LGBTQMonde

Tuerie à Orlando: «Je pensais que c'était des pétards, et j'ai réalisé que quelqu'un était en train de tirer»

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 13.06.2016 à 11 h 33

Repéré sur CNN (via Slate.com), Associated Press, The New York Times

Les premiers témoignages de survivants ont commencé à filtrer après l'attaque qui a fait au moins 50 morts dans un club gay.

À proximité du lieu de la tuerie, le 12 juin 2016. Gregg NEWTON / AFP.

À proximité du lieu de la tuerie, le 12 juin 2016. Gregg NEWTON / AFP.

«Que tout le monde sorte du Pulse et se mette à courir.» Dimanche 12 juin, à 2h09 du matin heure américaine, la boîte gay d'Orlando Pulse publiait sur Facebook ce message alors qu'un tireur y faisait intrusion et commençait à tirer sur les clients. L'attaque, la plus meurtrière tuerie de masse jamais commise aux États-Unis, a fait 50 morts et 53 blessés selon un bilan provisoire. Plusieurs rescapés ont commencé à en narrer les circonstances dans les médias américains.

Luis Burbano, un client, a longuement témoigné auprès de CNN:

«Le DJ jouait un set classique qui contenait ce que nous pensions être des coups de feu intégrés à la musique. Quatre coups, bop, bop, bop, bop. Mais pour une raison, cela sonnait différemment. Personne n'a compris avant le cinquième et le sixième. C'est au bout de dix à vingt que tout cela est devenu réel. À ce moment-là, nous nous sommes tous effondrés comme des dominos, tous au sol, tous, du moins à cet endroit du club –je ne peux pas dire pour le rez-de-chaussée ou le reste.»

 

Une fois dehors, «j'ai vu ce gamin s'effondrer devant moi. Il s'est écroulé juste à côté du bâtiment. Je lui ai dit: qu'est-ce que tu fais, qu'est-ce que tu fais, debout, mets-toi debout. Je l'ai agrippé, sans réaliser que son avant-bras était fendu en deux. Ensuite, j'ai compris qu'il avait aussi une plaie profonde sur le côté. J'ai vite enlevé ma chemise et je lui ai fait un garrot et je l'ai gardé éveillé en lui demandant qui il était. Il venait de Jacksonville. Il était juste là pour le week-end, à se balader. Il était jeune, dans les vingt ans. Avant que je puisse m'en rendre compte, un autre gars s'est précipité, cherchant un membre de sa famille de tous les côtés, et il avait une balle bien visible, grande comme ça, à moitié dans sa jambe, à moitié en ressortant. J'ai enlevé mon autre haut et je lui ai fait un garrot à lui aussi, très rapidement.»

Ricardo J. Negron, un autre homme qui affirme s'être trouvé dans le club, a posté un message sur la page Facebook de celui-ci:

«J'étais là. Le tireur a ouvert le feu @ environ 2 heures du matin. Les gens sur le dancefloor et au bar se sont couchés au sol et certains d'entre nous qui étions près du bar et de la sortie du fond ont réussi à sortir dehors et ont juste couru.»

Jackie Smith, qui était avec deux amis qui ont été touchés, a raconté l'attaque à l'Associated Press:

«Un type est entré et a commencé à tirer sur tout le monde. Il avait un fusil d'assaut automatique, donc personne n'avait la moindre chance. J'ai juste essayé de sortir de là.»

Christopher Hansen, qui se trouvait au bar pour commander un verre au moment de l'attaque, s'est exprimé sur CNN:

«J’ai juste vu des corps tomber. J’étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j’ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout. Je ne pense pas que quiconque ait compris ce qui se passait avant de voir des gens en sang par terre et des blessés qui criaient. Quand on est dans un bar comme ça, on pense vraiment que c'est de la musique.»

Le DJ du club, Ray Rivera, a témoigné auprès du New York Times:

«Je jouais du reggae –je ne me souviens plus quelle chanson ou artiste, mais c'était du reggae– quand j'ai entendu les coups de feu. J'ai donc diminué le volume pour mieux entendre, car je n'étais pas sûr de ce que je venais juste d'entendre. Je pensais que c'était des pétards, et puis j'ai réalisé que quelqu'un était en train de tirer sur les gens dans la boîte. [...] Depuis la cabine du DJ, tout ce que je pouvais voir, c'était des corps étalés sur le sol.»

Jon Alamo, qui s'est caché dans la cabine avec Ray Rivera avant de pouvoir s'échapper et de venir en aide aux blessés à l'extérieur, a raconté au Guardian ce qu'il a vécu

«Ma première pensée a été: "Mon Dieu, je vais mourir". Je priais Dieu pour pouvoir vivre un jour de plus. J'ai entendu 20, 40, 50 coups de feu. Puis, la musique s'est arrêtée. »

Kenneth Melendez, présente au Pulse avec des amis, a témoigné au Orlando Sentinel

«Au début, quand j’ai entendu les tirs, j’ai cru que c’était la musique, puis on a réalisé que c’était de vrais tirs. J’ai commencé à courir et j’ai vu quelqu’un saigner du bras, je me suis dit que c’était bel et bien [une fusillade qui était] en train de se passer, et j’ai continué à courir.»

Kenneth Melendez était un habitué des lieux. Il disait se rendre dans cette boîte de nuit car, pour lui, il s'agissait d'un «endroit sûr, où vous pouviez être vous-même... Plus maintenant».

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