Monde

L’Iran est-il un pays aussi fragile que l’Irak et la Syrie?

Temps de lecture : 2 min

Station d’approvisionnement en eau dans un village non loin de Khasab (Sultanat d’Oman),  REUTERS/Ahmed Jadallah
Station d’approvisionnement en eau dans un village non loin de Khasab (Sultanat d’Oman), REUTERS/Ahmed Jadallah

Une des raisons souvent avancées pour expliquer les guerres civiles, ethniques et religieuses qui détruisent l’Irak et la Syrie est le caractère artificiel de ces Etats nations. Leurs frontières ont été établies sans tenir compte des populations et sont le fruit de savants calculs géopolitiques faits il y a tout juste un siècle par le fameux tandem de diplomates anglais et français Sykes-Picot.

L’Iran issu de la riche culture et de la longue histoire perse est considéré comme un pays bien plus homogène et réel, une vraie nation du Moyen Orien à l'image de l’Egypte ou la de Turquie, hors la minorité kurde. Mais l’Iran est bien plus diverse et fragmenté qu’on l’imagine avec des minorités importantes. Les Perses représentent moins de 60% de la population et doivent compter notamment avec les Azeris, les Kurdes, les Turkmens, les Baloutches et les Arabes… entre autres.

Si l’Iran est un pays chiite en très grande majorité, la majorité des Kurdes, des Baloutches et des Turkmens sont sunnites. Ces derniers représentent en tout au moins 10% de la population.

La minorité arabe qui vit au sud-ouest du pays, dans la région du Khouzistan où se trouvent les plus importantes ressources de pétrole et de gaz du pays, est elle chiite. Mais cela n’empêche pas les tensions. La région s’appelait auparavant l’Arabistan est a été débaptisée après sa conquête en 1925 par les perses. Les arabes d’Iran n’ont pas le droit d’utiliser la langue arabe et n’ont pas le droit de s’engager dans des activités politiques et culturelles mettant en avant leur communauté. Ils se sentent dépossédés de leurs richesses naturelles, énergétiques mais aussi de leur eau. Deux barrages ont été construits sur les deux principales rivières de la région pour amener de l’eau vers d’autres régions. L’agriculture du Khuzistan en a beaucoup souffert et de nombreux villageois arabes privés de récoltes et de revenus sont venus gonfler les bidonvilles des grandes villes.

Plusieurs manifestations demandant un partage plus juste des richesses ont été sévèrement réprimées par le régime au cours des dernières années et des exécutions d’opposants arabes ont lieu tous les ans. Les corps sont souvent exposés dans les rues pour effrayer la population.

Selon plusieurs spécialistes de l’Iran, le régime prend des risques pour l'avenir en maltraitant les minorités ethniques et religieuses dont les populations, pour des raisons démographiques, seront bientôt aussi nombreuses dans le pays que les perses d’origine.

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