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Ancien journaliste dans la presse quotidienne régionale, Narvic blogue sur novövision. Pour Slate.fr, il anime «Backlinks», une chronique insider/outsider.
- DU MÊME AUTEUR
Narvic
Ancien journaliste dans la presse quotidienne régionale, Narvic blogue sur novövision. Pour Slate.fr, il anime «Backlinks», une chronique insider/outsider.
Sous le règne du buzz, malaise dans la politique et l'information
Internet amplifie et accélère la colère de l'opinion, attisée par les politiques et les médias. Attention danger!
Nous venons de vivre, dans la succession des «affaires» Roman Polanski, Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, une quinzaine étonnante, et peut-être même un peu inquiétante quant au nouveau régime de l'information qui se forme peu à peu sous nos yeux, depuis qu'internet prend une place de plus en plus importante parmi l'ensemble des médias d'actualité.
On peut simplement se borner à remarquer que «ça buzze», repérer le mouvement à sa naissance et s'y insérer pour être porté par sa puissance et sa force d'inertie (c'est toujours bon pour l'audience, ça, coco!). On peut observer aussi «comment ça buzze», pour constater comment ces mouvements sont souvent «spontanés» et «auto-entretenus» (mais pas toujours), et qu'ils fonctionnent «en avalanche» [sur novövision: Quel journalisme à l'ère de l'info-buzz?]. On peut se demander enfin «pourquoi ça buzze»?
Bien peu de gens se penchent aujourd'hui réellement sur cette question. Et quand certains tentent de le faire tout de même (plus ou moins adroitement - je vais y revenir), ils ne sont pas entendus, ou on les comprend de travers, jusqu'à faire de leur intervention «à contre-courant» un nouvel «objet de buzz». On ne peut pas aller contre le buzz, sauf à le nourrir en s'y opposant...
Mais on peut y réfléchir plus tard, quand l'effet épidermique est un peu retombé. S'apercevoir alors, qu'à l'instar des rumeurs, le buzz ne s'embarrasse pas beaucoup de la vérité des faits, de la complexité des situations, de leur contextualisation et de remise en perspective. On peut même se demander si l'«objet du buzz», ce qui lui a servi de support, assurant sa diffusion, se sert pas au fond de prétexte ou d'alibi pour exprimer un autre message...
L'étourdissante succession des buzz
L'observation de ce qui s'est dit dans les blogs ces derniers jours sur ces trois thèmes «Roman Polanski», «Frédéric Mitterrand», «Jean Sarkozy» (au moyen de l'outil statistique Blogpulse) est parlante. Encore ne s'agit-il que de ce que disent les blogueurs dans leurs blogs...
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L'outil statistique Google Trends nous renvoie sur les mêmes thèmes une autre observation: celle de ce que les internautes, dans leur ensemble et non plus seulement les blogueurs, ont cherché durant la même période dans le moteur de recherche le plus utilisé. Les courbes sont manifestement similaires.
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L'observation sur ce qu'en ont dit les médias d'information (partie inférieure du second graphique) indique à peu près la même chose: une succession de buzz, montant extrêmement rapidement «en mayonnaise», pour atteindre des pics et occuper un temps tout l'espace médiatique, et retombant aussi vite, aussitôt remplacés par un autre buzz fonctionnant sur le même modèle.
Cette étourdissante succession, imposant son propre agenda de l'actualité aux médias, est-elle une illustration de notre avenir de l'information ? J'avoue que cette perspective me met très mal à l'aise [sur novövision : Web de flux contre web de fond?]...
Quand médias et Internet entrent en résonance...
Nous ne sommes pas face à un phénomène spécifique d'internet. Certes, le Réseau joue dans ces phénomènes de buzz un rôle déterminant, mais on en connaissait déjà de semblables avant. Il existait déjà dans les médias de masse, qu'on peut qualifier aujourd'hui de traditionnels, tels que la radio, la télévision et la presse grand public, quand ils se focalisaient régulièrement sur le même sujet au même moment, de manière «moutonnière», jusqu'à ce qu'on ne parle plus que de ça. Pour «oublier» aussi vite, et passer à autre chose...
