Sports

L'UEFA explique pourquoi il n'y aura pas de minute de silence à l'Euro pour Orlando

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 13.06.2016 à 16 h 47

Le monde du sport américain s'est mobilisé après l'attaque qui a fait 50 morts dans un club gay dans la nuit de samedi à dimanche.

Les joueurs du Brésil avant leur match de Copa America contre le Pérou, dimanche 12 juin. Timothy A. CLARY / AFP.

Les joueurs du Brésil avant leur match de Copa America contre le Pérou, dimanche 12 juin. Timothy A. CLARY / AFP.

Le monde du sport américain se mobilise après la tuerie, endossée par l'organisation terroriste Etat islamique, qui a fait 50 morts et 53 blessés dans un bar gay d'Orlando (Floride) dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juin. Lors des deux matches de la Copa America organisés dimanche soir, Brésil-Pérou et Equateur-Haïti, une minute de silence a été observée avant le coup d'envoi. La compétition est cette année organisée par les États-Unis et plusieurs matchs du premier tour ont eu lieu à Orlando.

Selon l'Associated Press, des minutes de silence ont également été observées dans des stades de base-ball, des salles de hockey sur glace ou sur des circuits de Nascar. Une minute de silence sera aussi organisée lundi avant le cinquième match de la finale NBA entre les Golden State Warriors et les Cleveland Cavaliers. Plusieurs stars du sport américain ont rendu hommage aux victimes, comme l'ancien basketteur Shaquille O'Neal, qui avait commencé sa carrière aux Orlando Magic.

En revanche, il n'y aura pas de minute de silence lors des trois matchs de l'Euro 2016 organisés ce lundi, Espagne-République tchèque à Toulouse, Suède-Irlande à Saint-Denis et Italie-Belgique à Décines-Charpieu. Contactée par Slate.fr, l'UEFA explique qu'«en règle générale, dans les compétitions de l'UEFA, des hommages (minute de silence, brassards noirs) sont rendus aux victimes d’événements tragiques qui sont soit liés au football directement, soit à l'une des équipes participantes ou au pays organisateur» et note que l'institution a également, par le passé, «rendu hommage lors de matches de l'UEFA suite à des événements tragiques de grande ampleur ayant conduit à la mort de milliers de personnes, comme des catastrophes naturelles par exemple». C'était le cas le 11 septembre 2001, lors duquel des minutes de silence avait été organisées le jour même, à Nantes par exemple.

«Il y a malheureusement des événements tragiques qui se déroulent presque quotidiennement partout dans le monde, et il serait tout simplement irréaliste de rendre hommage à toutes les victimes. Nous condamnons fermement toute sorte de violence, y compris les attaques d’Orlando, et nous exprimons notre profonde sympathie aux victimes de cette horrible tragédie et à leurs familles», ajoute l'UEFA.

S'il est difficile de donner tort à l'UEFA sur les tragédies qui se déroulent quotidiennement dans le monde (en Syrie, au moins 20 personnes ont ainsi été tuées ce week-end dans un raid sur un marché d'Idlib), une telle minute de silence aurait eu un poids symbolique important –du moins, si elle avait été respectée, ce qui est hélas loin d'être toujours le cas– concernant un sport régulièrement épinglé pour des comportements homophobes. L'UEFA a d'ailleurs communiqué à plusieurs reprises sur son engagement en la matière.

En novembre dernier, des minutes de silence avaient été observées dans le monde entier lors d'événements sportifs après les attaques qui avaient fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Les joueurs participant aux compétitions organisées par l'UEFA portaient des brassards noirs et des minutes de silence avaient été observées. À Boston, une minute de silence avait été respectée avant un match de hockey de l'équipe locale et la Marseillaise avait retenti. À Kansas City, une minute de silence avait été observée avant un match de football américain contre les Denver Broncos, de même qu'au Masters de tennis de Londres. Au Grand Prix de F1 du Brésil, les pilotes avaient défilé sur une camionnette aux couleurs de la France.

 

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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