Pourquoi il faut rendre la vaccination contre la rougeole obligatoire
Prévue pour 2010 en Europe, l'éradication de cette maladie virale apparaît désormais hors de portée.
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On ne cesse, avec raison, de parler de la vaccination contre la grippe pandémique. Mais changeons un instant la focale pour traiter d'un sujet tout aussi passionnant: la vaccination contre la rougeole à l'échelon du Vieux Continent. C'est l'un des thèmes retenus dans le dernier numéro thématique [PDF] du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut national de veille sanitaire (InVS); un document exemplaire qui (un peu à la manière de ce que nous observons avec l'actuelle vaccination antigrippale) témoigne à merveille de ce que peuvent être les résistances individuelles comme les incohérences des politiques sanitaires dans le champ vaccinal.
L'équation anti-rougeoleuse est simple. Elle tient en trois termes.
I/ La rougeole est une maladie virale très contagieuse qui peut avoir des conséquences neurologiques graves, parfois mortelles. Un vaccin anti-rougeoleux existe depuis plus de vingt ans. Il a suffisamment fait la preuve de son efficacité et de son innocuité pour, dans la plupart des pays industriels, avoir été intégré dans les programmes officiels de vaccination des enfants (le plus souvent associé aux vaccins contre la rubéole et les oreillons). Cette vaccination n'est pas obligatoire.
II/ Du fait de l'existence de ce vaccin et de l'évolution très favorable de la situation, les pays de la Région européenne de l'OMS s'étaient engagés, en 1998, à obtenir en 2010 l'éradication de la rougeole sur le Vieux Continent.
III/ Or les dernières données épidémiologiques permettent de dire que cet objectif ne sera pas atteint et que l'on observe une réémergence de cette maladie virale en Europe. Cette réémergence est due à la réduction de la proportion des enfants vaccinés, un phénomène parmi d'autres qui témoigne de la contestation grandissante sinon de l'efficacité du moins de l'innocuité des vaccins.
«La rougeole demeure un problème majeur de santé publique, même si le vaccin anti-rougeoleux fait partie des programmes nationaux de vaccination en routine des enfants en Europe depuis plus de vingt ans», rappellent les auteurs de l'une des publications du BEH. Ils expliquent qu'entre 2006 et 2008, plusieurs pays ont signalé des nombres élevés de cas et de flambées de la maladie. Les plus importantes ont été observées en Suisse, en Allemagne, en Espagne, en Roumanie et au Royaume-Uni et ont essentiellement affecté la population générale. D'autres flambées ont été décrites dans certains groupes spécifiques comme les communautés Roms et Sinti en Italie, les Roms et certains immigrants en Grèce. Ce même phénomène a aussi été observé les communautés juives orthodoxes en Belgique et au Royaume-Uni, dans un groupe religieux traditionnaliste en France, et dans la communauté de gens du voyage au Royaume-Uni et en Norvège.
Les auteurs de cette publication ont colligé les informations recueillies par les institutions nationales de surveillance de 32 pays européens: les 27 Etats-membres de l'Union ainsi que la Croatie, l'Islande, la Norvège, la Suisse et la Turquie. Au total, en 2008, 7.822 cas de rougeole ont été enregistrés dans les 32 pays concernés, dont 90% dans six pays seulement: Suisse, Italie, Royaume-Uni, Allemagne, France et Autriche. La majorité de ces cas étaient des enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés. Et le bilan 2008 est le double de celui de 2007. C'est dire que le virus rougeoleux recommence à circuler au sein de différents groupes de populations européennes.
Le cas français est particulièrement éloquent, comme le souligne le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé dans le BEH. On est ainsi passé de 40 cas annuels en 2006 et 2007 à plus de 600 cas en 2008. Et pour les huit premiers mois de cette année on comptabilise déjà 1.200 cas.