Internet s'insère très bien dans ce fonctionnement et joue le rôle d'accélérateur et d'amplificateur du phénomène. C'est même lorsque les médias de masse traditionnels et les médias d'internet se répondent l'un l'autre que le phénomène prend aujourd'hui une ampleur inédite. [sur novövision: Susan Boyle (2) : quand la télévision se trouve si belle dans le miroir d'internet].
C'est à se demander si les médias traditionnels n'ont pas trouvé, enfin, avec internet, cette réponse de leur audience, après laquelle ils courraient tous depuis longtemps. Internet semble en effet fournir une température en temps réel des attentes de l'audience autrement plus rapide et efficace que l'observation du nombre d'invendus dans les kiosques à journaux, de l'observation quart d'heure par quart d'heure de l'audience des émissions télévisées, et des autres moyens marketing.
On comprend l'intérêt de la démarche pour des médias de plus en plus placés «sous l'emprise du marketing» (cf. Yannick Estienne : Le journalisme après internet), qui consiste à ajuster au plus fin l'offre éditoriale à la demande réelle du marché solvable. La très mauvaise santé économique du secteur de l'information, en général, pousse inexorablement dans ce sens. Mais je me demande aussi ce que devient l'information dans tout ça. Et c'est bien ça qui me met mal à l'aise...
Où est l'info?
Je suis tenté d'appliquer la vieille méthode du journalisme que m'a enseignée, dans mes premières années, un rédacteur en chef de presse qui avait du sang-froid et «de la bouteille». Face à n'importe quelle nouvelle, demande-toi toujours: «où est l'info?»
Or, face à cette étourdissante succession que nous venons de connaître, la réponse est bien difficile à apporter. Si l'on veut considérer le fond des «affaires» Polanski, Mitterrand, Sarkozy, il faut bien reconnaître que ces buzz n'étaient pas du tout «porteurs» de l'information qu'on pouvait attendre. Ils l'ont même carrément manquée, au point de virer quasiment à la désinformation, en tout cas à la mal-information. Ces buzz ont en effet fort maltraitées ces trois histoires, dans la simplification à outrance, dans l'absence totale de nuance, de prise en compte de la complexité des situations, sans aucune mise en perspective et en contexte. Bref de la très mauvaise information et une quasi absence de journalisme dans tout ça!
Il y a pourtant une information à «extraire» de ces buzz. Pas à propos de Roman Polanski, Frédéric Mitterrand, ni de Jean Sarkozy eux-mêmes, mais à propos de ceux qui les ont relayés.
Où est la complexité de l'affaire Polanski?
L'affaire Polanski a été réduite à une simplification outrancière, sans guère d'égards envers la jeune fille victime du réalisateur, sans tenir compte réellement de la personnalité de l'accusé, en évacuant — surtout! — toute la complexité d'une histoire qui dure depuis trente ans (droit international, géopolitique, droit spécifiquement américain sur la prescription, ancienneté des faits. Etc. Etc. Etc).
Avez-vous eu l'impression que le «buzz Polanski» abordait cette affaire dans toute la complexité qui est la sienne? Ou bien avons-nous assisté à une justice expéditive opérée dans la rue par le Peuple, qui se saisit d'un coupable qu'il désigne sans procès? Et pour des motifs probablement très éloignés des faits à reprocher réellement à l'accusé?
Mitterrand et les manipulations de texte de Marine Le Pen
L'affaire suivante pourrait bien nous conduire à des remarques similaires. Le facteur déclenchant du buzz Mitterrand est cette fois l'intervention de Marine Le Pen sur France2. Celle-ci, qui est avocate et dont on imaginera pas un instant qu'elle méconnaît le droit et le sens des termes qu'elle emploie, ressort un livre vieux de 2005, un gros succès de librairie qui n'avait pas causé le moindre scandale à l'époque.
Son attaque à une heure de grande écoute, manifestement préparée - elle lisait ses notes, est articulée autour de deux expressions: «pédophilie» et «promotion du tourisme sexuel». Son réquisitoire entretient l'amalgame entre homosexualité, pédophilie et une prétendue «promotion du tourisme sexuel», devenu dans le vacarme du buzz et dans l'esprit de nombre de ceux que j'ai vu commenter cette affaire — c'était probablement-là l'objectif de Marine Le Pen — une... promotion de la pédophilie!
