Sports

Frontière déplacée, Manneken-Pis et étudiants en maillot: la folie de l’Euro 2016 en Belgique

Temps de lecture : 4 min

Huit histoires qui symbolisent l'engouement du pays pour les Diables Rouges.

Des supporters belges en tribune lors de Italie-Belgique. EMMANUEL DUNAND / AFP.
Des supporters belges en tribune lors de Italie-Belgique. EMMANUEL DUNAND / AFP.

Saint-Denis, 15 novembre 2011. La France affronte la Belgique au Stade de France en match amical. Dans le froid de l’hiver francilien, les Diables n’arrivent pas à battre les Français sur le terrain (0-0). Dans les tribunes, pourtant, les supporters des Bleus se font manger par les fans rouges. Comme on peut voir si cette vidéo du Petit Journal de l’époque, il n’y avait déjà pas photo entre les supporters français moribonds et les Belges, il est vrai, transportés pour certains par le houblon.


Près de cinq ans plus tard, la vague autour des Diables ne s’est toujours pas résorbée, loin de là. Elle s’est même transformée en véritable tsunami, dont il reste désormais à voir si la défaite initiale face à l’Italie (0-2) va le faire redescendre. La preuve avec ces histoires qui montrent plus que jamais que cette année les Belges sont chauds comme la braise.

10.000 billets en plus pour les Belges

En prévision d’une très forte demande de la part des Belges pour l’Euro, la fédération belge de football avait organisé, avec le club des supporters des Diables, un système de points pour récompenser ses supporters les plus fidèles. En clair, les fans qui assistaient aux matchs de la sélection, aux matchs des Espoirs et à ceux de l’équipe féminine accumulaient des points qui devaient leur permettre d’obtenir plus facilement des tickets. Sauf que l’UEFA n’a pas tenu compte de cette liste au moment d’attribuer les billets et que de nombreux aficionados se sont retrouvés sans ticket.

Après moult négociations, la fédération belge a finalement réussi à obtenir 10.000 places supplémentaires pour ses fidèles mais au prix fort. Un problème qui a également touché les fans de l’Irlande du Nord et les Gallois. Pas les publics les plus froids.

Les policiers et leurs «chaussettes de rétros»

Durant la Coupe du monde 2014, la mode des chaussettes ou housses de rétroviseurs aux couleurs de la Belgique avait fait un carton dans tout le pays.

Qu’on trouve ça hype ou «baraki» (expression belge qu’on peut traduire par beauf), force est de constater que la housse est une nouvelle fois de sortie. Même la police s’y met, à en croire cette photo repérée par le quotidien Het Nieuwsblad d’un véhicule de police bruxellois «armé» de deux capotes à l’effigie du pays... Bon le problème, c’est qu’elles ne sont pas enfilées de façon réglementaire (selon les règles données par la police elle-même) puisqu’elles obstruent une partie de la vue dans le rétro.

Un barman hollandais déplace la frontière belge

Certains supporters sont prêts à déplacer des montagnes pour leur équipe de coeur. Un barman néerlandais, dont l’équipe nationale ne s’est pas qualifiée pour l’Euro, a été jusqu’à déplacer symboliquement la frontière belgo-néerlandaise pour que son bar devienne belge...

Coen Smits, le gérant du café De Pepel à Maastricht, et ses habitués ont eu l’idée de bouger de 300 mètres les poteaux indiquant la frontière belgo-néerlandaise. Une initiative avalisée par le maire d’une ville belge frontalière, qui a inauguré la frontière fictive avec le sourire.

Un juré remplacé à cause d’Italie-Belgique

On est d’accord, être juré d’assise, ce n’est pas une partie de plaisir. Un supporter belge devait juger un homme accusé de meurtre, sauf que le procès en question a été décalé d’une semaine car l’accusé avait été tabassé lors d’une promenade et donc blessé. Cette suspension n’a pas fait les affaires du passionné belge, qui avait acheté sa place pour le match du 13 juin contre Italie à Lyon. Pour lui, hors de question de rater l’ouverture des Diables à l’Euro. Selon La Libre Belgique, il a donc été remplacé par le premier juré suppléant...

Le Manneken-Pis en douzième homme

Symbole de la ville bruxelloise, le Mannekens-Pis est souvent nu comme un ver mais le bonhomme haut comme trois pommes enfile aussi régulièrement une tenue pour les grandes occasions, du costume de Père Noël à celui de Coluche en passant par Jules César.

Cette fois-ci, le «gamin qui pisse» a enfilé le costume des Diables rouges pour soutenir les joueurs de Marc Wilmots. Une tunique (maillot-short-chaussettes-crampons) offerte par le club officiel des supporters des Diables à la ville de Bruxelles lors du Mondial brésilien.


Les étudiants en maillot pendant leurs examens

En France, c’est la période des examens pour certains. En Belgique aussi. Au sein de l’université néerlandophone Erasmushogeschool de Bruxelles, des étudiants ont choisi de tuer le stress en apportant un peu de couleur dans leur salle d’examen. Maillot, maquillage, chapeau, cornes... Toute la panoplie est de sortie. Et même la prof a pris le soin d’enfiler une écharpe.

Le clip d’une maison de retraite et de papa Kompany

L’association belge A travers les Arts! développe différentes initiatives pour éviter que les personnes âgées ne soient trop isolées en maison de retraite via la peinture, le théâtre ou encore la musique. Pour l’Euro, les jeunes d’une maison de quartier ont réalisé un clip avec leurs aînés autour du football, en présence de Pierre Kompany, député centriste bruxellois et père de Vincent, capitaine habituel des Diables et de Manchester City.


Des plâtres «noir-jaune-rouge»

A l’hôpital de Diest, dans le Brabant flamand, on supporte aussi les Diables comme on peut. Selon un reportage de la VRT, le docteur Miek Vancleef a commandé des bandelettes aux couleurs du pays pour orner le plâtre de ses malheureux patients qui se sont cassés un pied, une jambe ou un poignet. Une initiative qui fait, on l’imagine, plaisir aux enfants. C’est aussi le cas des plus grands comme Filip Godelaine qui s’est justement blessé en jouant au foot et qui relativise: «C’est une manière originale de supporter les Diables rouges.»

Newsletters

En Argentine, le footing devient un acte politique

En Argentine, le footing devient un acte politique

Dans le contexte de confinement sans fin que traverse Buenos Aires, l'adepte de la course à pied est peut-être devenu·e un·e opposant·e à la politique du gouvernement central.

Stimuler le cerveau permettrait de doper les performances sportives

Stimuler le cerveau permettrait de doper les performances sportives

C'est ce que promet le «neuropriming», une technique visant à améliorer la phase d'apprentissage et la récupération.

Des courses à pied virtuelles pour s'entraîner même sans marathon

Des courses à pied virtuelles pour s'entraîner même sans marathon

Les adeptes du running utilisent la technologie pour rester connecté·es et concourir malgré l'interdiction des grands rassemblements.

Newsletters