Monde / Économie

Aux États-Unis, des ateliers de simulation pour comprendre la vie des pauvres

Temps de lecture : 2 min

Les professionnels amenés à côtoyer les plus démunis peuvent s'entraîner lors de formations spéciales.

Une femme sans-abris au milieu de la rue après une tempête de neige, le 23 janvier 2016 à Washington aux États-Unis | Brendan Smialowski / AFP
Une femme sans-abris au milieu de la rue après une tempête de neige, le 23 janvier 2016 à Washington aux États-Unis | Brendan Smialowski / AFP

Dans le Colorado aux États-Unis, l'ancien pasteur Jeff Cook, organise des weekends d'immersion dans la pauvreté («poverty immersion») pour les étudiants qui veulent travailler dans le social. Pour 120 dollars (105 euros), les participants passent une journée sans nourriture à faire la manche et rencontrent des associations d'aide aux sans-abris. Il propose aussi un weekend spécial camp de réfugiés.

Il s'agit d'un des nombreux ateliers de simulation de pauvreté qui existent désormais aux États-Unis, et qui ont été recensés par Erik Sherman dans le magazine Fortune.

Ces formations sont censées aider certains professionnels à mieux comprendre la vie des plus démunis. Par exemple, une avocate qui travaillait avec des victimes de violence domestique a participé à une simulation de pauvreté avec jeu de rôle: le temps de l'atelier, elle devenait une grand-mère élevant deux petits-enfants avec un budget de 300 euros par mois. Elle a trouvé l'expérience tellement percutante que depuis, elle organise des formations de ce genre pour d'autres avocats.

Une formation pas gratuite

Pour ses ateliers, elle utilise un cursus développé par la Missouri Association for Community Action, qui vend des kits de simulation de pauvreté pour deux mille dollars. Selon l'organisation, ces formations ont permis certains changements positifs. Grâce à ces simulations, des administrateurs hospitaliers ont découvert un problème auquel ils n'avaient pas pensé: après avoir été soignés aux urgences, certains patients pauvres n'avaient aucun moyen de rentrer chez eux. Les hôpitaux ont donc commencé à donner des tickets de transports en commun.

De même, une université de l'Iowa exige que leurs étudiants en pharmacie participent à cet atelier pour mieux comprendre le quotidien de certains de leurs patients.

Si ces ateliers structurés peuvent être utiles dans certains cas, d'autres types de simulations ressemblent à une sorte de tourisme malsain. Une université du Minnesota organise par exemple des weekends de plongée dans la vie des sans-abris, soit 48 heures dans les rues d'un quartier pauvre avec un téléphone et une couverture.

Parfois, ces formations ont aussi l'air de distractions superficielles pour riches qui veulent se donner bonne conscience. A la fin du mois de juin, les cadres de la Bank of America auront droit à une simulation de pauvreté lors de leur conférence annuelle au Ritz-Carlton de Charlotte en Caroline du Nord...

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