Monde

Virginia Raggi, la candidate antisystème qui a pris Rome

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 20.06.2016 à 0 h 39

Repéré sur Le Figaro, Le JDD, L’Obs, Bloomberg, The Wall Street Journal

Cette avocate de 37 ans, venue tardivement à la politique, a été élue maire de la ville avec plus de 60% des voix.

Virginia Raggi le 19 mai 2016 | Vincenzo PINTO/AFP

Virginia Raggi le 19 mai 2016 | Vincenzo PINTO/AFP

Virginia Raggi (Mouvement 5 Étoiles) a été élue maire de Rome, dimanche 19 juin, en battant avec un score estimé à plus de 60% des voix Roberto Giachetti, le candidat du PD (centre-gauche). Nous republions à cette occasion cet article publié après le premier tour.

Qui est Virginia Raggi, la candidate du mouvement 5 étoiles (M5S) aux élections municipales à Rome, que l’on présente depuis des semaines comme la «future maire» de la capitale? Arrivée en tête du premier tour avec 36% des voix, cette avocate de 37 ans est présentée par la presse française et anglaise comme une «populiste» très dépendante de Beppe Grillo, le fondateur du mouvement. Elle apparaît aussi comme une militante déterminée, très remontée contre les partis de gouvernement, qui ont laissé la ville dans un état jugé déplorable.

Contrairement à Giorgia Meloni, sa rivale issue de l’extrême droite (qui a obtenu 20% des suffrages), Virginia Raggi est venue tardivement à la politique. Elle s’est engagée en 2011 au M5S, après avoir vu Beppe Grill sur scène, lui ayant trouvé «une immense culture et une grande vision», comme le rapporte Le Figaro. Jusque-là, elle avait poursuivi sa carrière d’avocate, sans activité engagée notable, hormis du volontariat dans un chenil et des opérations de vente directe avec de petits producteurs de la région.

Lutter contre la «resquille»

C’est peut-être cet aspect vierge de toute expérience politique qui séduit les électeurs, excédés par la mauvaise gestion de l’ancien maire de la capitale. Ce dernier a été forcé à démissionner après une série de scandales, dont la découverte d’un système mafieux au sein même de la municipalité. La ville a accumulé 14 milliards d’euros de déficits, raconte par ailleurs le JDD, et elle est placée depuis des mois sous le contrôle direct de deux préfets.

C’est ce ras-le-bol, il faut croire, qui a porté Virginia Raggi, elle qui met l’accent depuis le début de sa campagne sur la lutte contre la corruption, le gaspillage de l’administration et l’évasion fiscale. «Il faut lutter sans merci contre la resquille», clame-t-elle dans ses mettings, en proposant de mettre plus de contrôleurs dans les bus. «Ils ont détruit cette ville, volé notre présent et notre futur. Nous n’allons pas vous abandonner», lance-t-elle aussi à ses supporteurs.

Elle a joué les serveuses pendant sa campagne

Plutôt qu’aux élites, Virginia Raggi veut miser sur le peuple, à qui elle a déjà promis des référendums locaux, notamment sur une troisième ligne de métro:

«Mon principal adversaire est l’abstention, a-t-elle dit, rapporte Le Figaro. Les Romains sont généreux et pleins d’initiatives, mais ils sont écœurés par la corruption et les infiltrations mafieuses qui ont pollué les administrations précédentes. Il faut vaincre l’apathie qui s’est emparée d’eux, les mobiliser sur des thèmes qui leur tiennent à cœur, faire que Rome retrouve son rang de capitale européenne.»

Et pour être regardée comme proche de la population, la candidate est prête à tout. Si l’on en croit L’Obs, elle est allée jusqu’à endosser l’habit de serveuse, dans une campagne en forme de jeu de mots intitulée «Le maire qui te sert». Une manière de récolter des fonds qui confère une image de femme du peuple à cette fille d’un expert en télécommunications et d’une diététicienne.

Moquée par les observateurs

Mais Virginia Raggi n’a pas su éviter, aux yeux de la presse, quelques faux pas. Elle a par exemple imaginé un funiculaire au-dessus d’un bras du Tibre pour relier une station de métro à un arrêt de bus. Elle a aussi suggéré d’introduire une monnaie locale pour éviter la corruption, sur le modèle de la monnaie Sardex, en Sardaigne. Ou proposé d’encourager l’utilisation de couches lavables pour réduire la crise les déchets de la capitale. Autant d’idées moquées par les observateurs,  selon le Financial Times et La Parisienne.

En face, elle devra affronter Roberto Giachetti, le candidat du Parti démocrate (PD, centre gauche) soutenu par le chef du gouvernement italien Matteo Renzi. Résultat le 19 juin.

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