Certes, Marine Le Pen n'a jamais accusé Frédéric Mitterrand de faire la promotion de la pédophilie, elle ne l'a pas accusé non plus de faire l'apologie d'un relativisme moral d'esthète décadent. C'est pourtant ce que le buzz aura retenu. C'était l'objectif. Et c'est ça mon problème.
La machine à laver du buzz
Ainsi parties, et à vrai dire aussi mal parties, on ne s'étonne pas de la tournure très désagréable qu'ont pris ces deux affaires quand elles se sont retrouvées mêlées dans le tambour de la grande machine à laver du buzz médiatique.
Que cherchait Frédéric Mitterrand en prenant si maladroitement la défense publique de Polanski? Justifier son impunité devant la justice au nom du génie artistique du cinéaste? Se défendre lui-même par avance (dans une sorte d'anticipation presciente?) des accusations qui allaient sous peu - justement! - être aussi portées contre lui? Illustrer ainsi une sorte de «solidarité de classe» d'une élite artistique décadente et moralement corrompue? J'ai lu tout ça, parfois entre les lignes, et parfois dans le texte, dans le flot des commentaires suscités par ces histoires, et qui ont souvent viré carrément au populisme du «tous pourris!»
J'ai senti chez certains une sorte de délectation du goût du sang, une jouissance de la revanche des petits contre les grands, dans un acharnement qui ne s'encombrait pas des faits. J'en ai lu d'autres tenter de remettre un peu d'intelligence et de contexte dans ces histoires, mais se voir aussitôt méchamment rabroués, voire accusés de collusion, et rester au final... inaudibles.
Pourquoi ça buzze?
Guère adroit dans son expression, et peut-être pas le mieux placé pour conduire cette réflexion, je n'ai guère vu qu'un Alain Finkielkraut tenter sur France-Inter de se poser la question du pourquoi ça buzze?, pourquoi ça buzze sur ce thème, à propos de ces histoires-là , et pourquoi maintenant?
La thèse esquissée par Finkielkraut méritait sûrement un examen plus attentif, et des réponses plus argumentées, que les quolibets dont il fait l'objet sur le Net depuis son intervention. Le philosophe médiatique (c'est finalement ce statut qu'on lui reproche surtout, semble-t-il) voit dans ces polémiques l'expression d'un «ressentiment» populaire face aux élites, qui témoigne d'un dysfonctionnement de la démocratie. C'est une approche un peu moins simpliste, en effet, que la dénonciation des «tous pourris»...
En philosophe, c'est à cette «passion de l'égalité» qu'il fait référence, cette promotion à un tel niveau dans les sociétés démocratiques modernes de l'aspiration à l'égalité de tous, que le seuil de tolérance acceptable de l'inégalité ne cesse de se réduire dans les esprits. Et ce qui ne «passe pas», c'est bien cette invitation de Finkielkraut à faire la part des choses entre un niveau de corruption et d'impunité des élites qui augmenterait, ou simplement un seuil de tolérance de l'opinion publique qui diminuerait...
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Comments
Pas d'accord
Où est la complexité de l'affaire Polanski?
L'affaire Polanski a été réduite à une simplification outrancière, sans guère d'égards envers la jeune fille victime du réalisateur, sans tenir compte réellement de la personnalité de l'accusé, en évacuant — surtout! — toute la complexité d'une histoire qui dure depuis trente ans (droit international, géopolitique, droit spécifiquement américain sur la prescription, ancienneté des faits. Etc. Etc. Etc).
Dans le cas de l'affaire Polanski, c'est le buzz qui a donné à l'affaire sa complexité, là où les premières interventions dans les médias traditionnels de Frédéric Mitterand et Bernard Kouchner voulaient la réduire à une affaire de mœurs prescrite depuis 30 ans qui n'existait que par la volonté d'un procureur américain de ce faire de la pub. C'est le buzz sur Internet qui a fait remonter toute la complexité de l'affaire depuis le témoignage de la victime lors de la première audition, jusqu'à une réflexion sur la façon dont ses photographies étaient instrumentalisées par les différents intervenants, en passant par une réflexion juridique sur la prescription en France et en Californie.
http://www.thesmokinggun.com/archive/polanskia1.html
http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/10/12/1068-savoir-a-quoi-resse...
http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/09/29/Quelques-mots-sur-l-affaire-P...
