Sous le règne du buzz, malaise dans la politique et l'information

Internet amplifie et accélère la colère de l'opinion, attisée par les politiques et les médias. Attention danger!

Nous venons de vivre, dans la succession des «affaires» Roman Polanski, Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, une quinzaine étonnante, et peut-être même un peu inquiétante quant au nouveau régime de l'information qui se forme peu à peu sous nos yeux, depuis qu'internet prend une place de plus en plus importante parmi l'ensemble des médias d'actualité.

On peut simplement se borner à remarquer que «ça buzze», repérer le mouvement à sa naissance et s'y insérer pour être porté par sa puissance et sa force d'inertie (c'est toujours bon pour l'audience, ça, coco!). On peut observer aussi «comment ça buzze», pour constater comment ces mouvements sont souvent «spontanés» et «auto-entretenus» (mais pas toujours), et qu'ils fonctionnent «en avalanche» [sur novövision: Quel journalisme à l'ère de l'info-buzz?]. On peut se demander enfin «pourquoi ça buzze»?

Bien peu de gens se penchent aujourd'hui réellement sur cette question. Et quand certains tentent de le faire tout de même (plus ou moins adroitement - je vais y revenir), ils ne sont pas entendus, ou on les comprend de travers, jusqu'à faire de leur intervention «à contre-courant» un nouvel «objet de buzz». On ne peut pas aller contre le buzz, sauf à le nourrir en s'y opposant...

Mais on peut y réfléchir plus tard, quand l'effet épidermique est un peu retombé. S'apercevoir alors, qu'à l'instar des rumeurs, le buzz ne s'embarrasse pas beaucoup de la vérité des faits, de la complexité des situations, de leur contextualisation et de remise en perspective. On peut même se demander si l'«objet du buzz», ce qui lui a servi de support, assurant sa diffusion, se sert pas au fond de prétexte ou d'alibi pour exprimer un autre message...

L'étourdissante succession des buzz

L'observation de ce qui s'est dit dans les blogs ces derniers jours sur ces trois thèmes «Roman Polanski», «Frédéric Mitterrand», «Jean Sarkozy» (au moyen de l'outil statistique Blogpulse) est parlante. Encore ne s'agit-il que de ce que disent les blogueurs dans leurs blogs...

 


 

L'outil statistique Google Trends nous renvoie sur les mêmes thèmes une autre observation: celle de ce que les internautes, dans leur ensemble et non plus seulement les blogueurs, ont cherché durant la même période dans le moteur de recherche le plus utilisé. Les courbes sont manifestement similaires.

 

L'observation sur ce qu'en ont dit les médias d'information (partie inférieure du second graphique) indique à peu près la même chose: une succession de buzz, montant extrêmement rapidement «en mayonnaise», pour atteindre des pics et occuper un temps tout l'espace médiatique, et retombant aussi vite, aussitôt remplacés par un autre buzz fonctionnant sur le même modèle.

Cette étourdissante succession, imposant son propre agenda de l'actualité aux médias, est-elle une illustration de notre avenir de l'information ? J'avoue que cette perspective me met très mal à l'aise [sur novövision : Web de flux contre web de fond?]...

Quand médias et Internet entrent en résonance...

Nous ne sommes pas face à un phénomène spécifique d'internet. Certes, le Réseau joue dans ces phénomènes de buzz un rôle déterminant, mais on en connaissait déjà de semblables avant. Il existait déjà dans les médias de masse, qu'on peut qualifier aujourd'hui de traditionnels, tels que la radio, la télévision et la presse grand public, quand ils se focalisaient régulièrement sur le même sujet au même moment, de manière «moutonnière», jusqu'à ce qu'on ne parle plus que de ça. Pour «oublier» aussi vite, et passer à autre chose...

Internet s'insère très bien dans ce fonctionnement et joue le rôle d'accélérateur et d'amplificateur du phénomène. C'est même lorsque les médias de masse traditionnels et les médias d'internet se répondent l'un l'autre que le phénomène prend aujourd'hui une ampleur inédite. [sur novövision: Susan Boyle (2) : quand la télévision se trouve si belle dans le miroir d'internet].

