Monde

Ce gif est la meilleure visualisation du réchauffement climatique

Jessie Guy-Ryan, traduit par Peggy Sastre, mis à jour le 31.05.2016 à 16 h 23

Si vous pensez avoir chaud aujourd’hui, l’avenir est encore pire.

Simulation du réchauffement climatique en 2100 réalisée par Jay Alder / U.S. Geological Survey (domaine public)

Simulation du réchauffement climatique en 2100 réalisée par Jay Alder / U.S. Geological Survey (domaine public)

Pendant la dernière semaine de mai, le climat de New York a été très doux pour la saison, avec des températures supérieures de 5°C à la moyenne. Mais cela n’a rien de phénoménal comparé, par exemple, à l’Inde, qui a connu le 20 mai son jour le plus chaud jamais enregistré –avec 51°C. Sur un plan mondial, 2016 est en passe de devenir l’année la plus chaude depuis que les relevés de température existent, dépassant les records de 2015. En réalité, depuis 2014, chaque année aura été «la plus chaude jamais enregistrée».

Vous voyez la tendance?

Jay Alder / U.S. Geological Survey (domaine public)

Et maintenant?

Cette spirale animée, conçue par Jay Alder, de l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), est l’extension de celle créée au début du mois de mai par le climatologue Ed Hawkins. Cette première spirale représentait la moyenne mensuelle  des températures observées dans le monde (issues de la base de données HadCrut 4) en référence à la moyenne des années 1850-1900. Avec cette spirale, la tendance générale du réchauffement climatique –et notamment son accélération depuis 1980– saute immédiatement aux yeux.

Comprendre le réchauffement

Inspiré par Hawkins et son approche innovante, Alder a développé la spirale afin d’y inclure des prédictions de température courant jusqu’en 2100. Le résultat est glaçant, sauf qu’il faudrait trouver une analogie thermique parfaitement inversée.

Le résultat est glaçant, sauf qu’il faudrait trouver une analogie thermique parfaitement inversée

Pour modéliser les températures futures, Alder s’est servi du Community Climate System Model (CCSM4), un modèle de circulation générale produit par le National Center for Atmospheric Research et cofinancé par la National Science Foundation et le département américain de l’Énergie. Grâce au CCSM, des chercheurs peuvent concevoir des simulations informatiques du climat mondial –passé, présent et futur– tout en prenant simultanément en compte l’atmosphère, la banquise et les surfaces océaniques et terrestres de la planète. 

En plus du CCSM, Alder s’est servi du scénario RCP8.5 établi par le Giec, selon lequel les émissions de gaz à effet de serre continueront à suivre leur bonhomme de chemin et atteindront en 2100 une concentration atmosphérique quatre fois supérieure à celle que nous observons actuellement. Globalement, le RCP8.5 est le scénario du pire –d’autres scénarios RCP estiment que les émissions diminueront de manière significative au cours du siècle prochain– mais la question n’est pas de savoir si les températures (et le niveau de la mer) continueront à grimper d’ici la fin du siècle, mais jusqu’où.       

En bref, grâce à Hawkins et l’USGS, nous pouvons visualiser d’une manière claire, ostensible et facile à comprendre le réchauffement climatique. Une spirale de la mort que vous pouvez même coupler à son homologue concernant la banquise!

Si les implications de la spirale sont alarmantes, les températures prévues ne sont pas encore garanties. La première spirale de Hawkins prend en compte le seuil des 1,5 et 2°C d’augmentation de la température ratifié lors de la COP21. Reste que consigner le réchauffement climatique en-deçà des 1,5°C est sans doute d’ores et déjà impossible; selon un rapport de Climate Central, qui se fonde sur les données de la Nasa et de la NOAA, nous avons dépassé la limite en février. Et, comme le résume Climate Central «trois mois ne font pas une année».

Mais s’il nous est possible de réduire nos émissions pour nous placer dans l’un des scénarios RCP «optimistes», comme le RCP2.6, nous avons toutes les chances de limiter la hausse des températures sous le seuil des 1,5°C. «Les humains sont largement responsables du réchauffement passé», souligne Hawkins dans le post de blog qui accompagne sa spirale originale (et sur Twitter), «le futur repose donc sur nos épaules».

Jessie Guy-Ryan
Jessie Guy-Ryan (2 articles)
Journaliste
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