Le Buzz permet de faire remonter des sources et des réflexions que jamais les médias traditionnels n'auraient mis à notre disposition.
Le buzz sur Internet me semble très différent du buzz dans les médias traditionnels qu'évoque l'auteur de l'article:
Il existait déjà dans les médias de masse, qu'on peut qualifier aujourd'hui de traditionnels, tels que la radio, la télévision et la presse grand public, quand ils se focalisaient régulièrement sur le même sujet au même moment, de manière «moutonnière», jusqu'à ce qu'on ne parle plus que de ça. Pour «oublier» aussi vite, et passer à autre chose...
Dans les médias de masse, on assiste généralement à un affrontement d'opinion, de points de vue, qui souvent prend son origine dans les quelques faits évoqués par un dépêche de Reuters ou de l'AFP. Tous les éditorialistes du PAF exposent leur point de vue sur une "affaire", mais le plus souvent sans s'appuyer sur des faits nouveaux. C'est la nature même de l'Internet que de faire remonter de nouveaux éléments et de permettre des expressions au delà du cercle étroit des éditorialistes officiels. Alors, il est vrai que l'on oublie aussi vite et l'on repasse à autre chose également avec Internet, sauf que tous les éléments du débat restent présents sur Internet et peuvent rebondir si l'affaire connait un nouveau développement, ou si une affaire de même nature survient dans quelques années. Avant Internet, une fois que l'on était passé à autre chose, c'était comme si l'affaire n'avait jamais existé.
El Gato
s'encombrer des faits
J'ai senti chez certains une sorte de délectation du goût du sang, une jouissance de la revanche des petits contre les grands, dans un acharnement qui ne s'encombrait pas des faits
Moi j'ai surtout ressenti une stupéfaction et une indignation envers la façon dont, dans un premier temps, les politiques avaient traité le viol d'une jeune fille de 13 ans.
Mais bon, à chacun sa sensibilité.
Ce qui m'étonne par contre c'est lorsque l'auteur de l'article après avoir regretté un "acharnement qui ne s'encombrait pas des faits", fait l'apologie d'Alain Finkielkraut qui n'a cessé dans cette affaire de simplifier les faits. (la victime n'était pas "innocente" parce qu'elle avait eu deux rapports sexuels avec son boy-friend, il n'y a pas eu viol car elle a posé déshabillée dans Vogues Hommes, comment peut on qualifier d'acte pédophile le fait de sodomiser une jeune fille de 13 ans alors que dans les années 70, on encensait les photos de jeunes filles en fleur de David Hamilton)
El Gato
Ressentiment populaire ?
Ressentiment populaire, ou ressentiment envers un Monde nouveau qu'Alain Finkielkraut n'arrive pas à appréhender dans sa complexité technologique ?
La thèse esquissée par Finkielkraut méritait sûrement un examen plus attentif, et des réponses plus argumentées, que les quolibets dont il fait l'objet sur le Net depuis son intervention. Le philosophe médiatique (c'est finalement ce statut qu'on lui reproche surtout, semble-t-il) voit dans ces polémiques l'expression d'un «ressentiment» populaire face aux élites, qui témoigne d'un dysfonctionnement de la démocratie. C'est une approche un peu moins simpliste, en effet, que la dénonciation des «tous pourris»...
Alain Finkielkraut ne pratique pas et ne connait pas Internet. De ce fait lorsqu'il le dénonce expliquant, par exemple, que c'est une poubelle, il se ridiculise parce qu'il défend une thèse respectable par une argumentation qui fait exploser son ignorance de l'outil qu'il prétend dénoncer.
http://www.dailymotion.com/video/x957zk_pour-finkielkraut-internet-est-u... ,
Plus qu'un ressentiment populaire envers les "élites", ce que Finkielkraut met en évidence, c'est un ressentiment de certaines élites âgées envers un Monde qui leur est de plus en plus étranger et dont Internet est le symbole. Alain Finkielkraut est bien conscient que ces nouvelles technologies ont un effet majeur sur le fonctionnement de la Société, mais il est incapable de l'analyser parce que l'outil qui en est à l'origine lui est étranger. Alors il rejette tout en masse.
