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L’armée de trolls de Poutine n’aime pas être dénoncée

, mis à jour le 04.06.2016 à 11 h 56

Troll | Eirik Solheim via Flickr CC License by CC

Troll | Eirik Solheim via Flickr CC License by CC

En essayant d’exposer les recoins sombres de l’internet et plus particulièrement l’activité de «l’armée de trolls» russe qui s’en prend à tout ceux qui dénoncent le régime de Poutine, une journaliste finlandaise a connu une expérience difficile. Cette histoire racontée par le New York Times est celle de Jessikka Aro qui travaille sur les réseaux sociaux pour la télévision publique finlandaise.

Elle a eu l’audace de demander aux auditeurs de partager leurs expériences des attaques en lignes et autres harcèlements menés par l’armée de trolls russe. Elle a reçu de nombreux témoignages mais a été surprise et choquée d’être victime à son tour d’une campagne personnelle de harcèlement et d’insultes. «Toute ma vie est devenue un enfer grâce aux trolls», déclare Jessika Haro.

Cette armée de trolls qui par la désinformation, l’intimidation, la saturation des réseaux et les attaques personnelles s’en prend aux critiques contre la Russie est devenue si omniprésente et perturbante qu’à la fois l’OTAN et l’Union Européenne ont créé des unités spéciales pour lutter contre ce qu’ils perçoivent comme une menace contre la démocratie et la sécurité en Europe. En novembre 2015, l’Union Européenne a lancé un hebdomadaire en ligne Disinformation Review qui met en avant les manipulations et désinformations de la propagande russe.

C’est une véritable guerre de l’information, explique au New York Times, Rastislav Kacer, un diplomate slovaque qui a été ambassadeur de son pays à Washington et à l’OTAN à Bruxelles. «C’est un élément d’un combat plus large. Même s’il ne se traduit pas par du sang répandu, c’est aussi dangereux qu’une action hostile plus conventionnelle».

La situation est devenue de plus en plus compliquée pour Jessika Haro quand après avoir fait un reportage sur l’opposition russe, elle a trouvé à Saint-Pétersbourg le bâtiment où se trouve une des «usines» de l’armée de trolls russe qui produit en permanence de fausses informations et inonde les réseaux sociaux de dénonciations d’opposants à la politique de Poutine et de commentaires. En retour, Jessika Haro a été présentée comme une droguée et une trafiquante et moquée comme une bimbo sur le retour vendue aux Etats-Unis dans une vidéo postée sur YouTube. «Il y a tellement de couches successives de mensonges et de falsifications vous vous y perdez», explique Jessika Haro qui a reçu en mars le Grand prix du journalisme finlandais.

La raison de cette virulence à son encontre tient notamment au fait que la Finlande, voisin de la Russie, est un pays stratégique. Moscou veut absolument empêcher que la Finlande entre dans l’OTAN.

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