France

Encore un baromètre qui mesure le mal-être des Français au travail

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 01.06.2016 à 14 h 55

Repéré sur Ipsos

Et les résultats ne sont pas forcément décourageants.

Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, à Bobigny, le 27 mai 2016 | BERTRAND GUAY/AFP

Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, à Bobigny, le 27 mai 2016 | BERTRAND GUAY/AFP

Les enquêtes et baromètres sur le bien-être au travail se suivent et se ressemblent. Le dernier en date, le baromètre Edenred-Ipsos, portant sur plus de 14.400 salariés de quinze pays interrogés en janvier 2016, place la France en bas de tableau, douzième sur quinze –avec comme camarades de pessimisme l’Italie, la Turquie et le Japon, qui ferme la marche.

Si la question du «bien-être» des salariés est récurrente, c’est parce que les organisations ont de plus en plus conscience que celui-ci est un facteur de productivité dans une économie de service qui valorise l’innovation, la créativité et (se) repose sur l’implication personnelle et émotionnelle des travailleurs. Or, cette implication est défaillante en France, selon les résultats du baromètre.

Classement du pourcentage de salariés qui ont répondu positivement aux questions. Baromètre 2016 Edenred-Ipsos

Un précédent baromètre pour Steelcase qui mettait l’accent sur l’environnement au travail de manière générale (les équipements, l’aménagement des espaces mais aussi le degré d’autonomie dans le choix des lieux et des horaires de travail) a placé la France en dernière position. Les Français s’y plaignaient d’une rigidité organisationnelle, d’un manque d’autonomie au travail et, en bout de chaîne, d’un désengagement dans l’entreprise.

Mécanique dépassionnée

Cette fois, c’est la composante relationnelle du travail qui distingue les réponses des Français de celles des salariés d’autres pays. Les aspects jugés les plus négativement par les Français interrogés concernent l’attention portée par le management à la gestion des compétences et de la formation. Cette attente forte des salariés français est cohérente avec ce qu’en disent les sociologues du travail sur l’importance de la reconnaissance dans le cadre professionnel (être reconnu pour ses compétences, mais aussi comme individu).

Tout n’est pas négatif dans ce résultat: les auteurs de l’étude ont classé les pays répondant en quatre familles d’attentes par rapport au travail. Il apparaît que, si les salariés français souffrent d’un manque d’attention, ils ne sont en revanche pas désengagés émotionnellement au travail, à l’inverse de leurs homologues américains, espagnols ou britanniques, qui ont des scores de satisfaction globale plus élevés mais n’éprouvent pas de plaisir à aller au travail et adoptent une attitude plus mécanique et dépassionnée de leur vie professionnelle.

Enfin, si les salariés de pays d’économies émergentes en rattrapage (Inde, Chili, Mexique) sont en premières positions de ce classement, et les pays européens dans la moyenne ou en dessous, c’est donc peut-être aussi en raison d’attentes plus poussées des salariés de ces derniers.

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