Monde

Meurtre de Jo Cox: en 2003, une campagne référendaire avait déjà été ensanglantée en Suède

Cyril Simon, mis à jour le 16.06.2016 à 19 h 47

Ce jeudi 16 juin, une députée travailliste favorable au maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne a été assassinée dans les rues de sa circonscription, dans le Yorkshire.

Anna Lindh était ministre des Affaires étrangères suédoises en 2002. A sa gauche, Jacques Chirac. PATRICK KOVARIK / AFP.

Anna Lindh était ministre des Affaires étrangères suédoises en 2002. A sa gauche, Jacques Chirac. PATRICK KOVARIK / AFP.

À une semaine du vote sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, la députée travailliste Jo Cox a été assassinée, ce jeudi 16 juin 2016, dans les rues de Birstall, près de Leeds, dans le nord de l’Angleterre. L’élue de la circonscription de Batley et Spen (West Yorkshire) a reçu des balles et plusieurs coups de couteau alors qu'elle devait s'adresser aux habitants de sa circonscription devant une bibliothèque.

Le camp du «Remain», auquel elle appartenait, mené par le Premier ministre David Cameron et le chef du parti travailliste Jérémy Corbyn, a décidé dans la foulée de suspendre sa campagne, de même que le camp du «Brexit». Une décision commune saluée par le chef du gouvernement.

L’agresseur, âgé de 52 ans, a été arrêté à proximité en possession d’un long couteau, selon The Telegraph. La police n’a pas confirmé les informations de la chaîne Sky News selon laquelle il aurait crié «Britain first», autrement dit «la Grande-Bretagne d'abord», au moment de l’agression. La mère de deux enfants n’est pas la seule victime. Un homme d’une cinquantaine d’année a été légèrement blessé.

Ce drame survenant en plein milieu d'une campagne référendaire serrée et animée rappelle l’assassinat, le 10 septembre 2003 à Stockholm, de la ministre des Affaires étrangères suédoise Anna Lindh. Cette dernière avait été poignardée dans un grand magasin par Mijailo Mijailović, un homme souffrant de troubles psychiatriques, condamné un an plus tard à la prison à vie. Ce meurtre avait eu lieu quatre jours avant un référendum sur l’adhésion du pays à l'euro, qui s'était soldé par une victoire du «non» par 55,9% des voix. Anna Lindh était, comme la Britannique Jo Cox, l'une des plus ferventes partisanes de l'intégration à l'Union européenne. Elle s'était aussi prononcée contre l'intervention américaine en Irak.

«La Suède a son 11-Septembre, écrivait alors le correspondant belge du Soir. L'assassinat de sa ministre des Affaires étrangères est un coup de poignard porté à la démocratie suédoise, démocratie exemplaire fondée sur deux valeurs cardinales: la proximité entre élus et citoyens et la tolérance dans le débat d'idées

Des agressions du même type se sont déjà déroulées en Grande-Bretagne. En 2010, raconte le Huffington Post anglais, le député travailliste Stephen Timms avait été poignardé à deux reprises dans l'estomac dans l'est de Londres. En 2000, d'après L'Express, un assistant parlementaire était poignardé à mort avec un sabre japonais alors qu'il tentait de défendre un député visé par un assaillant.

En France, peu avant l'élection présidentielle de 2002, une tuerie avait frappé le conseil municipal de Nanterre, coûtant la vie à huit élus. Plusieurs élus, dont Jacques Chirac, alors président de la République, Bertrand Delanoë, à l'époque maire de Paris, ou Philippe Douste-Blazy, à l'époque ministre de la Culture, ont aussi été l'objet de tentatives d'assassinat ces vingt dernières années. L'Europe, en dehors de l'assassinat d'Anna Lindh, avait également assisté, en 2002, à celui du leader populiste néerlandais Pim Fortuyn, tué par un écologiste radical neuf jours avant les élections générales.

Cyril Simon
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Journaliste
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