Boire & manger

McDonald’s, ce remède inattendu contre la solitude

Repéré par Cyril Simon, mis à jour le 09.06.2016 à 15 h 08

Repéré sur The Guardian

La chaîne de restauration rapide remplit pour les plus démunis le rôle que jouait, à une époque, les bars ou les arrêts de bus.

Une enseigne McDo | kimdokhac via Flickr CC License by

Une enseigne McDo | kimdokhac via Flickr CC License by

Dans le village planétaire qu’est devenue la planète Terre, un lieu symbolise actuellement les nouvelles formes de sociabilité. Bizarrement, il ne s’agit pas des réseaux sociaux, mais des enseignes McDonald’s, rapporte The Guardian.

Ces pôles standardisés remplissent pour les plus démunis le rôle que jouait, à une époque, les bars ou les arrêts de bus. Ils sont un tel lieu de rendez-vous que certains leur donnent un nom, avec autodérision le plus souvent. À El Paso (Texas), c’est «Old Folks’ Home» («Foyer pour personnes âgées»). Dans les coins ruraux du Nouveau-Mexique, ceux qui se réunissent au McDo se sont surnommés la «Morning Brigade» («La brigade du matin»). Dans le petit village de Natchitoches, en Louisiane, les adeptes du RDV au fast-food forment le «Romeo Club», soit l’acronyme de «Retired Old Men Eating Out» («Les vieux hommes retraités qui mangent dehors»).

Mais comment une franchise de snack, censée aider les gens à économiser du temps sur leur pause petit-déjeuner, déjeuner ou dîner, s’est-elle transformée en espace de vie? La recette n’a rien à voir avec son burger: un bon café pas cher, de la nourriture à petit prix et consistante, du wifi, des toilettes propres, des prises pour recharger son téléphone mais aussi des coins pour s’affaler.

«C’est propre»

«J’adore McDonald’s, confie Willard Jones, 93 ans et membre du Romeo Club. Les gens sont tellement sympas. Mes amis viennent. Je vois tout le monde. Je suis né et j’ai grandi ici. Quand j’étais petit, on s’offrait l’occasion d’aller en ville quelques fois par an et d’y manger. Le lieu était sale et coûtait cher contrairement à McDonalds. Là-bas, c’est propre.»

Nombreux sont ceux qui préfèrent cet espace commercial aux refuges et associations. Parce que, selon Le Guardian, traîner au McDo, c’est s’offrir un moment de tranquillité, une impression de normalité. En gros, la sensation de vivre avec son temps. À Sulphur Springs, au Texas, une femme de 76 ans, Lew Mannon, veuve, a rencontré au McDo un homme capable de lui tenir compagnie: «La vie est dure. Très dure. Il y a sept ans, mon mari est mort d’une leucémie. Trois ans plus tard, j’ai perdu un de mes fils en raison de complications suite au diabète. Quand il est mort, émotionellement, à part cette communauté, je n’avais personne pour me soutenir.»

Le journaliste tient à souligner néanmoins la ségrégation qui règne dans ces lieux de rendez-vous et l’absence d’échange inter-communautaire. Tout le monde se connaît, souvent depuis l’enfance, et se retrouve devant l’établissement. La mixité est très rare. C’est tout noir ou tout blanc. On y joue au bingo, on y lit et récite la Bible, tandis que d’autres, comme à Kansas City, se rassemblent chaque vendredi matin sous le nom de #BlackLivesMatter.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte