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Stressez un bon coup, vos neurones vous diront merci

Repéré par Cyril Simon, mis à jour le 13.06.2016 à 13 h 33

Repéré sur Quartz

À quelques jours du lancement des épreuves du baccalauréat, cette information ne peut pas faire de mal. Le stress, c’est bon pour la santé. Il suffit simplement de le consommer avec modération.

 Tout est une question de dosage. | Geralt via Pixabay CC License by

Tout est une question de dosage. | Geralt via Pixabay CC License by

Les plus alarmistes diront que le stress intervient plus ou moins fortement parmi les six principales causes de décès. Et ils n’auront pas forcément tort. Néanmoins, la perspective d’une existence sans anxiété, sans shoots de panique, n’est pas beaucoup plus réjouissante. Comme souvent, tout est question de dosage, rapporte Quartz.

«Tant que ce n'est pas trop stressant, nous pouvons rendre notre machine cérébrale plus forte, développe le spécialiste des neurosciences cognitives, Ian Robertson, professeur au Trinity College de Dublin. Si nous avons une machine cérébrale plus forte, alors nous allons être plus heureux , nous serons moins anxieux, moins déprimés et nous allons être plus intelligent».

Un stress modéré ne ferait donc que booster vos méninges. Le cerveau sécrète dans ces moments précis une substance spéciale, la noradrénaline, aussi appelée norépinéphrine. Si celle-ci est libérée à une certaine dose, ni trop faible, ni trop abondante, votre cerveau atteint sa capacité de fonctionnement optimal. Les connexions neuronales se multiplient, tandis que s’opère une meilleure communication entre les différentes zones du cerveau.

Plus fort qu’un antidépresseur

Ian Robertson, l’auteur de The Stress Test: How Pressure Can Make You Stronger and Sharper, conseille différents exercices pour gérer son stress et en faire une force plutôt qu’un fardeau. Rien n’empêche, selon lui, de «changer la chimie du cerveau tout autant qu’un antidépresseur ou un médicament contre l’anxiété». Cette approche ressemblerait presque à une sorte de «méthode Coué rationnalisée».

Tout se jouerait au niveau de l'état d’esprit. Est-il fixe ou en constant changement? Croire en sa capacité de progresser permet de mieux vivre son stress et d’augmenter sa capacité cérébrale, déclare-t-il, en s’appuyant sur les études de Carol Dweck. Selon elle, face à un problème délicat, il n’existe que deux solutions. La première, se demander si nous sommes assez intelligent pour le résoudre seul. La seconde, se demander pourquoi nous ne l’avons pas encore résolu. Nuance.

En résumé, le plus dangereux serait de se persuader que sa vulnérabilité face au stress se transmet de générations en générations, qu’il fait partie du passeport génétique. Rien de mieux pour plonger dans la sinistrose et le fatalisme.

Ian Robertson conseille d'assumer son excitation avant de monter sur scène pour un karaoké ou une conférence. Les bénéfices de cette bascule mentale sont considérables, selon certaines études. Et cela quitte à se mentir, et feindre l’épanouissement: «Si vous adoptez un comportement extérieur de confiance et de positivité, vous pouvez tromper votre cerveau en créant les corrélations mentales de cette fausse posture».

Il est même un âge où la stratégie d’évitement du stress peut s'avérer dommageable: l’adolescence. Se frotter au stress fait grandir et participe à sa construction en tant qu'être résilient.

«Je pense que l’ultime message est positif, observe Daniela Kaufer, professeur associée de biologie intégrative à l’université de Berkeley (Californie), pour le site du campus. Le stress peut être quelque chose qui vous rend meilleur. Tout dépend de la quantité, de la durée et de la manière dont vous l’interprétez et le percevez.»

Un schéma réalisé par Daniela Kaufer de l'université de Berkeley (Californie)
Si cette conclusion n’intéresse pas les futurs bacheliers, peut-être plaira-t-elle aux footballeurs de l’Euro 2016. Sans nul doute, certains paniquent déjà à l’idée de devoir participer ces prochaines semaines à une séance de tirs au but, le tout scrutés par des millions de compatriotes priant devant leur écran de télévision.

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