdiction d'expulsion à son encontre.

En 2014, l'Office fédéral de la Migration et des Réfugiés était revenu sur cette décision, au motif que la situation politique n'était plus la même après le Printemps arabe. En jugeant à son tour que Sami A. ne doit pas être expulsé, le tribunal administratif de Gelsenkirchen a tenu à préciser par la voix du président de chambre Christian Reitemeier que le passé du garde du corps présumé n'a joué aucun rôle dans sa décision:

«La seule chose que nous avons examinée, c'est de savoir si l'hypothèse selon laquelle il risque d'être torturé est toujours valable.»

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