C'est à se demander si les médias traditionnels n'ont pas trouvé, enfin, avec internet, cette réponse de leur audience, après laquelle ils courraient tous depuis longtemps. Internet semble en effet fournir une température en temps réel des attentes de l'audience autrement plus rapide et efficace que l'observation du nombre d'invendus dans les kiosques à journaux, de l'observation quart d'heure par quart d'heure de l'audience des émissions télévisées, et des autres moyens marketing.

On comprend l'intérêt de la démarche pour des médias de plus en plus placés «sous l'emprise du marketing» (cf. Yannick Estienne : Le journalisme après internet), qui consiste à ajuster au plus fin l'offre éditoriale à la demande réelle du marché solvable. La très mauvaise santé économique du secteur de l'information, en général, pousse inexorablement dans ce sens. Mais je me demande aussi ce que devient l'information dans tout ça. Et c'est bien ça qui me met mal à l'aise...

Où est l'info?

Je suis tenté d'appliquer la vieille méthode du journalisme que m'a enseignée, dans mes premières années, un rédacteur en chef de presse qui avait du sang-froid et «de la bouteille». Face à n'importe quelle nouvelle, demande-toi toujours: «où est l'info?»

Or, face à cette étourdissante succession que nous venons de connaître, la réponse est bien difficile à apporter. Si l'on veut considérer le fond des «affaires» Polanski, Mitterrand, Sarkozy, il faut bien reconnaître que ces buzz n'étaient pas du tout «porteurs» de l'information qu'on pouvait attendre. Ils l'ont même carrément manquée, au point de virer quasiment à la désinformation, en tout cas à la mal-information. Ces buzz ont en effet fort maltraitées ces trois histoires, dans la simplification à outrance, dans l'absence totale de nuance, de prise en compte de la complexité des situations, sans aucune mise en perspective et en contexte. Bref de la très mauvaise information et une quasi absence de journalisme dans tout ça!

Il y a pourtant une information à «extraire» de ces buzz. Pas à propos de Roman Polanski, Frédéric Mitterrand, ni de Jean Sarkozy eux-mêmes, mais à propos de ceux qui les ont relayés.

Où est la complexité de l'affaire Polanski?

L'affaire Polanski a été réduite à une simplification outrancière, sans guère d'égards envers la jeune fille victime du réalisateur, sans tenir compte réellement de la personnalité de l'accusé, en évacuant — surtout! — toute la complexité d'une histoire qui dure depuis trente ans (droit international, géopolitique, droit spécifiquement américain sur la prescription, ancienneté des faits. Etc. Etc. Etc).

Avez-vous eu l'impression que le «buzz Polanski» abordait cette affaire dans toute la complexité qui est la sienne? Ou bien avons-nous assisté à une justice expéditive opérée dans la rue par le Peuple, qui se saisit d'un coupable qu'il désigne sans procès? Et pour des motifs probablement très éloignés des faits à reprocher réellement à l'accusé?

Mitterrand et les manipulations de texte de Marine Le Pen

L'affaire suivante pourrait bien nous conduire à des remarques similaires. Le facteur déclenchant du buzz Mitterrand est cette fois l'intervention de Marine Le Pen sur France2. Celle-ci, qui est avocate et dont on imaginera pas un instant qu'elle méconnaît le droit et le sens des termes qu'elle emploie, ressort un livre vieux de 2005, un gros succès de librairie qui n'avait pas causé le moindre scandale à l'époque.

Son attaque à une heure de grande écoute, manifestement préparée - elle lisait ses notes, est articulée autour de deux expressions: «pédophilie» et «promotion du tourisme sexuel». Son réquisitoire entretient l'amalgame entre homosexualité, pédophilie et une prétendue «promotion du tourisme sexuel», devenu dans le vacarme du buzz et dans l'esprit de nombre de ceux que j'ai vu commenter cette affaire — c'était probablement-là l'objectif de Marine Le Pen — une... promotion de la pédophilie!

