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Le FBI contredit Donald Trump: les musulmans aident bien à signaler les menaces terroristes

Temps de lecture : 2 min

Après la fusillade d'Orlando, le candidat républicain avait accusé les musulmans américains de ne pas coopérer avec les autorités.

MANDEL NGAN / AFP
MANDEL NGAN / AFP

Quelques jours après la fusillade qui a fait quarante-neuf morts dans une boîte de nuit gay d'Orlando, le candidat républicain Donald Trump a accusé les musulmans américains de ne pas prévenir la police lorsqu'ils savent que quelqu'un va peut-être passer à l'acte.

Dans une interview sur CNN, Trump avait dit à propos du tueur d'Orlando:

«Les gens qui le connaissent, son ex-femme, d'autres gens. Ils ne signalent pas. Pour une raison que j'ignore, la communauté musulmane ne signale pas les gens comme ça.»

Un jour après, des responsables du FBI ont dit que Trump se trompait. Interrogé par Reuters, le directeur du FBI, James Comey, a déclaré:

«Ils ne veulent pas que des gens commettent des actes de violence, aussi bien dans leur communauté qu'au nom de leur foi, et donc certains de nos contacts les plus productifs sont avec des gens musulmans qui voient des choses et nous disent des choses... C'est au cœur de l'efficacité du FBI d'avoir de bonnes relations avec ces gens.»

Quant au chef du contre-terrorisme pour la police de Los Angeles, Michael Downing, il a dit que la coopération avec les résidents musulmans était fructueuse:

«J'ai personnellement été contacté par des membres de la communauté sur plusieurs sujets, des choses très importantes. Ce que l'on dit, c'est qu'on ne veut pas cibler des membres d'une communauté, on veut cibler des comportements.»

Comme le rappelait un article de The Nation en décembre dernier, la communauté musulmane américaine est particulièrement bien intégrée, prospère et éduquée, et souhaite pleinement faire partie de la société américaine.

Dialoguer ou isoler?

Selon une étude de Duke University, la police américaine a fait des progrès dans ses rapports avec les communautés musulmanes. Il reste malgré tout des éléments de tension: certains musulmans hésitent à signaler leurs inquiétudes dans la mesure où ils savent que des agents infiltrés du FBI peuvent ensuite encourager quelqu'un à préparer une attaque, ce qui leur permet de procéder à des arrestations.

Dans son discours après la fusillade d'Orlando, la candidate démocrate Hillary Clinton avait souligné l'importance de travailler sur ces questions en partenariat avec les musulmans américains.

«Nous devrions intensifier les contacts dans ces communautés, pas en faire des bouc-émissaires ou les isoler.»

De son côté, Trump a répété qu'il allait interdire tous les musulmans d'entrer sur le territoire américain. Dans un discours dans le New Hampshire, le milliardaire a même dit que le tueur, Omar Mateen, était né en Afghanistan, alors qu'il est en fait né à New York de parents afghans...

Slate.fr

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