Sciences / Boire & manger

Le plastique, la junk-food des petits poissons

Temps de lecture : 2 min

Certains jeunes poissons préfèrent manger des microplastiques plutôt que du plancton.

Plastic Fish | Brad.K via Flickr CC License by
Plastic Fish | Brad.K via Flickr CC License by

«Les poissons mangent du plastique comme les adolescents mangent au fast-food, selon des chercheurs», rapporte BBC News. D’après des scientifiques suédois, des jeunes poissons peuvent préférer boulotter des petits morceaux de plastique plutôt que du plancton.

Pour leur étude, publiée dans Science, l’équipe a exposé certaines jeunes perches à des concentrations élevées de microplastiques, d’autres à une eau non contaminée. En l’absence de microplastiques, 96% des œufs ont éclos avec succès. Ce chiffre est tombé à 81% pour les œufs exposés à de grandes quantités. Et les poissons nés dans des eaux contaminées étaient «plus petits, plus lents et plus stupides», et surtout largement plus vulnérables aux prédateurs.

Mais le plus surprenant, c’est la manière dont le plastique a changé les préférences alimentaires des poissons. Même s’ils avaient tous accès à des planctons, les poissons exposés au plastique ont préféré manger… du plastique.

Menace sur les écosystèmes

«Ils se sont trompés en pensant que c’était une ressource riche en énergie, qu’ils devaient manger en grande quantité. Je pense que c’est aussi malsain que le fast-food pour les adolescents, ils se remplissent juste de nourriture», dit Oona Lonnstedt, de l’Université d’Uppsala, auteure principale de l’étude.

Les chercheurs constatent que des espèces comme la perche ou le brochet déclinent dans la mer Baltique, tandis que les décès au stade juvénile augmentent, tout comme les pollutions plastiques. Si les microplastiques ont un impact sur les jeunes poissons d’autres espèces, cela pourrait avoir «des effets profonds» sur les écosystèmes aquatiques.

Selon des estimations publiées en 2015, plus de 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont disséminées dans les mers et les océans chaque année. Exposée aux UV, à la dégradation chimique et au mouvement des vagues, la matière se décompose en petits morceaux: ceux qui font moins de 5 millimètres sont appelés microplastiques. Il peut aussi s’agir de microbilles présentes dans les produits cosmétiques.

Les auteurs de cette étude appellent donc à l’interdiction de ces menaçantes microbilles en plastique dans les cosmétiques. L’Union européenne se penche sur la question. Et les États-Unis ont déjà adopté une loi banissant leur usage, qui entrera en vigueur en 2017.

Slate.fr

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