Sports

Coup dur pour l'Espagne, qui perd Manolo, son plus fervent supporter

Temps de lecture : 2 min

Déjà contraint de quitter la Coupe du monde 2010 pour des problèmes de santé, Manolo, l'aficionado numéro un de la Roja préfère cette fois ne pas courir le risque d'une rechute pendant l'Euro 2016.

 Manolo dans un avion d'Iberia Airlines en 2010 | Iberia Airlines via Flickr CC License by

Une institution comparable au supporter Clément d'Antibes et son célèbre coq Balthazar, privé de stade. À 67 ans, Manuel Caceres Artesero dit «Manolo, el del Bombo», fan numéro 1 de la sélection espagnole, déclare forfait pour l'Euro 2016 en France, à cause de problèmes de santé. Rien de grave selon le quotidien sportif espagnol As mais le Valencien a préféré, pour une fois, mettre sa passion de côté. En juillet 2010, déjà, une pneumonite avait obligé à un rapatriement temporaire celui qui pèse seize phases finales à suivre l'équipe d'Espagne partout dans le monde. Il était revenu deux ans plus tard juste à temps pour le premier sacre mondial de l'équipe ibérique en Afrique du Sud.

Sa décision de ne pas venir à l'Euro français n'a pa dû être facile, lui qui n'a pas loupé une seule rencontre de la Roja entre le Mondial 1982 et le 3 juillet 2010, s'imposant, jusqu'à l'étranger, comme une star à part entière de l'équipe. Pendant toutes ses années, il a pioché sur ses économies et l'activité de son café près du stade Mestalla de Valence pour pouvoir se payer les matchs. Sur la vidéo de présentation publiée sur son site internet, il se dit ainsi «animé par les couleurs jusqu'à [s]on dernier souffle».

Le tambour de l'Espagne

Au cours des trois décennies complètement dévouées à l'équipe de son pays, Manolo a connu quelques épisodes rocambolesques. En 1982, pour sa première compétition –le Mondial organisé en Espagne même–, il parcourt seul et en auto-stop 16.000 kilomètres à travers le pays. À cette époque, il arbore déjà son grand béret basque, son maillot floqué du numéro 12 synonyme de «douzième homme» et son énorme tambour qui font sa renommée. En 1987, alors qu'il revient d'un match amical de l'équipe d'Espagne contre l'Autriche, il découvre que sa compagne, certainement excédée par ses infidélités footballistiques, est partie avec ses quatre enfants.

Quelques années plus tard, il se remarie avec une femme plus tolérante avec ses impératifs de supporter. «J'ai tout perdu pour le football: ma famille, mon business, mon argent, tout. Mais si c'était à refaire demain, je referais la même chose. Il n'y a rien de comparable à représenter son pays», déclare-t-il au Guardian en marge du dernier l'Euro. Pour le consoler, la fédération de football espagnole a déjà assuré qu'elle lui paierait un billet our la finale si la Roja atteint ce stade de la compétition.

Bruno Cravo Journaliste

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