Science & santé

Obliger son cerveau à se concentrer, c’est possible

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 10.06.2016 à 13 h 07

Repéré sur Fast Company, Brainhealth.utdallas.edu

Des scientifiques américains planchent sur une méthode appelée «Smart».

Montage Slate.fr

Montage Slate.fr

Bon nombre de lycéens fans de foot entrent aujourd’hui dans une période sombre. Ils devront trouver un moyen de profiter de l’Euro de football, qui débute ce 10 juin en France tout en préparant les terribles épreuves du baccalauréat qui commencent mercredi prochain. Au cœur du dilemme, la concentration: difficile de réviser les probas quand, dans le salon, la télévision diffuse un match de l’équipe de France. Si on rajoute à cela les distractions constantes en provenance de tous nous écrans, la tâche pourrait s’avérer extrêmement complexe pour certains.

Pour cela, le site Fast Company a peut-être la solution. Il cite les travaux de Sandra Bond Chapman, de l’université du Texas, et notamment un programme appelé Smart, pour Strategic Memory Advanced Reasoning Training, qui «affirme pouvoir améliorer la concentration, la mémoire et les fonctions cognitives avec seulement neuf heures d’entraînement».

Pour cela, le programme se concentre sur trois zones: l’attention stratégique (le fait de se concentrer sur une seule tâche et pas plusieurs en même temps), l’intégration (la capacité à cerner les détails importants dans une tâche et à les remettre en contexte), et la flexibilité mentale (être capable d’adopter différents points de vue et perspectives).

Penser comme un journaliste (oui oui)

Concrètement, vous pouvez d’ores et déjà appliquer quelques comportements facilitant la concentration. Premier réflexe évident, ne pas répondre à ses e-mails ou ses messages pendant une période où vous souhaitez vous concentrer. Poser son téléphone loin de soi minimise les risques. Ensuite, Chapman conseille de réfléchir comme un journaliste (oui oui). «Nous devrions chercher dans les informations et les autres formes de données les éléments thématiques clefs, puis l’histoire plus large qu’elles racontent, et enfin se concentrer sur leur sens et leurs applications», écrit Fast Company.

En ce qui concerne la nécessité d’adopter un point de vue différent du sien pour aborder un problème, il ne faut pas hésiter à être radical. Ainsi, quand l’équipe de la scientifique a travaillé avec des membres d’élites de l’armée (les Seals), elle les a invités à se demander pourquoi Oussama Ben Laden était perçu par certains comme quelqu'un de charismatique. Face à un problème équation de maths difficile à résoudre, réfléchir «à l'envers» peut donc être intéressant. Il est également très important de prendre des pauses «complètement déconnectées» de cinq minutes minimum. C’est pendant ces moments-là que des effets bénéfiques peuvent surgir.

«Les gens [de l’étude] qui allaient aux toilettes en revenaient parfois avec une nouvelle idée, et je leur demandais “Mais que s’est-il passé aux toilettes?”, s’amuse Chapman. Cela arrive parce qu’ils ont arrêté d’essayer de se forcer à penser. La pause est une des façons de conserver une énergie mentale élevée.»

Enfin, chercher à apprendre le plus d’informations possible ne sert à rien, il faut choisir celles qui se révèlent cruciales. «L’amélioration cognitive est possible quand on va plus lentement, quand on empêche les technologies de nous interrompre et que l’on s’entraîne à se concentrer sur la tâche ou l’information dans laquelle on s’est engagé», conclut la scientifique.

Pour toucher un maximum de public, l’équipe de chercheurs prévoit de sortir son programme Smart en application pour les smartphones dès cet été. En attendant, il est conseillé de laisser son téléphone de côté.

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