Parents & enfants / Monde

VIDÉO. Première de sa classe et sans-papier, son discours anti-Trump est devenu viral

Temps de lecture : 2 min

Lors de la cérémonie de remise de diplôme d'un lycée texan, une élève a révélé qu'elle vivait illégalement aux États-Unis.

Le discours de Larissa Martinez, première de sa promotion dans un lycée de Dallas au Texas, se termine par une phrase pleine d'un enthousiasme typiquement américain:

«Ils m'ont dit que je ne pourrais pas y arriver. Mais j'ai réussi.»

Pourtant cette jeune fille brillante, qui vient d'obtenir une bourse pour étudier à Yale, une des meilleures universités du pays, vit illégalement aux États-Unis depuis 2010. Avec sa mère et sa soeur, elles ont quitté le Mexique pour fuir un père violent et alcoolique. Devant ses camarades de classe et ses professeurs, elle a décidé de révéler son statut:

«Je suis un des onze millions de sans-papiers qui vivent dans l'ombre aux États-Unis», a-t-elle déclaré.

Plus tôt dans son discours, Martinez a critiqué la rhétorique de Donald Trump –son projet de mur et son slogan sur la grandeur de l'Amérique– sans le nommer directement:

«L'Amérique peut retrouver sa grandeur sans qu'on construise un mur à cause de la haine et des préjugés.»

Dans la mesure où le candidat républicain a plusieurs fois déclaré qu'il ferait expulser les onze millions de sans-papiers vivant aux États-Unis, le discours de Martinez a beaucoup résonné.

«Au fait, je suis sans-papier»

La vidéo –avec une standing ovation à la fin– est devenue virale, tout comme le tweet de Mayte Lara Ibarra, une autre lycéenne texane qui a aussi décidé de révéler son statut de sans-papier après avoir été diplômée:

«Major de ma promo, moyenne de 4,5 sur 5, bourse pour l'université du Texas, treize médailles, belles jambes, et au fait, je suis sans-papier.»

Depuis, cette dernière a été obligée de désactiver son compte Twitter. En effet, en plus des nombreux messages d'encouragement et de félicitations, elle a reçu des tweets de menace, beaucoup venant de supporters de Trump. Comme celui où un fan du candidat républicain signale le tweet d'Ibarra au compte Twitter de l'agence qui procède aux expulsions d'immigrés illégaux.

«Merci de nous dire ton statut d'immigration @maytelara29. Ça rend les choses beaucoup plus faciles.»

Larissa Martinez a aussi reçu de nombreux messages haineux l'accusant de profiter du système:

«Tu dois rentrer chez toi #LarissaMartinez...Il est temps de mettre l'Amérique d'abord (#AmericaFirst), pas les immigrés illégaux».

Le slogan America First est régulièrement utilisé par Trump dans ses discours.

Comme le souligne le New York Times, un porte-parole de l'université du Texas a expliqué que tous les lycéens qui étaient premiers de leur classe obtenaient des bourses, et que la loi de l'État ne faisait dans ce domaine aucune distinction entre Américains et immigrés sans-papiers.

Slate.fr

Newsletters

Le pire, ce n’est pas cet élève qui braque son enseignante: c’est l’indifférence

Le pire, ce n’est pas cet élève qui braque son enseignante: c’est l’indifférence

Les personnels de l'Éducation nationale hurlent dans l'oreille de ministres sourds aux vrais problèmes.

L’avortement de votre fille ne doit pas être un sujet tabou

L’avortement de votre fille ne doit pas être un sujet tabou

L’avortement n’est qu’un choix reproductif, pas une décision morale honteuse.

Tout ça pour ça

Tout ça pour ça

Ne donne-t-on pas parfois trop de place aux secrets de famille?

Newsletters