Curieusement, c'est la Suisse qui est le plus mauvais élève européen suivi par l'Autriche et l'Italie. En moyenne, un cas sur quatre concernait une personne âgée de 20 ans ou plus. Cette résurgence de la rougeole dans certains pays d'Europe traduit bel et bien un refus, certes modeste mais grandissant, du recours aux vaccinations qui ne sont pas obligatoires.
S'il fallait encore une preuve la comparaison des données nationales nous la fournit: les pays les plus affectés sont aussi ceux où les taux de vaccination sont les moins élevés. Au Royaume-Uni, la couverture vaccinale contre la rougeole pour les enfants de 2 ans a été inférieure à 90% entre 1999 et 2006; elle a même été inférieure à 85% entre 2002 et 2005 du fait des rumeurs (scientifiquement infondées mais hautement médiatisées) établissant un lien entre cette vaccination (associée à celle contre la rubéole et les oreillons) et des cas d'autisme.
Or, pour éradiquer la rougeole il faut obtenir que 95% des enfants soient protégés et que ce taux soit maintenu durablement. Mais comment faire dès lors que cette vaccination n'est que recommandée et que l'on respecte le libre arbitre des parents? «La vaccination anti-rougeoleuse est obligatoire en Slovénie, en Slovaquie et en Hongrie. En Slovénie, la couverture vaccinale des enfants de 2 ans pour la première dose (1996-2006) se situait entre 94% et 96%, et elle dépassait 99% en Slovaquie ainsi qu'en Hongrie» observent les auteurs de l'étude. Ils se gardent toutefois bien de soulever la question qui fâche: si les autorités sanitaires des pays européens veulent tenir les engagements qu'ils ont pris devant l'OMS pourquoi, au vu de l'évolution de la situation épidémiologique, ne rendent-ils pas cette vaccination obligatoire? Redoutent-ils, et pourquoi, les conséquences politiques ou judiciaires d'une telle mesure dès lors que l'on mettrait en évidence des effets secondaires indésirables associés à ce vaccin?
De toutes les maladies infectieuses affectant l'homme, seule la variole a pu être éradiquée — grâce à la vaccination obligatoire — à l'échelon planétaire. On pensait pouvoir faire de même avec la poliomyélite mais du fait de nouvelles résistances anti-vaccinales d'origine religieuses (observée notamment au Nigéria), l'objectif reste encore à atteindre.
Pour l'heure, en France vis-à-vis de la rougeole, on préfère encore l'incitation à l'obligation. «La clé du succès réside dans l'augmentation de la couverture vaccinale des nourrissons et dans le rattrapage vaccinal des enfants, adolescents et adultes jeunes, comme le recommande le calendrier vaccinal», explique le Pr Houssin à l'adresse des professionnels de santé français. Son message sera-t-il mieux entendu que tous ceux concernant la nouvelle vaccination antigrippale?
Jean-Yves Nau
Image de une: éruption typique de rougeole / Wikipedia
Mis à jour le 21/10/2009 à 12h21










































Le vaccin (Rougeole)
Le vaccin est préparé à partir d’une souche de virus vivant atténué par passage sur des cellules d’embryons de poulets. Une injection sans rappel suffit. Toutefois, une seconde dose est recommandée entre 3 et 6 ans chez les sujets vaccinés pendant l’enfance. Depuis 1999, le vaccin est gratuit pour les enfants de moins de 13 ans, lorsqu’il est prescrit sous la forme du vaccin triple ROR.Selon le Guide des vaccinations, son efficacité sérologique est estimée entre 97 % et 100 % (taux de vaccinés ayant des anticorps). Le vaccin n’est en principe recommandé qu’à partir de 12 mois, car il y aurait 20 à 30 % d’échecs avant cet âge. L’efficacité clinique varie, selon les études, entre 90 et 95 %. L’immunité conférée par le vaccin serait très longue (au moins quinze ans précisait l’édition 1995 du Guide). Avec un taux de vaccination important, la rougeole ne toucherait plus que quelques dizaines de milliers d’enfants chaque année en France, dix fois moins qu’il y a trente ans (aux États-Unis, il n’y aurait plus que quelques centaines de cas par an), et les cas d’encéphalites ou de PESS sont devenus exceptionnels (quelques cas par an).
