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Jeux vidéo: faire de sa passion une profession

Temps de lecture : 3 min

CONTENU SPONSORISÉ. Pour les pratiquants les plus doués, jouer aux jeux vidéo est devenu un métier. Et cette économie, qui assure parfois des rémunérations élevées, repose en bonne partie sur les épaules d'un public solidaire.

Le jeu vidéo a longtemps été regardé de haut par les autres industries artistiques. Encore aujourd'hui, jouer sur sa console, sur son ordinateur, dans l'intimité de sa chambre, ou en compagnie de quelques copains, ne fait pas sérieux aux yeux de tout le monde. Pourtant, c'est désormais un loisir qui peut devenir une profession.

Les compétitions vidéo-ludiques internationales fleurissent, promettant à leurs vainqueurs des revenus plutôt intéressants: les championnats du monde de League of Legends, un univers virtuel où deux équipes de cinq joueurs s'affrontent pour la maîtrise d'une carte inspirée par l'Heroic Fantasy, offrent ainsi un gain (dîtes «cash prize») de 2,13 millions de dollars (environ 1,88 million d’euros) à ses lauréats. L'émission Du Grain à moudre, diffusée sur France Culture le 22 avril 2016, soulignait le poids financier de ces tournois, qu'on regroupe dorénavant sous l'appellation d'«e-sport». A l'échelle mondiale, ce marché ne représente pas moins de 600 millions de dollars.

De Mario Bros à la fiche de paie

Au-delà des sommes levées par les organisateurs d'événements et remportées par une poignée de joueurs aux réflexes survitaminés, ces derniers commencent dans leur ensemble à faire leur beurre avec leur passion. Oui, l'un des rêves de la génération née au tournant des années 1980 et 1990, et biberonnée aux glissades du kart fortement pixelisé de Mario Bros sur Super Nintendo et aux expéditions archéologiques de Lara Croft sur l'antique Playstation, est devenu réalité: on peut à présent gagner sa vie grâce à ses performances de joueur de jeu vidéo.

Certains s'en sortent même très bien. Broken, pseudonyme d'un spécialiste de Call of Duty célèbre jeu de guerre, révélait il y a quelques semaines dans le programme radiophonique Les pieds sur Terre qu'un «bon joueur pro (pouvait) gagner 10.000 euros en un mois» dans sa discipline.

D'où cet argent tombe-t-il? Si l'e-sport draine déjà beaucoup d'argent, la rémunération d'un joueur a encore quelque chose d'artisanal et celui-ci multiplie les sources de revenus pour se tailler un salaire.

Le recours aux sponsors

Romain Tixier est responsable du pôle e-sport de Melty, une structure très ambitieuse dans ce domaine. Si ses protégés ne gagnent pas (encore?) la somme rondelette citée par Broken, ils perçoivent tout de même entre 900 et 4000 euros par mois, en sachant qu'une victoire en compétition les porte à des montants supérieurs. Selon lui, l'essentiel de ces revenus provient, pour ses équipes, d'une prime «d'endorsement», c'est-à-dire une prime mensuellement versée pour défendre les couleurs des sponsors.

Le reste découle du streaming, cette pratique qui consiste pour un joueur à diffuser ses matchs et à les commenter en direct. C'est un point commun entre tous les «cyberathlètes», qu'ils soient les champions d'une entreprise ou entièrement indépendants: les gains obtenus dépendent fortement de la retransmission des parties.

Bien sûr, la publicité y contribue: «Généralement, pour une heure de jeu, on a dix minutes de pub», détaille Romain Tixier. La page de réclame permet de recenser le nombre de spectateurs du match. Plus celui-ci est élevé, plus les retombées économiques le seront en retour. Problème: «La concurrence est à portée de clic! L'audience chute très vite», déplore Romain Tixier. L'attrait de cette pause commerciale connaît une autre limite. Les amateurs de jeux vidéo savent en effet très bien se servir d'un bloqueur de pubs et ne s'en privent pas. Impossible donc de se contenter de la publicité pour améliorer l'ordinaire.

De généreux donateurs

Pour franchir cet écueil, les joueurs peuvent en revanche tabler sur leur popularité. Sur la plateforme Twitch, moyennant 4,99 dollars par mois, les amateurs peuvent s'abonner à la chaîne de streaming de leurs idoles. Mais Romain Tixier s'attarde sur une autre option: «Il y a surtout énormément de dons. Pour certains des streamers les plus prolifiques, le don est la principale source de revenus. Une légende urbaine affirme qu'un joueur aurait touché 35.000 euros en un mois grâce au don

Pour verser une somme à un joueur, rien de plus simple. En pianotant rapidement sur son clavier pendant que la partie se déroule, l'internaute peut faire le versement de son choix, via son compte PayPal qui lui permet d'effectuer sa transaction dans les plus brefs délais et sans ressaisir ses coordonnées bancaires. Selon Romain Tixier, cette générosité en dit long sur le lien entre le e-sportif et son public: «Faire un don, c'est à la fois une marque de solidarité et le signe qu'on accepte de payer pour un service, un divertissement. Ça montre à quel point les spectateurs de jeux vidéo sont engagés

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