Monde

«Maman, je t'aime. Je vais mourir»: les poignants messages d'une victime de la fusillade d'Orlando

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 13.06.2016 à 11 h 33

Repéré sur Slate.com, AP, Cityoforlando.net

L’échange de texto à fait le tour du monde, sans que l’on sache si le jeune homme avait survécu à la fusillade qui a fait 50 morts. Son décès a été confirmé ce matin.

Image extraire d'un reportage de la chaîne FOX 35 WOFL

Image extraire d'un reportage de la chaîne FOX 35 WOFL

Cette nuit-là au Pulse, boîte gay d’Orlando, le chaos a duré plus de trois heures. Vers deux heures du matin, un homme âgé de 29 ans, Omar Mateen, fait irruption dans le club et tire sur les clients. Après les premiers coups de feu, personne ne réagit immédiatement, pensant à des bruitages ajoutés à la musique ou à des pétards. Mais quelques instants plus tard, les personnes venues danser ce soir-là réalisent qu’il s’agit d’une fusillade.

Eddie Jamoldroy Justice, jeune comptable de 30 ans, se retrouve alors coincé dans les toilettes des femmes, situées non loin de l’entrée. Retranché avec d’autres, il va alors essayer d’appeler sa mère, Mina. Cette dernière a raconté à la chaîne Fox 35 WOFL qu’Eddie ne voulait pas croiser le regard de l’homme armé par peur qu’il lui tire dessus. Sa mère lui conseille alors de raccrocher et d’envoyer des textos. Les voici, retranscrits par Slate.com.

«Eddie: "Maman je t’aime" (2:06)

Eddie: "Ils tirent dans le club."

Mina: "Ça va?"

Eddie: "Je suis coincé." (2:07)

Mina: "Quel club"

Eddie: "Pulse. Dans le centre-ville. Appelle la police."

Eddie: "Je vais mourir" (2:08)

Mina: "Je les appelle maintenant."

Mina: "Tu es toujours dedans?"

Mina: "Réponds-moi bon sang"

Mina: "Appelle-les"

Mina: "Appelle-moi."

Eddie: "Appelle-les maman" (2:39)

Eddie: "Maintenant."

Mina: [Est-ce qu’il y a des blessés?]

Eddie: "Beaucoup. Oui." (2:42)

Mina: [Es-tu avec la police?]

Mina: "Envoie-moi un message s’il-te-plaît"

Eddie: "Non" (2:46)

Eddie: ‘"Je suis toujours dans les toilettes. Il nous tient. Il faut qu’ils viennent nous chercher."

Mina: "La police est là dis-moi quand tu les vois" (2:49)

Eddie: "Depêchez-vous" (2:49)

Eddie: "Il est dans les toilettes avec nous" (2:50)

Eddie: "Les toilettes des femmes" (2:50)

Mina: "Est-ce que l’homme est avec vous?"

Eddie: "Il est terrifiant"

Eddie: "Oui" (2:51)

Mina: "Es-tu blessé?"

Mina: "Reste là il n’aime pas les gays" (2:52)

Mina: "Envoie-moi un message s’il te plaît" (2:53)

Mina: "Je t’aime" (2:54)

Mina: "Ne fais rien"

Mina: "Reste par terre"

Mina: "Bébé réponds-moi"»

Mina n’a pas reçu d’autres messages par la suite et doit attendre devant le Pulse, sans savoir ce qui est arrivé à son fils. Elle va alors parler à plusieurs médias et montrer ces messages, en espérant qu’on pourrait l’aider à retrouver Eddie. Un tweet reprenant ces SMS (et affirmant qu’il est décédé sans pouvoir le confirmer), va alors être retweeté des dizaines de milliers de fois sur Twitter et l’histoire d’Eddie et de sa mère Mina va faire le tour du monde.


Mais aucune nouvelle de son fils cette nuit-là. Le même phénomène était survenu lors des attentats du 13 novembre à Paris: face au chaos et au nombre important de victimes, les proches ont dû attendre plusieurs jours avant de savoir ce qui leur était arrivé.

À l’agence Associated Press, Mina a ainsi confié sa panique face à l’incertitude sur Eddie, plus de quinze heures après la fin de la fusillade: «Son nom n’a pas été diffusé et c’est effrayant. C’est juste… C’est juste que j’ai ce sentiment. J’ai un mauvais sentiment.»


Lundi 13 juin au matin, la ville d’Orlando a actualisé la liste des personnes décédées. Au début, sur les cinquante victimes, seuls quatre noms étaient affichés, mais la liste continue de s’allonger, et le nom d’Eddie Jamoldroy Justice est finalement apparu, confirmant le triste drame.

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