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Sur internet et dans les médias: l'inexorable épuisement de Nuit Debout

Bruno Cravo, mis à jour le 17.06.2016 à 16 h 39

Après des pics atteints autour de la mi-avril, où il a vampirisé les recherches et l'actualité, le mouvement s'essouffle. Pour mieux essaimer ailleurs?

 Des membres de Nuit Debout sur la place de la République le 27 avril 2016 | Thomas Bresson via Flickr CC License by

Des membres de Nuit Debout sur la place de la République le 27 avril 2016 | Thomas Bresson via Flickr CC License by

Le ballon de baudruche se dégonfle lentement mais surement. Nuit Debout, ce mouvement emblématique contre la Loi Travail de la ministre Myriam El Khomri et les institutions politiques lancé à Paris le 31 mars dernier n'attire plus les curieux ni sur la place où les derniers regroupements ponctuels sont au mieux sporadiques ni sur internet comme le montre le graphique de Google Trends. De même les médias y consacrent moins d'articles avec le temps.

Les obédiences liées au mouvement Nuit Debout du 18 mars au 17 juin 2016


L'action citoyenne organisée dans plusieurs villes de France et en particulier sur la place de la République parisienne a pourtant culminée tout en haut des charts du moteur de recherche Google, notamment le 10 avril (coefficient 96), au cours de son deuxième week-end d'existence, puis le 17 avril (coefficient 100, le maximum envisageable). Cette dernière date s'explique notamment par la venue de l'ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis le 16 avril en même temps que le philosophe et académicien français Alain Finkielkraut, expulsé du rassemblement à République dans la soirée.



Depuis cette date, l'intérêt des internautes pour Nuit Debout décroit avec tout de même quelques sursauts comme le 23 avril (coefficient 53) et surtout le 29 (coefficient 49) du même mois où la place de la République connaît une évacuation musclée des forces de l'ordre. Le week-end du 15 mai (coefficient 30) marque véritablement le basculement dans la marginalité des obédiences sur le moteur de Google. Noyé par les intempéries et les inquiétudes autour de la crue de la Seine pendant la semaine du 30 mai 2016. Au 15 juin 2016, le coefficient de recherche lié à Nuit Debout coince à 4.

Même schéma chez les médias

Dès le début du mouvement, on trouve plus d'un demi-millier d'articles par jour sur Nuit Debout par l'intermédiaire de Google Actualités. La thématique atteint même un pic pendant la semaine du 11 avril en fleurtant avec les 1.000 articles consacrés au sujet chaque jour. Puis c'est la perte de vitesse. Si la semaine du 25 avril avoisine les 500 publications quotidiennes, celle du 2 mai, dominée par des mouvements de grève plus généralisés, avale Nuit Debout qui rassemble entre 150 et 200 articles par jour jusqu'à la semaine du 23 mai.

À partir de cette date, la pénurie de carburant dans l'Hexagone domine les débats, tout comme la crue de la Seine quelques jours plus tard. On ne trouve alors guère plus d'une dizaine d'articles accordés à l'action citoyenne débutée deux mois plus tôt. Une tendance que l'on retrouve jusqu'à la semaine du 13 juin. Prouvant une nouvelle fois que sur internet, chez les internautes ou dans les rédactions, Nuit Debout s'est essouflé. Peu à peu depuis la fin avril, ce sont les manifestations et le bras de fer opposant le gouvernement et la CGT qui ont été suivis avec davantage d'intérêt. Reste à voir maintenant si, comme pour ce qui s'est passé avec les Indignés en Espagne, le mouvement peut essaimer ailleurs ou sous d'autres formes d'actions.

 

Bruno Cravo
Bruno Cravo (41 articles)
Journaliste
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