Contre-indications
Contre-indications générales aux vaccins vivants. Déficits immunitaires congénitaux ou acquis. Allergie à l’œuf : selon le Guide des vaccinations, étant donné que le vaccin est préparé sur embryons de poulets, ce risque n’est que théorique. Allergie aux antibiotiques (néomycine, kanamycine). Fièvre (contre-indication temporaire).
Effets indésirables officiellement admis
Pour le Guide des vaccinations, « le vaccin rougeoleux est bien toléré ». Il note toutefois quelques réactions générales : fièvre et/ou éruption durant un à deux jours la deuxième semaine, exanthème (rougeurs), catarrhe (toux grasse) passager, conjonctivite. Le Guide cite une enquête américaine qui relève une fièvre égale ou supérieure à 39,4° dans 5 à 15 % des cas et des convulsions fébriles dans 1 cas pour 4 millions de doses (soit 2 à 4 millions de vaccinés, si l’enfant a reçu une ou deux doses). Des encéphalites ont été signalées dans la proportion de 1 cas pour 2 millions de doses, le Guide précisant qu’il s’agit d’une proportion équivalente à celle qui se produit naturellement dans la population générale de même âge. En outre, des purpuras thrombopéniques (hémorragies cutanées) qui guérissent sans séquelle ont été observés. Enfin apparaît une « anergie tuberculinique », perturbation immunitaire qui dure un mois, pendant lequel le BCG est contre-indiqué et les tests de contrôle ininterprétables.
Constituants du vaccin susceptibles d’entraîner des effets indésirables
Cellules d’embryon de poulet. Néomycine. Kanamycine.
Le nombre de complications réelles dues à la rougeole et notamment les PESS (panencéphalites subsclérosantes) est surestimé, en revanche les accidents post-vaccinaux sont sous-estimés.
Commentaire d’alternative santé - l’Impatient
Le vaccin contre la rougeole, présenté comme bien toléré, est finalement moins anodin qu’il n’y paraît si l’on regarde l’ensemble de ses effets indésirables. Il entraîne une « anergie tuberculinique », perturbation de l’immunité qui négative les tests tuberculiniques pendant au moins un mois. Cela prouve que, comme la maladie, le vaccin provoque une forme d’immunodépression passagère. Une étude de la revue Science (n° 273, 1996, rapportée dans la revue française AIM n° 30, 1996) signale que cette dépression immunitaire est la raison pour laquelle la rougeole est la première cause de mortalité infantile dans les pays en voie de développement. Elle agit comme cofacteur en favorisant d’autres infections qui sont les causes directes des décès. L’article précisait que « les souches virales actuellement utilisées pour les vaccins pourraient avoir le même effet dépresseur immunitaire, d’où un danger chez les tout jeunes enfants ». Certaines études retrouvent des taux de convulsions et de purpuras supérieurs à ceux qui sont reconnus chez nous : 7 cas de convulsions fébriles pour 100 000 enfants vaccinés par vaccin triple rougeole-oreillons-rubéole et 10 cas de purpuras pour 300 000 enfants selon une étude finlandaise (citée par le Concours Médical du 11 mars 1995), avec des taches hémorragiques ou des ecchymoses dans les trois semaines qui ont suivi la vaccination. Une équipe du Royal Free Hospital de Londres a publié dans le Lancet (29 avril 1995) un article qui conclut que le vaccin contre la rougeole induit un risque de maladie de Crohn. Cette maladie digestive grave est d’origine auto-immune.
