Allemagne / Monde

Pour le Dalaï Lama, il y a trop de réfugiés en Allemagne

Temps de lecture : 2 min

Le chef spirituel tibétain, qui vit en exil, juge que les réfugiés devraient à terme retourner dans leur pays.

Le Dalaï Lama le 27 mai 2016 lors de la réélection du Premier ministre tibétain Lobsang Sangayau temple de Tsuglakhang, à McLeod Ganj, en Inde | Lobsang Wangyal/AFP
Le Dalaï Lama le 27 mai 2016 lors de la réélection du Premier ministre tibétain Lobsang Sangayau temple de Tsuglakhang, à McLeod Ganj, en Inde | Lobsang Wangyal/AFP

Dans un grand entretien accordé au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Dalaï Lama a eu des mots plutôt surprenants au sujet de la crise des migrants. Alors que le chef spirituel tibétain incarne à travers le monde les valeurs de la sagesse et de la tolérance et vit lui-même en exil depuis plus d’un demi-siècle à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, il estime qu’il y a «trop» de réfugiés en Allemagne.

Il exprime d’abord son empathie: «Si nous observons le visage de chaque réfugié, en particulier ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance. Un être humain qui est mieux loti a la responsabilité de leur venir en aide.» Avant d’ajouter:

«D’un autre côté, ils sont désormais trop nombreux. L’Europe, par exemple l’Allemagne, ne peut pas devenir un pays musulman. L’Allemagne est l’Allemagne. (rires) Ils sont si nombreux que, dans la pratique, cela devient difficile.

Et, d’un point de vue moral, je trouve que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. Le but devrait être qu’ils retournent dans leur pays et aident à le reconstruire.»

L’info a été reprise en boucle dans la presse allemande, sans pour autant susciter de commentaires.

«Mon ami George W. Bush»

Plus loin, le Dalaï Lama évoque de manière également assez surprenante l’ancien président américain George W. Bush, associé à jamais dans la mémoire collective à la guerre en Irak, qu’il appelle «[s]on ami George W. Bush»:

«Sa motivation était très sincère. Il voulait apporter la démocratie en Irak. Éliminer une personne. Il a eu recours à la violence. Les conséquences ont été négatives. La violence est imprévisible. C’est pourquoi il vaut mieux ne pas avoir recours à la violence.»

En 2015, à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, l’ancien président, qui passe désormais le plus clair de son temps à peindre plutôt que de mener des «frappes chirurgicales» en territoire ennemi, avait offert son portrait au chef religieux tibétain. D’après le quotidien Süddeutsche Zeitung, le Dalaï Lama lui aurait lancé: «On pourrait retravailler les yeux.»

Slate.fr

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