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La tuerie d’Orlando n’est pas «la fusillade la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis»

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 15.06.2016 à 15 h 34

Repéré sur The Wall Street Journal

L’auteur de l’attentat d’Orlando s’est réclamé de Daech mais son acte s’inscrit dans une longue tradition de violence à l’américaine.

Une pancarte déposée sur le mémorial consacrée aux victimes de la tuerie d’Orlando, en Floride | JOE RAEDEL/AFP

Une pancarte déposée sur le mémorial consacrée aux victimes de la tuerie d’Orlando, en Floride | JOE RAEDEL/AFP

L’attentat homophobe, survenu dans une boîte de nuit LGBT d’Orlando le 12 juin, est une indéniable tragédie. Mais cette horrible fusillade qui a tué quarante-neuf personnes et blessé cinquante-trois autres n’est pas la «plus meurtrière des fusillades de l’histoire des États-Unis» –contrairement à ce que de nombreux médias ont affirmé après l’attaque–, selon une contributrice du Wall Street Journal, professeure de droit et d’histoire à l’université de Californie du Sud.

«L’appeler ainsi, c’est oublier les cent dernières années d’histoire des États-Unis de violence de masse nourrie par la haine raciale et l’homophobie», rappelle Ariella Gross, l’auteure de l’article publié sur le blog Think Tank du Wall Street Journal.

Histoire violente

Si l’histoire violente du pays prend racine pendant l’ère coloniale, le début du XXe siècle a aussi connu ses tueries de masse.

À commencer par celle de l’East St. Louis, dans l’Illinois, en juillet 1917. La manifestation ouvertement raciste de milliers d’hommes blancs dans la ville tourne au lynchage et à la fusillade. Faute d’évaluation précise à l’époque, on estime aujourd’hui qu’une centaine d’Afro-Américains sont morts pendant la sanglante nuit du 2 juillet 1917. 

Ariella Gross cite également le massacre de Tulsa, en Oklahoma, en juin 1921. Là encore, les estimations manquent de précision: 55 à 300 Afro-Américains sont tués en l’espace de seize heures. Officiellement, le massacre raciste du même acabit à Rosewood en 1923 a fait huit morts mais certains rapports font état de 150 décès. Enfin, Ariella Gross cite les trente-deux personnes mortes dans l’explosion criminelle du UpStairs Lounge en 1973, un bar gay de La Nouvelle-Orléans.

Longue tradition

«C’est important de situer la fusillade d’Orlando dans un contexte historique, non pas pour minimiser la terreur instillée par un individu perturbé et fanatique qui a facilement eu accès à des armes de guerre mais pour reconnaître que la culture des armes aux États-Unis va de pair avec les crimes de haine depuis longtemps», argumente Ariella Gross.

Selon l’historienne, Omar Mateen a beau s’être réclamé de l’État islamique, l’attentat d’Orlando s’inscrit dans une longue tradition de violence et de haine à l’américaine. Elle conclut:

«Résumer Omar Mateen à son identité de “terroriste islamique”, c’est oublier qu’il était aussi américain.»

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