Tech & internet

Il y a plus de traqueurs sur les sites d'infos que sur les sites porno

Temps de lecture : 2 min

Une étude menée sur un million de sites permet d'en savoir plus sur les nouvelles techniques utilisées.

white and color | olle svensson CC License by
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«Sur internet, personne ne sait que vous êtes un chien». La petite phrase en dessous du dessin de Peter Steiner paru dans un numéro du New Yorker était vraie en 1993. Vingt-trois ans plus tard, les choses ont bien changé, et le web vous surveille plus que jamais. En fait la majorité des sites que vous visitez (dont Slate.fr) essaient d'en savoir le plus possible sur vous afin de vous proposer des publicités ciblées, personnaliser ce que vous voyez, voire parfois vous faire payer un prix différent pour une même chose.

C'est en tout cas le résultat d'une étude menée par Arvind Narayanan et Steven Englehardt à Princeton. Ensemble, raconte The New Scientist, ils ont analysé les 1.000.000 de sites les plus visités pour savoir comment ils essaient de suivre vos habitudes sur le web.

«Narayanan et Englehardt ont découvert que de nombreux traqueurs partageaient des informations qu'ils récoltaient avec au moins une autre entité, parfois des douzaines de fois. Cet audit a également permis de révéler des techniques de “fingerprinting” que des sites emploient. Ici, le site demande au navigateur d'effectuer une tache que l'utilisateur ne peut pas voir. Le site identifie les machines en fonction des légères différences de performance. Avant, les traqueurs réalisaient ceci en regardant comment le navigateur dessine une graphique. Désormais, ils vérifient quelles polices de caractère sont installées, où la façon dont le navigateur traite l'audio. Certains traqueurs ont même collecté le niveau de la batterie.»

Pendant leur étude, ils ont dénombré 81.000 de ces traqueurs. Et comme ils le racontent dans leur article, ils ont découvert qu'ils n'étaient pas répartis de manière uniforme, et que certains sites en ont beaucoup plus que d'autres. En général ce sont les sites d'informations qui en sont le plus friands, «puisque la plupart d'entre eux fournissent leurs articles gratuitement, et manquent de financements externes, ils doivent monétiser leurs pages vues avec beaucoup plus de pubs». À l'inverse, les sites gouvernementaux, d'universités, d'organisations à buts non-lucratif, et les sites pour adultes sont généralement ceux qui comptent le moins de traqueurs.

Les deux chercheurs indiquent par ailleurs que si vous souhaitez réduire votre exposition à ces traqueurs, vous avez deux moyens: les fonctionnalités déjà présentes dans votre navigateur, ou des extensions comme Ghostery ou uBlock Origin. C'est d'ailleurs ce qu'ils ont expliqué au New Scientist:

«Une grande partie de nos recherches est d'aider des programmes comme Ghostery [à identifier le plus de traqueurs possibles, ndlr]. Des outils comme ceux-là ne bloquent que ce que l'on connaît, pas ce qu'on ne connaît pas.»

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