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Comment les «likes» influencent le comportement des adolescents

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 15.06.2016 à 11 h 31

Repéré sur The Economist, The New York Times

Une étude très intéressante s’est penchée sur l’influence des fameux boutons d’approbation.

Un like Facebook.

Un like Facebook.

Il existe forcément des moments dans votre vie, surtout à l’adolescence, où vous avez agi en fonction de l’influence que vos amis ont eue sur vous. Un cours que l’on sèche pour suivre ses petits camarades, un saut dangereux que l’on fait dans un lac pour répondre à un «tu le feras pas»… Toutes ces situations ont désormais pris un nouveau visage avec les réseaux sociaux, les commentaires et les likes Facebook et Instagram en premier lieu.

Lauren Sharman, professeur de psychologie à l’université de Californie, a mené une étude avec son équipe sur le sujet, un domaine finalement peu exploré. The Economist explique qu’elle a tenté de comprendre «comment le bouton Like affecte le cerveau des adolescents grâce à des scanners corporels».

Elle a demandé à 32 adolescents (14 garçons et 18 filles) qui possèdent des comptes Instagram de lui fournir des photos pour un réseau social construit par son équipe. Elle a ensuite analysé le comportement de leur cerveau grâce à une imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle pendant qu’ils regardaient les photos venant de chacun d’entre eux. Certaines images étaient neutres, d’autres montraient des patients en train de boire, de fumer ou de consommer de la drogue. L’équipe avait en amont attribué un certain nombre de «likes» à ces images, allant de 0 à 45, pour simuler l’approbation de leurs «contacts» sur l’application.

«Comme s’y attendait le docteur Sherman, les participants étaient plus à même de “liker” des photos qui avaient déjà un grand nombre de likes plus que les photos décrites comme en ayant moins», écrit The Economist.

Plus on voit de likes, plus on a envie de liker, et donc d'approuver

Sur le blog Well du New York Times, la journaliste a relevé les résultats des scanners. «Quand les jeunes regardaient des images qui avaient beaucoup de vues, écrit-elle, il y avait une plus grande activité dans les régions neuronales du cerveau impliquées dans le processus de récompense, la cognition sociale, l’imitation et l’attention.» En gros, l’influence sociale exercée par le like influence notre propre approbation. «La conformité fait partie de l’adolescence, et c’est assez normal, a expliqué Lauren Sherman à la journaliste. C’est comme ça que les adolescents apprennent les règles sur la façon de communiquer et de développer des relations.»

Ce qui est plus inquiétant, c’est que ce schéma se répète aussi pour les comportements dits à risques. L’influence du like se retrouvent aussi devant des images montrant des jeunes en train de fumer de la marijuana ou des cigarettes. Dans ces cas-là, la partie du cerveau qui nous dit d’être prudent est moins active.

Pour Kate Mills, spécialiste du développement cognitif de l’université d’Oregon, «la pression des pairs a une mauvaise image quand cela influence dans le mauvais sens. Ce qui est formidable dans le circuit de récompense [du cerveau], c’est qu’il n’est pas juste impliqué dans les choses que l’on considère comme étant plaisante d’un point de vue hédoniste. C’est un circuit qui est aussi impliqué dans l’apprentissage de l’environnement qui nous entoure.»

Les likes ont donc bien un rôle à jouer dans le comportement des jeunes pour déterminer ce qui est cool ou non, et il est très important de les étudier pour prévenir au mieux les risques qui en découlent.

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