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Selon la justice canadienne, la zoophilie n'est illégale que s'il y a pénétration

Temps de lecture : 2 min

Un cas sordide d'agression sexuelle a poussé la Cour suprême canadienne à statuer sur la définition de la bestialité.

La Cour suprême canadienne à Ottawa, le 20 juin 2008. | Geoff Robins / AFP
La Cour suprême canadienne à Ottawa, le 20 juin 2008. | Geoff Robins / AFP

La Cour suprême canadienne vient de statuer sur la définition du crime de bestialité: à six contre un, les juges ont décrété que seuls les cas où il y a pénétration pouvaient être qualifiés de crimes, rapporte la CBC.

Cette décision juridique fait suite au procès d'un homme reconnu coupable d'agressions sexuelles sur ses belles-filles pendant plusieurs années, et condamné à seize ans de prison. Un des chefs d'accusation à son encontre était d'avoir forcé une de ses belles-filles à commettre des actes de bestialité (en l'occurence se mettre du beurre de cacahouète sur les parties génitales pour que leur chien les lèche).

Mais il avait fait appel de cette accusation auprès de la Cour suprême de Colombie Britannique et, en 2015, il avait été acquitté quant à la zoophilie. Le gouvernement canadien a ensuite fait appel de cette décision devant la Cour suprême, qui vient de confirmer l'acquittement. Suite à cette décision, la peine du détenu sera réduite de deux années.

Dans ce cas, les juges considèrent que c'est aux parlementaires, pas à la Cour, d'élargir la définition de la zoophilie, s'ils considèrent que les dispositions actuelles ne permettent pas de protéger adéquatement les enfants et les animaux.

Les animaux en danger

La seule juge à avoir exprimé son désaccord a expliqué l'absurdité de rendre légal ce genre de comportement:

«Comme la pénétration est physiquement impossible avec la plupart des animaux et pour la moitié de la population, la requérir comme élément essentiel fait qu'il devient impossible de criminaliser la plupart des abus sexuels impliquant des animaux.»

Interviewé par Radio Canada, le professeur de droit Peter Sankoff explique que, selon lui, le Parlement canadien doit agir immédiatement pour élargir le concept:

«Je suis inquiet des conséquences qu'aura cette décision. Ça rend même légal de pénétrer des animaux avec des objets ou avec les doigts.»

Les associations des droits des animaux ont également critiqué ce jugement. Selon une porte-parole du groupe Animal Justice:

«C'est un signal d'alarme quant au fait que les lois sur la protection des animaux sont sérieusement périmées au Canada».

Slate.fr

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