LGBTQ / Monde

Les parents d'un couple gay tué à Orlando honoreront leur amour par des obsèques communes

Temps de lecture : 2 min

Après la tragédie, se pose la question de l'attitude des familles vis-à-vis de l'homosexualité de leurs proches.

SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

À la suite de la fusillade dans une boîte gay d’Orlando le 12 juin, le journaliste Dave Cullen décrivait dans Vanity Fair la façon particulière dont cette tragédie affectait les victimes LGBT:

«Combien de victimes ce week-end ont dû révéler leur orientation sexuelle à leur famille sur leurs lits d’hôpital? Combien d’entre eux ont prié pour que leur mère, ou leur père, vienne les voir?»

Le petit ami d’Edward Sotomayor Jr., qui est mort assassiné au Pulse, a survécu car il était allé déposer quelque chose dans la voiture. Il a ensuite expliqué au New York Times que ses parents mexicains ne savaient pas qu’il était homosexuel et qu’il ne pouvait pas leur dire qu’il avait perdu un être cher:

«C’est une double catastrophe. Tu es confronté à une perte horrible, mais tu ne peux pas partager ta douleur.»

La famille d’un des couples décédés dans la tuerie, Christopher «Drew» Leinonen et Juan Ramon Guerrero, avait accepté leur union. Guerrero, qui avait 22 ans, avait fait son coming-out à sa famille en 2015. Afin d’honorer leur amour, leurs parents ont annoncé qu’ils organiseraient des obsèques communes pour eux:

«Je crois que c’est que ce que mon fils aurait voulu, a expliqué Juan Guerrero à Time. Voilà pourquoi. Je me fiche de ce que les gens pensent. Je m’en fiche.»

Juan Ramon Guerrero (à gauche) et Drew Leinonen, qui étaient ensemple depuis deux ans.

Le geste est particulièrement fort étant donné l’histoire douloureuse de la réaction des familles dans ce genre de situation: en 1973, après l’incendie criminel d’un bar gay de La Nouvelle-Orléans, l’UpStairs Lounge, certains proches avaient refusé de reconnaître les corps de leurs fils, qui avaient donc été enterrés dans la fosse commune.

Comme l’explique la journaliste Lizette Alvarez dans le New York Times, les familles des victimes, à grande majorité latino, étaient pour la plupart présentes et soutenaient leurs proches gays. Cette situation n’était pas évidente étant donné que la communauté latino, marquée par une forte tradition catholique, n’est pas toujours très ouverte en matière d’homosexualité.

Interviewé par le New York Times, un ami d’une des victimes résumait ainsi l’atmosphère à l’hôpital à Orlando:

«Ce qui m’a frappé, c’est que la grande majorité de la famille et des amis présents n’étaient pas gay. Il n’y avait pas beaucoup de gays qui soutenaient d’autres gays. Il y avait des familles qui s’en fichaient que leur proche soit gay ou ait fréquenté une boîte gay. Ils aimaient leur fils, leur ami. C’est un phénomène qui est arrivé dans les six, sept, huit dernières années: cette acceptation publique de la communauté gay.»

Slate.fr

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