Certes, Marine Le Pen n'a jamais accusé Frédéric Mitterrand de faire la promotion de la pédophilie, elle ne l'a pas accusé non plus de faire l'apologie d'un relativisme moral d'esthète décadent. C'est pourtant ce que le buzz aura retenu. C'était l'objectif. Et c'est ça mon problème.

La machine à laver du buzz

Ainsi parties, et à vrai dire aussi mal parties, on ne s'étonne pas de la tournure très désagréable qu'ont pris ces deux affaires quand elles se sont retrouvées mêlées dans le tambour de la grande machine à laver du buzz médiatique.

Que cherchait Frédéric Mitterrand en prenant si maladroitement la défense publique de Polanski? Justifier son impunité devant la justice au nom du génie artistique du cinéaste? Se défendre lui-même par avance (dans une sorte d'anticipation presciente?) des accusations qui allaient sous peu - justement! - être aussi portées contre lui? Illustrer ainsi une sorte de «solidarité de classe» d'une élite artistique décadente et moralement corrompue? J'ai lu tout ça, parfois entre les lignes, et parfois dans le texte, dans le flot des commentaires suscités par ces histoires, et qui ont souvent viré carrément au populisme du «tous pourris!»

J'ai senti chez certains une sorte de délectation du goût du sang, une jouissance de la revanche des petits contre les grands, dans un acharnement qui ne s'encombrait pas des faits. J'en ai lu d'autres tenter de remettre un peu d'intelligence et de contexte dans ces histoires, mais se voir aussitôt méchamment rabroués, voire accusés de collusion, et rester au final... inaudibles.

Pourquoi ça buzze?

Guère adroit dans son expression, et peut-être pas le mieux placé pour conduire cette réflexion, je n'ai guère vu qu'un Alain Finkielkraut tenter sur France-Inter de se poser la question du pourquoi ça buzze?, pourquoi ça buzze sur ce thème, à propos de ces histoires-là, et pourquoi maintenant?

La thèse esquissée par Finkielkraut méritait sûrement un examen plus attentif, et des réponses plus argumentées, que les quolibets dont il fait l'objet sur le Net depuis son intervention. Le philosophe médiatique (c'est finalement ce statut qu'on lui reproche surtout, semble-t-il) voit dans ces polémiques l'expression d'un «ressentiment» populaire face aux élites, qui témoigne d'un dysfonctionnement de la démocratie. C'est une approche un peu moins simpliste, en effet, que la dénonciation des «tous pourris»...

En philosophe, c'est à cette «passion de l'égalité» qu'il fait référence, cette promotion à un tel niveau dans les sociétés démocratiques modernes de l'aspiration à l'égalité de tous, que le seuil de tolérance acceptable de l'inégalité ne cesse de se réduire dans les esprits. Et ce qui ne «passe pas», c'est bien cette invitation de Finkielkraut à faire la part des choses entre un niveau de corruption et d'impunité des élites qui augmenterait, ou simplement un seuil de tolérance de l'opinion publique qui diminuerait...

C'est bien le caractère symbolique de ces histoires, et un symbole dans lequel l'opinion ne gêne pas de faire rentrer les faits au chausse-pied, que révèle ces buzz. Ces histoires ne prouvent nullement que les élites seraient aujourd'hui plus décadentes et corrompues qu'auparavant, qu'elles jouiraient d'une impunité pour leurs turpitudes plus importantes qu'hier (ces deux histoires, quand on les aborde sur le fond, pourraient même illustrer le contraire). Mais au cœur du buzz, quand l'opinion s'empare de ces histoires singulières et complexes pour en faire des symboles simples, c'est bien ce message-là qui est porté.

Il n'est d'ailleurs guère étonnant que les artistes soient le point de focalisation de ces buzz de dénonciation d'une atteinte symbolique au principe devenu sacré de l'égalité. De plus en plus, la revendication des artistes à l'«exception culturelle», cette idée de l'artiste, créateur solitaire et marginal, à l'avant-garde de la société, avec laquelle il est en droit de prendre certaines «licences artistiques», toute cette conception de l'artiste issue du mouvement romantique du XIXe siècle, est de plus en plus ressentie comme une sorte d'attentat démocratique permanent. Elle est de moins en moins socialement tolérée. Lire Guillaume Champeau (Numérama) : L'affaire Mitterrand ou la place de l'artiste dans la hiérarchie des hommes (qui illustre fort bien, selon moi, ce point de vue).