C'est sans doute la première fois que la naissance d'un nouvel outil de connaissance échappe à ce point au contrôle des intellectuels. Lorsque la télévision est apparue, elle a été dénoncé par certains intellectuels, mais ce se sont d'autres intellectuels qui s'en sont emparés pour mettre la culture à la disposition des masses laborieuses. Les débats dans les débuts de la télévision se passaient entre gens du même monde. Ca a donné lieu à des émissions qui sont restées mythiques aujourd'hui,. Et puis la télévision est tombée dans les mains des publicitaires avec l'audimat pour seul critère, et son contenu horrifie probablement aujourd'hui Alain Finkielkraut, mais le media lui est familié. Lorsque l'on évoque cette époque bénie où la télévision était aux mains des intellectuels, on oublie généralement que dans les années 60, cette télévision centralisée était également un formidable outil de propagande politique aux mains de l'exécutif. Certes, la relation des journalistes au Président n'est pas simple, mais on n'a plus de Ministère de l'Information.
http://audevassallo.wordpress.com/2009/04/11/un-ministere-de-l%E2%80%99i...
El Gato
Du buzz sur Slate.fr
Voilà un article qui "va au fond des choses", ce qui n'est pas aussi courant que cela devrait l'être quand il s'agit du travail des journalistes.
Pour ne m'en tenir qu'à Slate.fr, je dirais que beaucoup de slateurs prouvent par leurs commentaires qu'ils voient les choses comme vous. Beaucoup ne se laissent pas aller dans le courant du buzz mais au contraire freinent des quatre fers, on a pu le voir sur les exemples que vous citez, mais aussi sur les suicidés de France Télécom dont vous ne parlez pas.
Votre lucidité vous honore, mais comment se fait-il que vous soyez directement à l'origine du buzz concernant le fils Sarkozy ? Ou bien aurais- mal compris ?
Quand vous dites à la fin de votre article : "C'est une opinion qui exprime SINGULIEREMENT sa passion de l'égalité", je suis obligée de constater que cette passion n'a rien de singulier, qu'elle est une des caractéristiques de l'âme française, un des moteurs de sa société, depuis la Révolution.
A cette époque-là on coupait les têtes, aujourd'hui on s'acharne sur les victimes du buzz !
Il faut espérer que viendra un jour un "Thermidor" du buzz sur le web.
La tenue des commentaires sur Slate.fr peut le laisser espérer.
Marianne Arnaud
la voie (x) de la sagesse
Excellent article de meme que la chronique de Finkelkraut dont il est question
La liberté d'expression ne doit pas etre un alibi popur toutes les mani^pulations, médisances, calomnies, diffamtions, propagation de fausses nouvells, incitation à la violenc et Internet qui n'est qu'n moyen de diffusion comme l'a été la parole, l'ecritue et l'imprimerie ne doit pas échapper à une réglementation
L'ethique des journalistes professionnels ou amateurs ne peut tolérer que
comme l'a ecrit Pierre André Taguieff :
"On puisse lutter efficacement contre les sociétés de liberté sans leur déclarer la guerre, en se contentant de leur oter leurs defenses immunitaires par la revendication hyperbolique de leur valeurs fondatrices"
Barba-Papa
La passion de l'égalité
En philosophe, c'est à cette «passion de l'égalité» qu'il fait référence, cette promotion à un tel niveau dans les sociétés démocratiques modernes de l'aspiration à l'égalité de tous, que le seuil de tolérance acceptable de l'inégalité ne cesse de se réduire dans les esprits.
J'ai été voir le lien sur Wikipedia retenu par Narvic pour expliciter ce que Finkielkraut entendait dénoncer:
"le premier risque est celui de la tyrannie de la majorité : un régime politique se caractérise par la règle de la majorité qui veut que, par le vote, la décision soit celle du plus grand nombre. Tocqueville relève que la démocratie comporte le risque d'une toute puissance de la majorité. Parce qu'il s'exerce au nom du principe démocratique, un pouvoir peut s'avérer oppressif à l'égard de la minorité qui a nécessairement tort puisqu'elle est minoritaire. Il est évident que le vote traduit des divergences d'intérêt et de convictions au sein de la société. Il peut ainsi se faire que la poursuite de l'égalité s'exerce au détriment exclusif d'une partie de la population. Selon Tocqueville la démocratie engendrerait le conformisme des opinions dans la société à cause de la moyennisation de la société. Ainsi il dénonce l'absence d'indépendance d'esprit et de liberté de discussion en Amérique[réf. nécessaire]. Quand toutes les opinions sont égales et que c'est celle du plus grand nombre qui prévaut, c'est la liberté de l'esprit qui est menacée avec toutes les conséquences qu'on peut imaginer pour ce qui est de l'exercice effectif des droits politiques."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_de_Tocqueville
Où est l'oppression de la pensée minoritaire par la pensée majoritaire ? Pas dans le fait qu'elle ait empêchée la pensée minoritaire de s'exprimer, puisque c'est au contraire une réaction à cette pensée qui a suscité le buzz sur Internet, et que c'est ce buzz qui a permis à ses adeptes, tel Finkielkraut, de rebondir.
