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Cette sociologue sait pourquoi vous swipez à droite ou à gauche sur Tinder

Temps de lecture : 2 min

Jessica Carbino travaille chez Tinder et doit comprendre pourquoi telle ou telle personne vous plaît ou non.

Via Wizard Skull

Sur Tinder, tout se joue en quelques secondes. Le profil d’un autre membre apparaît sur votre écran et vous devez décider si cette personne vous plaît ou non. Pourquoi le profil de cette jeune femme ou de ce jeune homme a-t-il le droit à l’un de vos précieux «swipe right» pendant qu’un autre sera vite balayé vers la gauche? Est-ce une question de physique? D’âge? Sa courte description a-t-elle été déterminante? Après tout, les utilisateurs de Tinder prennent leur décision à partir d’un minimum d’informations.

Intriguée, Jessica Carbino, sociologue diplômée de UCLA en Californie, a décidé de tester l’application en octobre 2013, soit un an après son lancement. Ce choix se révélera déterminant pour sa carrière, comme le raconte aujourd’hui le LA Mag. Au bout de quelques profils, elle tombe sur un homme aux cheveux sombres et au regard «assez intense pour faire tomber des murs». «Il a swipé à droite aussi, écrit le magazine. Il s’est avéré ensuite que l’homme en question était le PDG de Tinder, Sean Rad. Et au lieu d’un rencard, Carbino a fini par obtenir un travail à la compagnie en tant que sociologue.»

En quatre ans, l’application a compté plus de 10 milliards de swipes et 50 millions d’utilisateurs actifs, dont les trois-quarts ont entre 18 et 34 ans, public cible de l’industrie des sites de rencontre. Il s’agit-là de données statistiques idéales pour Jessica Carbino pour mieux comprendre ce que les gens recherchent comme type de personne, parfois sans le savoir.

«Je pense que Tinder est plus complexe que la simple attraction, explique-t-elle à LA Mag. Avec les photos, les gens ne cherchent pas seulement à savoir si la personne a un joli sourire un joli visage. Ils cherchent d’autres facteurs liés aux attributs de la personne, comme le statut socio-économique, qu’ils trouvent la personne gentille ou non.»

Elle a ainsi passé plus de sept mois à chercher sur plus de 12.000 photos ce qui définit l’attirance au-delà du physique. On apprend grâce à elle que les hommes avec une mâchoire moins prononcée semblent plus gentils, que les femmes portant du maquillage sont plus souvent swipées vers la droite, ou encore que 80% des utilisateurs cherchent des relations de long terme.

Ses recherches permettent de donner des conseils aux utilisateurs pour perfectionner leur profil mais aussi à l’entreprise d’améliorer son algorithme. «Appelé “Elo”, une référence aux échecs, la formule assigne une évaluation secrète à chaque profil en fonction du nombre de swipe right qu’il reçoit, écrit LA Mag. C’est une des variables que l’application utilise pour déterminer quel profil l’on voit apparaître ou non.» Ces données vont aussi se révéler déterminantes dans le sens où les photos se ressemblent de plus en plus. Il y a quelques mois, nous vous parlions ainsi de ce montage vidéo qui montrait à quel point nous prenons et montrons le même genre de photos sur Tinder.


«Tout le monde se ressemble plus ou moins, surtout dans la zone du métro à L.A., explique Katie Chen, qui travaille pour Catch Matchmaking, un service de rencontre. Tout le monde s’habille bien, fait de l’exercice, de la randonnée, adorent dîner et aiment avoir des amis et voyager.»

Le travail de sociologue de Jessica Carbino consistera donc à donner à Tinder ce petit plus pour éviter de devenir une application avec qui notre relation se révèle sans lendemain.

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