France

Les médias complotent-ils contre Sarkozy?

Slate.fr, mis à jour le 21.10.2009 à 15 h 01

Reuters, Nicolas Sarkozy

Reuters, Nicolas Sarkozy

Les médias voudraient «détruire» Nicolas Sarkozy «par tous les moyens» selon Frédéric Lefebvre. Qu'à cela ne tienne, le chef de l'Etat lance l'offensive. A la fin de l'entretien accordé au Figaro le 15 octobre dernier, Nicolas Sarkozy «s'est livré à son exercice favori: la critique des journalistes,» rapporte Le Point

L'hebdomadaire raconte ainsi: «Notre confrère Charles Jaigu a eu droit à une remarque désobligeante. Agacé par l'affaire «Jean Sarkozy», le chef de l'État a fait remarquer au journaliste du Figaro qu'il était mal venu de lui faire un procès «en fils de». La vanne présidentielle n'est compréhensible que si l'on sait que Charles Jaigu est lié à la famille Wendel... (Ernest-Antoine Seillère, l'ancien patron du Medef).» L'Élysée a démenti auprès du Point.

Pour le journal, l'agacement de Nicolas Sarkozy envers les journalistes trouve notamment deux têtes de turc: Christophe Barbier, rédacteur en chef de L'Express, avec quelques éditos mal digérés depuis l'été dernier, et Eric Fottorino (patron du Monde), dont le traitement cinglant de l'affaire Jean Sarkozy a exaspéré le chef de l'Etat.

Pour Le Point, c'est à la suite de «cet agacement présidentiel que la consigne a été donnée à l'UMP de faire feu de tout bois contre les journalistes», même si Franck Louvrier, porte-parole de l'Élysée, explique qu'«aucune consigne n'a été donnée de la part du chef de l'État» de s'en prendre aux journalistes.

Nicolas Sarkozy se sent victime des médias et l'avait expliqué déjà la semaine passée, estimant que les polémiques (affaire Mitterrand, EPAD) étaient destinées à l'affaiblir. «Ce n'est pas mon fils, c'est moi qui suis visé», avait-il déclaré au Figaro le 16 octobre.

Il avait renchéri la critique lundi: «Les médias m'accusent d'être déconnecté du terrain, mais ce sont eux, en permanence à Paris qui tournent en vase clos». Jean-françois Copé, patron du groupe UMP à l'Assemblée, s'est aussi fendu de sa contribution à la diatribe: il a dénoncé, sur France 2, des campagnes «d'une violence absolument inouïe» contre la majorité dans les médias.

Réactions virulentes de l'opposition

L'AFP résume: «Hystérie collective antisarkozyste», «effort de déstabilisation» du pouvoir, «instrumentalisation» plusieurs ministres sont aussi montés au créneau dans cette offensive anti-médias, qui a déclenché de vives réactions de l'opposition.

François Bayrou a par exemple dénoncé les «pressions» de l'Elysée. «Les pressions étaient indirectes, elles deviennent directes, accuse le président du MoDem. Le but est d'intimider»

Xavier Bertrand démentait hier matin (mardi): «Il n'y a aucune volonté de Nicolas Sarkozy de s'attaquer aux médias ni de ma part. Nous soulignons seulement le décalage entre les priorités politico-médiatiques et celle de Français qui ne nous parlent pas de Jean Sarkozy, mais d'emploi, de sortie de crise.»

Les tensions entre le chef de l'Etat et les médias ne datent pas d'hier. L'épisode de son voyage privé au Mexique en mars dernier, où le président avait été hébergé par un milliardaire soupçonné de blanchir de l'argent de la drogue, avait été repris dans les médias et suscité une polémique quant à son financement. Le Canard Enchaîné avait cité la réaction de Nicolas Sarkozy à la polémique: «Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale.»

[Lire l'article complet sur Le Point]

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Image de une: Reuters, Nicolas Sarkozy

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