Les talibans perméables à la pop-culture

1) Harry Potter
2) Le Don Quichote de Cervantes
3) Les Rêves de mon père, l'ouvrage autobiographique de Barack Obama
Le Times, citant un autre journaliste: «[Les prisonniers en question] savent-ils que Miguel Cervantes combattit lors de la seconde bataille de Lepanto en 1571, bataille lors de laquelle les Croisés l'emportèrent sur l'Empire Ottoman?»
H Candace Gorman, avocat, écrivit en 2007, dans le magazine In these Times un article racontant comment lors d'un entretien avec un futur client de Guantanamo, leur conversation porta longuement sur les différents volumes de Harry Potter, livre préféré du client en question. Celui-ci établissait un parallèle entre George W. Bush et le personnage de J.K. Rowling incarnant le mal, Voldemort. Guantánamo même pouvait être comparé à Azkaban, la prison glaciale gardée par ces personnages sans âme, qui aspirent la vôtre: les «détraqueurs».
La culture occidentale ne pénètre pas qu'à travers les barreaux de Guantanamo: les talibans écoutent par exemple les Beatles.
David Rhode raconte depuis dimanche dans cinq articles publiés successivement par le New York Times son kidnapping par les talibans, et ses mois de captivité. Il explique les habitudes de ses geôliers, les relations qu'il entretenait avec eux. Et comment dans certains moments d'intimité, après avoir chanté des chants talibans («Vous avez des bombes atomiques, mais nous avons des bombes humaines»), les chansons américaines primaient parfois:
Certaines nuits, à la demande de mes gardes, je passais à des tubes américains. D'une voix haletante qui sonnait faux, je chantais la version de «New York, New York» par Sinatra et la décrivait comme l'histoire d'un villageois qui essaie de réussir à la ville pour entretenir sa famille. Je chantais «Born to run» de Bruce Springsteen et décrivait le portrait des luttes menées par les Américains moyens.
«Je faisais exprès d'éviter les chansons d'amour américaines, essayant de démentir leur idée selon laquelle tous les Américains sont des hédonistes. Malgré mes efforts, les chansons romantiques —quelle qu'en soit la langue— étaient celles que les geôliers préféraient.
«La chanson des Beatles «She Loves You» qui surgit vite dans mon esprit après que j'eus reçu la lettre de ma femme grâce à la Croix-Rouge, était celle qu'ils préféraient. »
[Lire l'article complet du New York Times]
Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr
Image de une: Toni Verd, Flickr CC/when my guitar gently weepsMis à jour le 21/10/2009 à 23h27




























C'est normal que les détenus de Guantanamo soient plus intéressés par Harry Potter que par le Coran. La plupart ne sont pas des taliban ! Evidemment qu'il y a de vilains méchants dans le tas, mais la majorité de ceux qui sont passés par cette prison étaient avant tout ceux qui couraient le moins vite. Et la majorité de ceux qui restent sont avant tout ceux qui n'ont pas les bons passeports...