Sports

La France favorite de l’Euro, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle

Bruno Cravo et Cyril Simon, mis à jour le 10.06.2016 à 15 h 46

Un grand nombre de bookmakers et de statisticiens donnent la France favorite à la victoire finale de son Euro. Ce sont bien souvent les mêmes qui avaient donné le Brésil gagnant au Mondial 2014.

Des supporters en nombre à l'inauguration de la fan zone près de la Tour Eiffel à Paris le 9 juin 2016 | ALAIN JOCARD / AFP

Des supporters en nombre à l'inauguration de la fan zone près de la Tour Eiffel à Paris le 9 juin 2016 | ALAIN JOCARD / AFP


La France va gagner l’Euro, cela ne fait presque pas de doutes pour les spécialistes du pronostic. Malheureusement pour les Bleus, s'ils veulent soulever le trophée le 10 juillet, c'est sur le terrain qu'il va falloir gagner. Et comme la Coupe du monde 2014, dont le Brésil était le grand favori, l'a prouvé, le pronostic footballistique n'a rien encore d'une science exacte. En attendant le premier match ce vendredi soir, petit tour de stade des oracles (de mauvaises augures?).
 

1.Goldman Sachs
La force du collectif

Selon la banque américaine, l’Équipe de France remportera l'Euro après une victoire 2-1 en finale contre l’Espagne. Pour Goldman Sachs, ce qui compte, c’est le collectif. L'institution compile le nombre de buts marqués ou concédés pour chaque équipe. À cela s’ajoute le facteur domicile et l’utilisation de la méthode Elo, créée à la base pour les échec et très prisée par les bookmakers. La forme individuelle des joueurs n’entre en revanche pas dans les données rassemblées. En 2014, les analyses de GS avaient trouvé le quart de finale de la France mais n’avaient pas pronostiqué le bon vainqueur en privilégiant le Brésil au détriment de l’Allemagne.

 

2.Les bookmakers
C'est du sport!

«Les bookmakers veulent faire de l'argent et, par conséquent, fondent leurs pronostics sur les résultats les plus réalistes. Ils prennent non seulement des données historiques en compte, mais aussi le tirage du tournoi et d’autres facteurs comme les joueurs blessés», déclarait Achim Zeileis à Science Daily le 31 mai 2016. Ce chercheur à l'université d’Innsbruck (Autriche) est l’auteur avec Christoph Leitner et Kurt Hornik d’une étude compilant les prédictions de 19 bookmakers pour l’Euro 2016.

La France arrive une nouvelle fois en tête avec 21.5% de chances de gagner l’Euro devant l’Allemagne (20.1%) et l’Espagne (13.7%). S’il estime que ce système est plutôt fiable, Zeileis ajoute que «nous sommes encore loin d’un système efficace à 100%». Une nouvelle fois, cette méthode avait prédit un sacre du Brésil en 2014 plutôt que de l’Allemagne.
 

3.MicrosoftLe prono des réseaux sociaux

Pour Microsoft, la France sera éliminée de l’Euro en demi-finale face à l’Allemagne. La Mannschaft s’imposerait finalement face à l’Espagne dans le match pour le titre. L’entreprise américaine du milliardaire Bill Gates se base d’abord sur l’historique de chaque équipe (victoires, défaites, marge au cours des victoires, lieux des matches, conditions météo).

Surtout, elle accorde une grande importance aux prévisions des utilisateurs de Bing, son moteur de recherche, et aux pronostics des internautes sur les réseaux sociaux. Au Mondial 2014, ce système a donné le bon résultat de 15 des 16 matches à élimination directe. Une raison d’écouter Jean-Michel pronostic sur Facebook ou Twitter?
 

4.BNP Paribas
Deux critères pour une grosse surprise

Pourquoi s’embêter? BNP Paribas s’est contenté de deux facteurs pour établir son classement. D’un côté, celui de la FIFA, de l’autre, celui de la valeur marchande de chaque sélection (addition des prix de transfert des joueurs). La Belgique pointe ainsi au premier rang. En tête du classement Fifa, et quatrième nation la plus chère, elle devance d’un rien l’Allemagne, et plus largement la France.

Bref, rien de bien pertinent à première vue dans ce classement, la banque le concède aisément. «Comme dans le monde réel, le talent individuel est important mais, finalement, c’est l’équipe qui en fera le meilleur usage qui l’emportera», déclare la banque.

 

5.École Polytechnique de Lausanne
Les performances en club avant tout

Le site créé par les étudiants de l'école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) se concentre sur les performances individuelles de chacun des onze joueurs dans leur club (buts, passes décisives, tacles, temps passé sur le terrain, issue de la rencontre ou encore lieu du match). Ce logiciel d’intelligence artificielle à base de data mining et machine meaning, du nom de Kickoff, permet, pour le moment, d’accéder aux pronostics des premiers matches de poule. Les tests effectués a posteriori sur les résultats de l’Euro 2012 se sont avérés positifs selon l’EPFL.
 

6.UniCredit
Les fruits de la formation

Goldman Sachs n'est pas la seule banque à voir les Bleus de Didier Deschamps sur le toit de l'Europe. La banque italienne UniCredit place aussi la France comme la grande favorite de l'Euro. Ses prévisions n'impliquent pas de critères collectifs comme sa sœur américaine mais accorde une grande place au système de formation des pays engagés. Avec sept demi-finales atteintes chez les moins de 17 ans et les moins de 19 ans sur les huit dernières années, la France est la grande championne sur ce critère.

Bruno Cravo
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