Limiter l'accès aux médias à une supposée élite ne garantissait pas, bien au contraire, la liberté d'esprit ou la liberté de discussion. C'est parce qu'Internet permet de contester la pensée d'une certaine élite auto-proclamée que la liberté de l'esprit est défendue par la nature même d'Internet. Alors il est vrai qu'en théorie Internet met au même niveau toutes les pensées, leur donne à toutes la même légitimité, mêmes les plus folles (révisionnisme, messages haineux etc.) là où auparavant, seuls ceux qui avaient accès au médias traditionnels étaient légitimés. Cependant si formellement, toutes les pensées sont égales, ce n'est pas nécessairement celle du plus grand nombre qui prévaut, comme le prouve le buzz qu'ont suscité les interventions de Finkielkraut. :~)
El Gato
Manipulations
Je crois comme vous que Marine Le Pen prévoyait ce qu'elle a provoqué. Mais aussi Jean Sarkozy. On aura jamais parlé autant de lui. C'est un beau début en politique que d'être villipendé. Je crois que la plupart des journalistes (je ne dis pas : tous), sont manipulés et se comportent comme des moutons. Ce qu'on lit sur internet dans Le Monde, Libé, Google News ou Le Figaro, c'est exactement la même sauce. Qui a le pouvoir dans cette magnifique orchestration? On sait que les infos en cachent d'autres, peut-être plus réelles, plus importante pour la démocratie. Merci en tous cas pour cet article qui pose les vrais problèmes, me semble t-il.
MT
Spécificité de la cascade Polanski/Mitterrand/Jean
Pas d'accord avec ce billet, narvic. La cascade que vous prenez pour exemple dans n'a à mon sens rien de classique, ne peut être prise pour exemple de la dynamique du buzz sur internet. Non seulement on a vu sur ces sujets nombre de billets captivant sur la Toile, mais surtout leur dynamique fut très particulière à mon sens, chacune des affaires renforçant désastreusement le caractère négatif de la suivante.
On s'est retrouvé dans un monumental choc de communications, sur deux des sujets les plus prisés par Sarkozy depuis 2003 : les crimes sexuels et l'idée que peuples et élites sont déconnectés. Il a quasiment assis sa popularité sur ces deux axes, et il s'est brutalement retrouvé en confrontation frontale avec ceux-ci lors de l'affaire Mitterrand mais surtout avec son fils juste derrière. Le court-terme a rencontré frontalement le long-terme, et en se cannibalisant ainsi ne pouvait que démesurément renforcer la résonance de ces informations. On remarquera d'ailleurs la durée très inhabituelle de chacune de ces éruptions médiatiques, les buzz ayant normalement une durée de vie au sommet de l'affiche très courte. Bref, on est ici plutôt en face d'une "perfect storm" provoquée par les différentes com' de Sarkozy : quand on joue et qu'on renforce pour son propre intérêt des notions au symbolisme très puissant en France, et qu'on a tellement bien réussi qu'on est devenu à soi tout seul le référent du pays, défendre successivement l'exact inverse ne peut que s'avérer désastreux. Je dois vous avouer que "l'affaire Jean" a fait naître l'odeur du sang chez moi, mais pas pour les raisons que vous citez : la question qui se posait était plutôt de savoir jusqu'où la communication sarkozyienne parviendrait, et je crois qu'on a la réponse aujourd'hui.