Jean Sarkozy est partout !

Moins dramatique, notre troisième buzz de la quinzaine illustre au fond exactement le même schéma: le tollé contre le projet de placer Jean Sarkozy à la tête de l'établissement public d'aménagement du quartier de la Défense (Epad).

Je peux contribuer à vous le raconter en connaissance de cause, puisque j'ai participé de très près à sa naissance, un certain vendredi soir, il y a huit jours. Ça a commencé comme un truc plutôt potache et sur le ton de la dérision: un message sur Twitter du journaliste de Libération Florent Latrive, qui amuse beaucoup le blogueur Versac (Nicolas Vanbremeersch) et moi. Nous nous mettons à envoyer à notre tour auprès de ceux qui suivent nos conversations sur Twitter (quelques centaines de personnes seulement au début) des blagues sur le même thème: «Jean Sarkozy est partout».

A notre grand étonnement, en tout cas du mien, l'idée plaît à nos lecteurs, qui entrent dans le jeu, participent et relaient à leur tour auprès de leurs propres «amis» sur Twitter. Ainsi naît, de proche en proche, en quelques heures, un véritable effet boule de neige, c'est-à-dire... un buzz, qui s'est poursuivi tout le week-end. Dès le lundi, nos blagues étaient rapportées dans les médias (LePost, Télérama, Ecrans, 20minutes...),, achevant de transformer la boule de neige en avalanche. Des milliers de messages ironiques (et rarement méchants) se sont ainsi déversés en quelques jours, jusqu'à éclipser le buzz Mitterrand, qui avait lui-même éclipsé le buzz Polanski...

Le peuple contre les élites

Quand on veut bien regarder de près, le message porté par ce buzz est exactement le même que les précédents: la passion du Peuple pour l'égalité, bafouée par les pratiques des élites corrompues! Il n'est plus question des turpitudes sexuelles des artistes et de leur impunité supposée. Le buzz est plus gentil mais il touche directement à la question de la méritocratie et de la promotion sociale, le fameux «ascenseur social en panne», aussi bien pour les jeunes des cités que pour ceux des classes moyennes, alors que «le piston» fonctionne toujours aussi bien pour les enfants des riches... Lire Bénédicte Bertin-Mourot: Jean Sarkozy, une claque à la méritocratie, sur Slate.fr.

C'est d'autant plus choquant en effet pour ceux qui ont du mal à accéder aux études ou aux emplois qu'ils voudraient, et qu'ils méritent d'ailleurs peut-être, que Nicolas Sarkozy s'était pourtant élevé contre le «piston» lors de la campagne électorale: «Ceux qui partent de plus loin, la République doit leur donner davantage [...] Celui qui n'a pas la même couleur de peau que les autres et qui est né dans une famille où on n'a pas de relations doit être davantage aidé que celui qui a toutes les chances» (discours devant le Conseil national de l'UMP, le 16 novembre 2006 - L'Express.fr)

L'histoire que le buzz prend cette fois en otage, qui sert d'«alibi» selon l'expression de Finkielkraut, pour exprimer un message dont elle n'est que le symbole, n'est d'ailleurs pas plus que les autres une si probante démonstration de ce qu'elle est censée symboliser.

Jean Sarkozy, à son âge et avec ses diplômes, ne serait donc pas compétent pour le poste? S'est-on d'abord assuré, avant de crier au loup, que le poste demandait tellement de compétences, ou bien ce n'est que de la simple figuration? D'ailleurs, c'est quoi l'Epad? Ça sert à quoi, comment ça fonctionne, qui décide? Je dois bien vous avouer que je ne me suis nullement soucié de cet aspect de la question avant de balancer mes blagues sur Twitter, et je suis bien persuadé que c'est la même chose pour les autres...