Comparant un groupe de 3 500 personnes vaccinées il y a trente ans à 10 000 personnes du même âge non vaccinées, les chercheurs britanniques ont trouvé une proportion trois fois plus importante de maladie de Crohn chez les vaccinés que chez les non-vaccinés. Cette étude a aussitôt soulevé une vive polémique, ses contradicteurs lui reprochant, on s’en doute, des failles méthodologiques. Mais elle est très alarmante. Les auteurs de cet article connaissent bien la maladie de Crohn, qu’ils étudient depuis plusieurs années. Ils estiment que l’augmentation de sa fréquence coïncide avec la généralisation de la vaccination contre la rougeole. Une autre étude publiée en 1997 dans le Lancet confirmait un lien possible entre les vaccins contre la rougeole et les oreillons et la maladie de Crohn, ainsi qu’avec l’autisme. Constatant que les cas d’autisme ont augmenté considérablement depuis l’introduction de ces vaccins dans la région nord-est de la Tamise et en Californie, des associations britanniques et américaines de parents d’enfants autistes, ainsi que le National Vaccine Information Center, association américaine de parents d’enfants victimes des vaccins, accusent les pouvoirs publics de manipuler les statistiques et réclament des enquêtes indépendantes sur la question. La généralisation de la vaccination dans l’enfance a entraîné une forte diminution du nombre de cas de rougeole en France. Mais, comme cela a été constaté aux États-Unis depuis plusieurs années, il y a désormais de nombreux cas de rougeole chez des vaccinés ; et surtout, de plus en plus de rougeoles se produisent désormais à un âge où la maladie était moins fréquente autrefois : chez les nourrissons et à l’adolescence ou à l’âge adulte où les formes sévères sont les plus fréquentes.
Dans le cas des nourrissons, cela pourrait s’expliquer parce que les mères sont moins fréquemment immunisées (le nourrisson étant autrefois protégé par les anticorps maternels) ; alors que l’immunité procurée par la maladie est durable, celle du vaccin est limitée dans le temps. Obnubilés par leur volonté d’éradiquer à tout prix cette maladie, les pouvoirs publics recommandent depuis 1996 une seconde vaccination à l’âge de 6 ans, pour tous les enfants, y compris ceux qui ont déjà été vaccinés. Il ne s’agit pas d’un rappel, qui n’est pas nécessaire d’un point de vue médical, il s’agit d’une hypothèse statistisque selon laquelle on touchera au mieux ainsi les enfants non vaccinés, permettant d’élever la couverture vaccinale qui stagne à 84 %. En admettant que ce rattrapage soit efficace, il permettra peut-être de diminuer les rougeoles à l’adolescence, mais non pas à l’âge adulte. On continuera à avoir des femmes non immunisées avec deux conséquences graves. En cas de rougeole pendant une grossesse, les risques d’avortement ou de malformation congénitale sont presque aussi élevés qu’en cas de rubéole. Les jeunes mères vaccinées dans l’enfance seront dépourvues d’anticorps antirougeoleux et ne protègeront pas leur nourrisson, qui pourra contracter la rougeole à un âge où elle est plus dangereuse et alors que le vaccin ne peut pas les protéger (avant 12 mois, il est peu efficace et, pour les chercheurs cités ci-dessus, il est même dangereux). Selon le Groupe médical suisse de réflexion sur le ROR, le nombre de complications réelles dues à la rougeole et notamment les PESS (panencéphalites subsclérosantes) est surestimé ; en revanche, les accidents post-vaccinaux sont sous-estimés. S’inquiétant des modifications de l’âge de survenue de la maladie, il juge la politique de vaccination généralisée très contestable.
source : http://www.medecines-douces.com/impatient/hs20/rougeole.htm
Documentaire sur la vaccination :
"Silence, on vaccine"
Documentaire de Lina B. Moreco (52 min.)
Il y a aussi la version anglaise "Shots in the dark" qui est plus longue (86 min.)
http://video.google.fr/videoplay?docid=8503852033482537965# (entier)