Marine Le Pen a pris le train en marche à la manière de Sarkozy, mais ces phénomènes ont explosé sur internet (et dans tous les comptoirs de France et de Navarre au passage, je n'avais jamais vu une telle unanimité sur des sujets, et quelque soit le bord politique) .
Bref, j'en ai fait un article dernièrement, sous l'angle de la rencontre frontale de terrains communicationnels que Sarkozy seul a déroulés depuis des années... le fort se cannibalise : http://moktaramablog.over-blog.com/article-comment-messieurs-fils-et-nev...
Miscellanée de réflexions - Moktaramablog
les politiques ont confisqué le droit à s'exprimer.
L'article est intéresssant mais il oublie que la confiscation de la parole, de l'écrit du droit de la liberté de ses opinions ont été emprisonnés par les "élites" qui ne correspond pas à la définition "petit groupe considéré comme ce qu'il y a de meilleur ,de plus distingué" .
Pour ma part une grande majorité de ceux que vous nommez élites est bien loin de la défintion mais plus dans le bal des menteurs et des incompétents, d'ailleurs l'explosion des lois sur un même sujet montre que jamais un dossier est étudié, du tenant à l'aboutissant mais est constitué de bout de ficelle.
Cela dit les politiques sont depuis très longtemps déconnectés de la réalité des français et de la place de la France dans le monde pour qui a voyagé et voyage il ya un grand écart entre ce que représentait France dans les années 70 et celle d'aujourd'hui.
Le Net à permis aux français de reprendre leur place dans la politique et de pouvoir exprimer, bien ou pas, leurs idées et dire par écrit ou autres supports, aux représentants de la nation non ou oui nous acceptons vos actions ou commentaires.
L'action des politiques n'est jamais dans fond mais seulement superficielle, on voit sur Slate les éditos de M. Hollande ou M.Coppe beaucoup de propositions beaucoup d'idées mais jamais finies ou sur je tape sur le voisin le moyen des politiques d'exister.
A ce sujet l'opposition à part taper sur le Président est sans idée pour notre pays ou du moins pour faire des propositions qui pourraient redonner une noblesse à cette opposition qui ne trouve ni leader ni ligne politique pour notre pays.
Comment marche le politique aux faits divers rarement un poltique anticipe.
L'exemple de la crise les banques et les rémunérations à chaque révélation des journalistes les politiques voulaient "pondre" une loi et toujours pour calmer les non-élites la "populasse". Comment le Président peut convoquer 7 fois les banques pour à chaque fois un sujet différent, cela prouve que les dossiers ne sont pas étudiés.
Le buzz médiatique a été créè par les politiques qui ont allumé le feu et qui souhaite l'encadrer pour continuer à faire semblant d'être une élite mais les meilleurs sont rares et que dire de distingués.
Politique, tous partis confondus "un métier" superficiel où se mélange people , copinage, mensonges, "perte" de mèmoire,bien loin des pb des citoyens et notre pays.
Il y a que notre France pour avoir un parti qui garde encore dans son nom le mot communisme voilà une preuve de l'archaisme de nos politiques
Le BUZZ le seul moyen de faire changer les politiques ne pas confondre avec les élites.
MAYOMBE
Buzz et blogs
Quand Slate fait appel à une "star" de la blogosphère, il nous est donné de lire un article excellent, rigoureux et pertinent. Reste à mettre en parallèle, me semble-t-il, la multiplication des buzz sur internet et de la "presse gratuite" sur ce même internet avec la dégringolade de la presse traditionnelle.
Narvic aurait pu aussi ajouter que, rien qu'en France, 9 millions de blogs, dont 2.5 millions actifs, sont recencés d'ou peut-être aussi le dynamisme d'internet et la créativité "buzzesque".
De par l'importance de ces chiffres, les médias tradionnels ont d'ores et déjà perdu de leur superbe et leur domination sur l'information.
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Article reprenant la polémique avec André Gunthert
Suite à votre discussion avec André Gunthert sous son billet "Narvic buzze-t-il?" , m'est venue l'idée de décortiquer les différents sens que l'on donne au "buzz" , et dont vous me semblez faire un bel amalgame dans votre article... bref, comme je reprends de manière extensive votre débat sur le sujet, je me suis dit que ça se faisait de vous prévenir. Le billet en question : "Débat de blogueurs : buzz, morale et sémantique "
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