Le buzz répond à une question qui n'est pas posée

Comme dans les cas précédents, le problème n'est de toute façon pas là, et c'est bien ce qui me chiffonne avec ces buzz. La question n'est pas de savoir si Roman Polanski est bénéficiaire ou victime de sa notoriété dans l'affaire judiciaire qui le poursuit depuis trente ans. La question n'est pas de savoir si Frédéric Mitterrand est victime d'une manipulation orchestrée par le Front national. La question n'est pas de savoir si Jean Sarkozy n'est pas en train de débuter une grande carrière politique dans le fief de son père...

A travers ces buzz et par le levier d'Internet qui entre en résonance avec les médias traditionnels, l'opinion publique prend prétexte d'une actualité pour imposer son propre agenda au monde politique et médiatique. Et elle ne se soucie guère de le faire avec des pincettes, ni même avec des précautions. Cette opinion publique, qui est désormais pour une partie une opinion publique numérique (Nicolas Vanbremeersch : De la démocratie numérique) ne s'embarrasse pas de faire du journalisme quand elle a quelque chose à dire.

L'information en fait les frais, dans les cas Polanski et Mitterrand surtout, et ces derniers ont de quoi s'estimer, en quelque sorte, victimes collatérales d'un buzz qui ne les prend pour cible que comme prétexte pour faire passer un autre message. Malheureusement, j'en ai bien peur, c'est tant pis pour eux.

Populisme et valeurs républicaines

On peut s'interroger sur ce message, mais aussi sur la manière dont il est diffusé. C'est le message d'une société inquiète et à fleur de peau, prête à s'enflammer comme une brindille, notamment sa jeunesse. Une société angoissée par la crise économique et l'absence d'aucune perspective de sortie de crise clairement dessinée aujourd'hui. On n'est même pas sûr que le pire ne soit pas encore à venir... Le tout sur un fond de catastrophisme ambiant, de réchauffement climatique en pandémie mondiale.

C'est une opinion qui exprime aussi dans ces buzz son attachement à certaines valeurs républicaines, et singulièrement sa «passion de l'égalité», celle-ci probablement exacerbée par la panne de l'ascenseur social, l'abandon de la population des banlieues à son sort, le déclassement des classes moyennes, la fracture générationnelle et le démantèlement de l'Etat providence.

La manière dont cette opinion exprime ce malaise est proprement explosive. J'y vois pour ma part, clairement, des accès de populisme. Je ne suis donc guère étonné de voir que c'est aujourd'hui le Front national qui sent le mieux cette opinion et réussit fort bien à exacerber son trouble pour mieux l'exploiter électoralement.

Effet boomerang

Je constate aussi l'incapacité du monde politique républicain à canaliser cette expression populaire, pour la porter sur un programme politique qui réponde réellement à sa souffrance. Ce dont ces accès de buzz populiste témoignent le plus à mon avis, c'est de l'impuissance des politiques face à la crise, ce qui ne fait qu'exacerber encore le ressentiment populaire à son encontre et encourage chaque jour un peu plus celui-ci à se jeter dans les bras des extrémismes, qui n'ont aucune solution à apporter et ne font qu'exploiter le chaos qu'ils contribuent à alimenter.

Internet là-dedans ne fait qu'amplifier et accélérer un phénomène dont le moteur est ailleurs.

Les journalistes, comme les hommes politiques, doivent s'interroger. Quel est leur rôle dans cette situation? A quoi servent-ils? A chevaucher le buzz, pour l'exploiter eux aussi? Espérer qu'il ramènera vers leurs médias cette précieuse audience qu'ils monétiseront aussitôt en publicité? Ce modèle économique est-il seulement viable? Surtout, est-ce encore du journalisme et de l'information? Quand le buzz politique est un peu fatigué ou en berne, tout les moyens sont-ils bons pour le réveiller: le people, le faits divers, et — comble du luxe! — le fait divers people? Le règne sans partage du marketing éditorial auquel tout cela conduit, la démocratie y survivra-t-elle?

Oh oui, décidément, ces buzz posent bien des questions intéressantes, mais pas forcément celle qu'ils affichent à leur surface.

Narvic

Image de une: CC Flickr dixit M

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